Jean-François Mercier
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Critique |Première de Jean-François Mercier au Théâtre St-Denis

Subtil, sensible et touchant, que voilà trois adjectifs qui ne décrivent absolument pas le personnage habituellement interprété par Jean-François Mercier sur scène. Et pourtant, c’est le titre de son nouveau one man show, dont la première se tenait hier soir au St-Denis. Alors, est-ce subtil, sensible et/ou touchant ? D’après toi.

En fait, subtil, ce l’est, dans la mesure où Mercier flotte constamment dans le deuxième degré et que donc ceux qui ne retiendront du spectacle que les jokes de sodomie en ressortiront grands perdants.

Comme dans tout ce que l’humoriste a fait à date, faut savoir lire entre les lignes et entre les personnages. Il y a Jean-François Mercier l’auteur réfléchi et Jean-François le gars qui hurle.

La prestation est d’ailleurs beaucoup basée sur ce thème de l’antithèse. Comme l’indiquent les premières minutes du show, où Mercier, tout de beige vêtu dans un décor de tripeux de nouvel-âge, explique qu’il restera zen cette fois-ci et qu’il a changé. Avant de péter un monumental plomb qui finit par « ANYWAY J’FAIS JUSTE ÇA POUR FOURRER VOS FEMMES ».

La farce du gars calme qui finit par exploser est malheureusement prévisible pas mal, surtout que c’est une formule qui a été utilisée et surutilisée dans plusieurs numéros de l’humoriste au cours de sa carrière.

Le vrai pouvoir de l’antithèse ne vient donc pas de l’utilisation sporadique de son personnage de gros cave qui vient casser un ton plus posé. Parce que ça, on commence à avoir fait un peu le tour.

En fait, la vraie force de ce spectacle est que Mercier réussit à y passer des messages intelligents et importants sans qu’on s’en rende compte. Il apporte une opinion éclairée sur un paquet de sujets sans jamais qu’on n’ait l’impression de se faire donner la leçon.

Genre il parle tantôt de la surpopulation, tantôt de la démocratie, mais toujours en exagérant tellement, en disant des énormités de façon à ce que ceux  qui sont là pour les sacres et les farces de graine soient quand même inconsciemment exposés à un discours qui ne les atteindrait peut-être pas d’ordinaire.

Et c’est l’esprit auquel la collaboration Mercier-Avard (Francçois Avard cosignant plusieurs des numéros) nous a désormais habitués.

 

Kate Levac

Une brève mais très efficace première partie que présente la jeune vedette de SNL Québec. Hilarante, pince sans rire, à l’aise avec le public, jonglant entre des gags de situations quotidiennes et d’autres plus grinçants, elle a tout ce que ça prend pour se tailler une solide place dans le décor québécois.

 

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