Def Leppard
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Def Leppard au Centre Bell | Vouloir du rock’n’roll (et l’attendre)

Def Leppard, ce groupe qui a gagné une bonne cinquantaine de semaines de suite le Combat des clips de Musique Plus – ce n’est pas rien! – était au Centre Bell mercredi. Vers la fin du spectacle, ils nous ont demandé ce qu’on voulait : «What do you want?». «I want rock’n roll» qu’on a répondu. Ben c’est un peu ça le problème justement : toute la soirée, on en voulait du rock n’roll, mais on en aura jamais vraiment eu finalement.


Deux années sur 42…

Def Leppard a connu son heure de gloire avec son cortège de ballades sirupeuses et le parterre était couvert de chaises, comme pour empêcher la foule de rocker. On aurait donc dû s’y attendre… Servir la première recette bien froide et bien sucrée, pour les deux tiers du concert. Livrer la seconde – bien fromagée – pour l’autre tiers, en alternant plus ou moins bien entre l’une et l’autre:

  • Recette 1 (Chanson de rock d’aréna) : beat mid-tempo très aéré; accords plaqués de façon sporadique pour bien leur laisser le temps de résonner dans tout l’amphithéâtre; refrains rassembleurs que plusieurs ne réussissent plus à chanter (comme Joe Elliott, on a tous vieilli).
  • Recette 2 (Ballade). À la fin, la toune finit, les gens applaudissent. Puis, une coda de Joe Elliott, seul. T’sé, quand t’en mets ben épais sur ton bagel…

Du mastodonte de la pop-rock, Hysteria, 7 titres. C’est là qu’on peut tracer la ligne : 6 titres des albums venant ensuite et 4 des albums le précédant, dont deux au rappel. C’est donc dire qu’il a fallu attendre toute la soirée pour avoir droit à deux chansons de l’excellent Pyromania, paru en 1983. Le groupe formé il y a maintenant 42 ans mise sur la nostalgie, certes, mais très spécifiquement sur celle de 1988 et de 1989, alors qu’ils étaient au somment des palmarès. C’est pas si grave et ça a fait chanter le petit gars de douze ans.

Enfance amochée

Ce petit gars de douze ans qui, entré dans la parade deux ans trop tard pour les voir jouer au forum, sort un peu déçu de ne pas les avoir vu «dans le temps». Dans le temps où ils rockaient, les Def Leppard.

À vrai dire, on a un peu brisé une enfance mercredi soir. À force de nous rappeler que Steve Clark est décédé, de ne pas jouer certaines de leurs meilleurs tounes (Let It Go, Me and My Wine, Stagefright, Too Late For Love, You Got Me Runnin) au profit d’un répertoire quelconque. Après avoir entendu le dernier couplet de la perle Photograph se faire massacrer par un Joe Elliott plus très en voix. Après s’être fait garrocher Bringin’ On the Heartbreak de façon expédiée.

Les voix qui étaient chantées de la poitrine sont maintenant chantées de la tête, comme si le groupe avait rapetissé. On a beau chanter «Long Live Rock n’ Roll», on en sort donc un peu magané, à force de se rappeler que les gars de Def Leppard vont mourir un moment donné.

 

Citations diverses:

«Prends une bouteille, remue-là. Brise la bulle. Brise-la».
«Merci beaucoup Montréal» (prononcé exactement neuf fois sans aucune variation)

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