Between the Buried and Me
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Between the Buried and Me et compagnie au Club Soda : Le Cirque du Soleil des guitaristes

À quelques jours du Heavy Montréal, les organisateurs du festival offraient, en guise de canapés, trois groupes phares de la scène prog-métal et djent : Between the Buried and Me, Animals As Leaders et The Contortionist. En gros, le Cirque du Soleil des guitaristes.


Clairement, cette soirée de virtuosité est présentée par et pour les musiciens. Ou du moins, pour les amateurs de haute voltige technique.

Parce qu’alors que la foule moyenne peine à taper des mains de manière synchronisée sur Agadou, hier tout le monde tapait des mains en parfaite harmonie sur du 6/4 et autres tempos qui n’ont aucun sens.

Et tout le monde se fait aller les doigts pendant les solos, ou encore marmonne les notes.

Ce qui était particulièrement vrai pendant Selkies : The Endless Obsession, classique du groupe nord-carolinien Between the Buried and Me (et petit chef-d’œuvre métal).

La chanson fut d’ailleurs la première jouée par la formation, ce qui annonçait d’entrée de jeu que, bien que les jeunes hommes viennent tout juste de lancer un nouvel album, ils avaient aussi l’intention de piger allègrement dans l’entièreté de leur discographie.

Ce qui donne un spectacle intéressant, parce que ça permet de voir à quel point le jeu des musiciens a grandi à travers les albums. On remarque que si au départ, tout était en agression et complexité, les pièces plus récentes s’axent davantage sur le songwriting que la virtuosité pure.

Mais ça n’enlève rien à ladite virtuosité. Paul Waggoner joue comme s’il avait 30 doigts, Dan Briggs est flamboyant. Mais le plus impressionnant est de voir Tommy Rogers, chanteur de la formation, faire l’aller-retour entre cris gutturaux, voix angélique et une genre de voix de crapaud robotique qu’il a souvent utilisée dans certains passages des derniers albums.

Ceci étant dit, il y a lacune chez BTBAM en prestation.

On ne les voit jamais jammer. Ils suivent à la perfection leurs compositions, sans jamais faire fausse note, mais on n’assiste jamais à la complicité d’un groupe qui s’amuse et improvise par bouts.

Alors que clairement, les gars seraient assez en possession de leurs moyens pour se permettre un peu de spontanéité ici et là.

La même chose peut être reprochée à Animals As Leaders.

Mais d’un autre côté, AAL offrent :

– Une basse et une guitare qui ont toutes deux tellement de cordes qu’ils s’échangent parfois les rôles.
– Tosin Asabi, l’homme le plus stylé du métal.
– Du prog-flamenco.

Ce qui rajoute un peu au divertissement.

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