2018 Revue et corrigée
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Critique spectacle: 2011 Revue et corrigée au Théâtre du Rideau Vert

Jeudi 1er décembre 2011 – Théâtre du Rideau Vert (Montréal)

De retour pour une sixième année dans l’enceinte du Théâtre du Rideau Vert, le spectacle 2011 Revue et Corrigée sera à l’affiche tout le mois de décembre ainsi que quelques dates en janvier. Les interprètes Suzanne Champagne, Véronique Claveau, Martin Héroux, Benoît Paquette, France Parent et Marc St-Martin y incarnent des dizaines de personnalités publiques qui ont alimenté l’actualité du Québec cette année. Survol d’une année littéralement inondée de décisions risibles et d’évènements qui ont fait beaucoup de… vagues!

À l’ouverture du rideau, les six comédiens s’avancent vers nous, souriants et dansants, et on se demandent si l’énergie sera suffisante pour les trainer à travers les deux heures de spectacle qui les attend. Après quelques sketches qui lèvent plus ou moins à propos de Chantal Lacroix et Réjean Tremblay, Benoît Paquette sauve la mise avec son Gala des sinistrés. Seul, dans son t-shirt, sans accessoires, on voit alterner devant nos yeux ébahis un humoriste à la minute, punchant chacun à leur façon sur les inondations en Montérégie.

Dès ce moment très fort, le spectacle reprend du poil de la bête, notamment grâce à une reprise politisée de la comédie musicale The Lion King, où Jean Charest arbore fièrement la crinière du roi de la jungle, et où Pauline Marois perd ses plumes en Zazou, fier bras droit du roi.

C’est au retour de l’entracte qu’on eut lieu les moments les plus croustillants. Véronique Claveau, dont le jeu n’impressionnait guère jusque là, s’est métamorphosée en une Sonia Benezra plus vrai que nature, le temps d’une entrevue accordée par l’incomparable Normand L’amour ( Marc St-Martin).

Et que dire de Suzanne Champagne, dont le sens du comique relevait même les numéros moins bien écrits. Sa version de Sophie Faucher à l’émission Les Lionnes est mémorable, pour ne nommer que celle-là.

Le coup de coeur du spectateur revient à Ruth Ellen Brosseau (France Parent) dans un numéro tiré du musical Chicago, où elle se fait manipuler par Thomas Mulcair (Martin Héroux) dans une adaptation de We Both Reached For the Gun intitulée J’suis pas si conne… tout simplement divin !

De cette soirée en dents de scie, on retient que certains sujets furent trop souvent abordés, au détriment d’autres qu’on aurait voulu plus développés. Aussi, la fin nous a laissé sur notre faim, disons-le, avec un numéro musical divertissant mais pas éclatant, mettant en vedette les indignés de ce monde dans un « shuffling » enflammé. Comme quoi les incontournables ne sont pas toujours les plus malléables.

On s’est souvenu, on a vu, et on s’en retourne repus… au moins jusqu’à l’année prochaine.

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