La fin de la sexualité
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Critique théâtre: La fin de la sexualité à la Petite Licorne

Pour la rentrée, le Théâtre ni plus ni moins inaugure la nouvelle Petite Licorne avec la pièce de François Létourneau, La Fin de la sexualité. Présentée du 3 octobre au 4 novembre 2011, ce « docu-théâtre politico-sexuel » nous est livré par une brochette d’acteurs dont la réputation n’est plus à faire ; Patrice Robitaille, Catherine-Anne Toupin, Patrick Drolet, Émilie Bibeau, Frédéric Blanchette (aussi à la mise en scène) et Létourneau lui-même. Un théâtre où réalité et fiction s’embrouillent dans notre regard cobaye…

Photo par Marc-André Roy

Réalité ? La tenue d’un projet nommé The End of sexuality, conçu et mené durant plus vingt ans à la Maison Blanche de façon clandestine. Son but ? Éviter la fin de la procréation et redonner à la population l’envie… de s’y mettre. De façon chronologique, sous le règne de Reagan, Bush (père) et Clinton, on participe, un peu malgré nous, à cette étude plutôt farfelue qui questionne les habitudes sexuelles du peuple américain. Il est vrai que les statistiques alarmantes voulant que la qualité du sperme de l’américain moyen soit en chute de 50% en quarante ans ont raison d’inquiéter les hauts dirigeants de ce monde… et ont eu raison d’intéresser François Létourneau, qui a entre les mains un thème délectable et sujet à la parodie.

En effet, pour ajouter au caractère réaliste de la chose, la mise en scène utilise allègrement archives-photos et postiches, tous deux s’accordant à merveille pour recréer les Sigourney Weaver, Georges W. Bush et Janet Reno de ce monde. Ainsi, on découvre un Patrice Robitaille recoiffer et délicieux en Ronald Reagan, une Émilie Bibeau alléchante en Monica Lewinski et Catherine-Anne Toupin méconnaissable en Janet Reno. Rassurez-vous cependant, aucun besoin d’être ferré en politique américaine pour apprécier amplement cette pièce. Car tout bon Mini-Wheat présente deux facettes de sa personnalité.

Photo par Marc-André Roy

C’est à l’intérieur des scènes elles-mêmes que la fiction nous prend d’assaut. Ces personnages d’intérêt public s’intimisent soudain et nous dévoilent leurs fantasmes inassouvis. À l’instar des magnifiques malaises de Cheech, on rit jaune pour ne pas pleurer devant le désespoir de la solitude. Solitude engendrée par cette fameuse fin de la sexualité, ou plutôt simple absence qui crée des dommages irréversibles, dans certains cas. Le génie de Létourneau nous permet d’en rire, et même très fort, en nous rappelant que la fin n’est bien souvent que le début.

Et pour savoir ce qu’il y a dans le pot maçon sur l’affiche, il faudra vous déplacer, car on ne vous dit qu’une chose ; ce n’est pas de la sauce à spaghetti !

 

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