Skinny Puppy

Critique | Skinny Puppy au Club Soda (avec photos)

La formation industrielle canadienne Skinny Puppy était de retour à Montréal dimanche soir pour un concert au Club Soda.

Crêtes, piercings, cuirs, les fans étaient nombreux au rendez-vous ce dimanche sur le boulevard Saint-Laurent. Le groupe Army Of The Universe ouvre la soirée avec son electro-rock industriel tout droit sorti de l’univers musical de Nine Inch Nails ou Ministry. Des effets lumineux, de l’énergie, un jeu de scène impeccable, la formation italienne a parfaitement introduit la soirée.

L’expression « spectacle musical » n’a jamais pris autant son sens qu’en face d’un groupe comme Skinny Puppy. Prestation scénique, décors, visuels, rien n’est laissé au hasard.

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Les lumières s’éteignent, un homme vêtu d’une combinaison chimique et d’un masque a gaz monte sur scène au milieu d’un halo de fumée. Un compteur geiger à la main, il tourne en rond, « sonde » le public. cEvin Key s’installe derrière ses synthétiseurs en compagnie de Justin Benett, qui accompagne le groupe à la batterie sur la tournée. Des sonorités caverneuses se font entendre, et Nivek Ogre arrive finalement sur scène, caché derrière un parapluie. Il est encapuchonné et orne un masque : c’est une véritable exhibition ! Une boîte se tenait au milieu de la scène, et dévoilait cinq panneaux de tissus en s’ouvrant, sur lesquels étaient projetés des visuels. Ils complétaient l’énorme écran qui ornait l’arrière du plateau. Des caméras étaient également disposées un peu partout à coté musiciens et retransmettaient en direct au public présent des vues assez improbables la scène.

La musique de Skinny Puppy est quelque peu linéaire, mais n’en est pas moins efficiente. La rythmique est puissante, fractionnée entre un beat électronique et le jeu pêchu de Benett. Des sonorités techno, parfois dub, ambiant, le co-fondateur du groupe cEvin Key illustre son savoir-faire sur les samples et les effets utilisés, qui mettent en avant cette atmosphère sombre et vient soutenir la voix de Nivek Ogre. Ce dernier livre un véritable récital, sur un phrasé monocorde, rauque, creux, qui peut parfois rappeler un Trent Reznor ou un Alice Cooper.

Ogre s’entaille le bras avec un couteau, bois un liquide fumeux et fluorescent, il exhibe un univers macabre et très théâtral, pour le plus grand plaisir des fans présents. Toute une équipe d’adjuvants techniques vêtus de combinaisons de chantiers et de masques à gaz vient également participer au jeu de scène sur certains passages. Le spectacle est écrit et travaillé méticuleusement du début jusqu’à la fin du show, et l’on est ainsi rapidement captivé par la performance scénique de Skinny Puppy.

Tantôt sorcier, tantôt vêtu d’une peau de loup, Nivek Ogre aura en tout et pour tout changé quatre fois son attirail vestimentaire. Après une heure de concert, la boite est venue se refermer sur lui, en guise de lever de rideau, pour ainsi introduire la deuxième partie du concert. Il revient dévoiler sa véritable identité pour l’acte final, et interprète tête nue les derniers morceaux du concert, dont le célèbre Assimilate qui a déchainé la foule sur les ultimes minutes du show.

Une fantaisie morbide interprétée à la manière d’une pièce de théâtre, Skinny Puppy ajoute ainsi une dimension supplémentaire à son electro-industriel et ses textes polémiques.

Photos en vrac
par Renaud Sakelaris

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