Martin Léon
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Critique | Martin Léon au Théâtre de Quat’Sous de Montréal

Martin Léon présentait jeudi soir la première de nombreuses représentations de son intrigant spectacle/laboratoire en résidence au Théâtre de Quat’Sous. On nous annonçait un mélange de chansons, de contes et de récits d’un voyage asiatique. C’était effectivement tout ça, savoureusement pêle-mêle, au gré de l’imaginaire touffu de l’artiste qui nous faisait entrer dans l’intimité de sa créativité. 

Le point de départ, ce n’est pas vraiment l’album Les Atomes. Enfin, si. Mais le point de départ des Atomes, c’est un voyage en Asie. Alors le vrai point de départ du spectacle, c’est ce périple en Orient.

Quand on pense à un récit de voyage, on s’imagine souvent quelque chose du genre « Les Grands Explorateurs ». Ou pire encore : les damnées diapositives du détour à Cancun de Matante Germaine.

Évidemment, Martin Léon n’allait pas prendre cette approche.

Il nous relate, tôt dans le spectacle, une rencontre de passage avec un scientifique viet dont le nom s’apparente à « Funkytown ». Les deux hommes – qu’un tour du monde sépare, culturellement parlant – ont longtemps philosophé au sujet des atomes, particules invisibles qui justifient scientifiquement ce qui nous unit tous.

D’où Les Atomes, album presque concept, enfin expliqué et rendu sur scène trois ans plus tard. Le disque en soi figurait parmi les meilleures parutions, cette année-là. Mais lorsque Martin Léon nous le documente de la sorte, nous en dévoile les entrailles, on constate davantage sa profondeur.

Seul sur scène avec son compère percussionniste-pieuvre Pascal Racine-Venne, Martin Léon alterne ainsi de poèmes en exposés pseudo-scientifiques fort comiques, sans oublier d’interpréter des pièces de son plus récent album ou de parutions antérieures, versions déconstruites.

Plusieurs flashs font mouche : un karaoké asiatique tordant sur C’est ça qui est çaGrand Bill en spoken word ou une ingénieuse démonstration de la construction de L’Invisible sur le logiciel Pro-Tool.

Au balcon, Joel Beaupré est en charge du visuel, essentiel à la mise en scène de cette théâtralisation de l’oeuvre musicale. Les anecdotes se greffent aux chansons et on voyage avec lui, en Asie et dans son esprit.

 

Work-in-progress

« J’ai toujours voulu faire un show en résidence, qui pourrait évoluer d’une représentation à l’autre », disait-il en début de spectacle.

C’est bien la seule chose qui est dommage d’avoir assisté à la première représentation.

Tous les éléments réunis dans cette expérience en font une recette rafraîchissante, une approche audacieuse qui fonctionne très bien, dans l’esprit comme dans l’exécution.

Mais avec tous ces petits éclairs de folie, tout cet humour et le charisme que l’on connaît à l’artiste, on ne peut s’empêcher de s’imaginer ce que sera la 6e ou 8e représentation.

Les détails techniques étant nombreux, l’artiste paraissait soucieux du bon déroulement de la soirée, si bien que par moments, on aurait souhaité qu’il lâche son fou un peu plus. Le contraste paraissait particulièrement lors de l’interprétation, seul à la guitare, de J’aime pas ça quand tu pleures, au rappel.  La soirée tirant à sa fin, on ressentait un certain relâchement qui donnait du tonus à l’interprétation de cette jolie chanson, dernière du lot. Cette magie manquait à Prends-moi tel quel ou Un Lac plus tôt.

Lorsque l’expérience aura été répétée plusieurs fois, les représentations subséquentes seront géniales, aucun doute.  Et ça adonne bien, puisque Martin Léon ajoute des supplémentaires. En date du 12 janvier, des shows sont prévus jusqu’au 6 février 2013. Plusieurs dates affichent complètes, par contre. Faites vite.

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