Cirque du Soleil - Crystal
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Crystal du Cirque du Soleil | Une histoire hivernale mémorable sur patins !

Mariant le patinage artistique et le cirque, Crystal transforme la patinoire et pousse l’audace plus loin des habituelles pirouettes et costumes à paillettes des traditionnels spectacles sur glace. La 42e production du Cirque du Soleil s’installait cette semaine pour une dizaine de jours de représentations au Centre Bell de Montréal avec ses 40 artistes pour nous raconter une histoire hivernale mémorable.


Dans la foulée des Reine des neiges et Narnia des dernières années, où l’hiver inspire la création d’univers fantastiques et de personnages féériques, Crystal propose un conte poétique dans la même veine : une jeune fille marginale et créative, nommée Crystal, peine à trouver sa place parmi sa famille convenue et rangée. Le prétexte fonctionne, même si les quelques narrations n’aiguillent pas tant le spectateur sur la trame dramatique que sur la poésie des tableaux proposés. Elle se retrouve alors de l’autre côté de la glace, intriguée par sa « réflexion », alter ego déterminée à lui ouvrir les yeux sur son imagination et le pouvoir de ses mots. Elle lui offre une plume pour que Crystal explore son potentiel artistique à travers l’écriture. Très romancée, cette trame n’est bien sûr que prétexte à déployer les incroyables moyens techniques de la production et prouesses des acrobates.

La scénographie époustouflante, où la projection vidéo domine, suggère plusieurs univers, et recrée même le trait du crayon sur la page blanche, en suivant les patineurs sous leur lame. L’effet fonctionne parfaitement, et la glace blanche devient le terrain de jeu idéal pour les effets de glace qui craque, d’eau qui éclabousse ou même de vidéoclip plus réaliste mettant en vedette la protagoniste.

Évidemment, les acrobates et patineurs rivalisent de performances plus saisissantes les unes que les autres : des joueurs de hockey qui s’élancent sur des rampes à la manière de skateboarder, osant même les backflips sur lames. Un numéro d’équilibre sur chaise a tenu le public en haleine, ainsi que les voltigeurs sans filet qui se sont élancés sur des mâts pendulaires au-dessus de la patinoire. Le point culminant est ce numéro de courroies aériennes, mêlant figures en suspension et sur patins, représentant la belle Crystal et son prétendant imaginaire.

Le seul bémol, s’il en est un, c’est le choix des chansons. Une grande portion de la musique, jouée en partie live par une violoniste, un guitariste et un accordéoniste, est de composition originale, mais quelques numéros sont tirés de chanson populaires. Ainsi, Chandelier de Sia, interprétée par Ariane Moffatt, du Nina Simone remixé, et une finale sur un Beautiful Day de U2 très cheezy, se retrouvent sur la trame sonore déjà éclectique de Crystal. Peut-être est-ce la nostalgie qui parle, mais le Cirque du Soleil doit certainement avoir encore le potentiel de créer des hits comme au temps d’Alegria ?

Les éléments clés d’un succès sont réunis dans ce spectacle unique ; des numéros d’acrobaties exigeants et jamais vu sur patins, une dramaturgie romantique habillée d’effets et costumes grandioses à n’en plus savoir où regarder, un clin d’oeil aux Canadiens de Montréal pour plaire aux locataires de loges du Centre Bell, et même, le classique, un merveilleux clown qui fait des apartés et déclenche des batailles de boules de neige.

À voir en famille pour s’évader du froid !

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