Sunderland
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Critique théâtre | Sunderland chez Duceppe

Avec Sunderland, Serge Postigo signe sa première mise en scène chez Duceppe. D’entrée de jeu, la pièce à la sauce Full Monty nous fait vivre tout un éventail d’émotions. Présentée jusqu’au 29 mars, l’histoire de Clément Koch brille par son authenticité. Sunderland, une histoire vraie et touchante. Une pièce à voir et qui fait du bien.

La pièce se déroule à Sunderland, une petite ville du nord de l’Angleterre, marquée par le temps gris et le chômage. Une ville où bière et football sont les meilleures antidotes à la grisaille du quotidien.

Sunderland_DUCEPPE-4Sally (Catherine-Anne Toupin), ancienne reine de beauté, n’y échappe pas. Grippe aviaire oblige, l’usine d’abattage de poulet où elle travaille doit fermer ses portes. Elle cherche désespérément un autre moyen de gagner sa vie, sans quoi elle perdra la garde de Jill, sa petite sœur autiste, les autorités jugeant que l’adolescente serait mieux à l’hôpital.

Pour échapper à ses difficultés, l’ex-miss Sunderland emprunte une démarche assez inusitée, celle de louer son ventre. Seulement, cette démarche apportera plus que son lot de conséquences physiques et confrontera Sally à ses propres principes. La moralité, ne serait-elle pas aussi le don de s’adapter pour le bien-être des nôtres?

Malgré un départ incertain, le sujet, plutôt lourd, est abordé avec adresse et intelligence. À mi-chemin entre le drame et la comédie, l’équilibre des deux genres s’intègre graduellement, laissant place à une légèreté déconcertante.

C’est d’ailleurs cette aisance du dramaturge qui fait la couleur de la pièce, cette façon d’éviter le drame humain par l’humour et la simplicité. Tant de situations tragiques auraient pu alourdir le ton du récit qui quant à lui, aurait pu être légèrement resserré.

Entre rires et larmes, Clément Koch nous fait passer par toute une gamme d’émotions. L’énergie du désespoir s’inscrit en trame de fond sans pour autant prendre toute la place dans l’histoire et évitant du coup de tomber dans la caricature.

Ce sont plutôt les relations entre les personnages qui volent la vedette au drame. Le naturel des comédiens inscrit un certain déséquilibre en toute simplicité. Leur esprit de solidarité s’illustre dans un courage et un amour inconditionnel, l’amour avant tout. C’est le seul moyen de trouver l’audace de surmonter les épreuves que la vie met sur leur chemin.

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