La LIMM (Ligue d'Improvisation Musicale de Montréal)
Entrevue Publié le

Demi-finales de la LIMM | Valéry St-Gelais nous explique pourquoi l’équipe de Sors-tu.ca va botter des culs

C’est une fois par mois, les mercredi soirs, que le Café Campus affiche complet pour la Ligue d’Improvisation Musicale de Montréal (LIMM) dans l’un des événements musicaux les plus déjantés en ville. Le 10 avril prochain, les Clébards de Sors-tu affronteront les Outardes de CIBL pour s’offrir peut-être une place en finale. L’occasion d’en jaser un peu avec Valéry St-Gelais, bassiste pour notre équipe!

Spectatrice devenue joueuse, la musicienne s’est passionnée pour la LIMM en assistant au printemps dernier à la grande finale au Café Campus. « C’était les deux meilleures équipes, avec les capitaines Jérôme Beaulieu des Outardes contre Alexis Dumais des Poneycornes. Je connaissais la Ligue, mais je n’étais jamais allée. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi grandiose », s’exclame celle qui officie en parallèle comme bassiste au sein de La Famille Day, Times New Woman et Tonnerre Chevreuil.

L’appel du capitaine Éric Desranleau

À l’aube de la saison 2018/2019, c’est avec surprise que la bassiste est approchée finalement par Éric Desranleau, avec qui elle partage la scène pour Tonnerre Chevreuil. Le capitaine des Clébards de Sors-tu recherche à ce moment-là une femme pour compléter son équipe puisque le règlement en impose désormais au moins deux dans chaque formation. (Et que franchement, on est en 2019, c’est pas le talent qui manque et c’est bien la moindre des choses!)

Elle intégrera alors un solide noyau de musiciens talentueux composé d’Éric Desranleau (guitare), Jean-Sébastien Nicol (batterie) et Benoît Rocheleau (claviers, trombone) qui improvisent tous trois mensuellement au Petit Campus sous l’étiquette de Wonder-Trois-Quatre. Enfin, Valéry St-Gelais apportera sa touche personnelle en invitant sa proche amie Blanche Moisan Méthé à rejoindre les Clébards aux cuivres.

Je pensais que c’était quelque chose de complètement inaccessible pour moi vu que suis un peu newby, mais finalement le capitaine m’a recrutée. Ça doit être la plus belle expérience en musique que je fais en ce moment.

À l’instar de la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI), homologue théâtral, la LIMM fait affronter sur scène deux équipes aux couleurs distinctives. Des thèmes, des genres musicaux et des contraintes sont ensuite imposés par l’arbitre, dans des improvisations mixte ou comparée qui durent généralement moins de trois minutes. « C’est assez humoristique comme événement, explique Valéry St-Gelais. D’abord, l’arbitre Patrick Guérard est vraiment drôle, et comment les équipes réussissent à rendre des thèmes super absurdes en musique, c’est vraiment hilarant aussi. »

Les Clébards en action, photo par la LIMM

Un match à enjeu en avril prochain

Depuis l’automne dernier, les Clébards ont ainsi affronté les Poneycornes d’ICI-Musique et les Rascasses de CISM,  pour une victoire à la clé face à ces derniers. C’est dire que le dernier match de la saison régulière du 10 avril prochain sera crucial puisqu’il déterminera si les Clébards atteindre ou non la finale le 29 mai.

Un match qui s’annonce par ailleurs difficile puisque les Clébards affonteront pour la première fois l’équipe des Outardes de Jérôme Beaulieu qui s’est rendue en finale l’an dernier. « Elle est vraiment forte, entre autre parce que Karine Pion chante vraiment bien en faisant des effets sur sa voix tout en improvisant des paroles », avoue Valery St-Gelais, qui comprend les clés de la réussite à mesure que la saison progresse.

L’humour et les paroles, c’est ce qui paye le plus dans la ligue. Il y a la musique évidemment, mais quand quelqu’un chante par dessus, c’est wow! Ça me trigger un peu, parce que ça me dit qu’il faudra que je me donne pour improviser des paroles!

Parlant d’improvisation, l’équipe du capitaine Desranleau devra faire preuve d’imagination pour ce dernier match, à l’instar de cet éclair de génie de la part des Poneycornes qui, mimant un nain devenu géant, avaient joué le jeu à fond. Face aux Clébards, Guillaume Bourque s’était ainsi mis à jouer du saxophone sur les robustes épaules de son équipier Alexis Dumais, de quoi faire capoter Valery St-Gelais. « Ça devenait vraiment théâtral. Je ne pensais pas qu’on pouvait aller jusque là, se rendre à monter les uns par dessus les autres! »

Le nain-géant, photo par la LIMM

« Tu ne sais pas ce qui va arriver ! »

Outre la basse, Valery St-Gelais chante au sein des Clébards. « Tu improvises des paroles, et c’est pour ça que ça vire vraiment drôle des fois. Ce sont des thèmes super niaiseux », souligne la bassiste qui se remémore un instant particulier de la saison en cours. « J’ai improvisé des paroles avec une vieille voix de madame qui aurait trop fumé de cigarettes. C’était une impro’ à la Tom Waits, un peu dirty, et ça avait vraiment marché. »

Au cours de cette passionnante saison qui s’achève en mai, Valery St-Gelais sera passée par toutes sortes d’émotions fortes. Les souvenirs demeurent impérissables, et les anecdotes se comptent au delà des doigts de la main. « Le premier match qu’on fait avec Blanche, on était stressée, ça n’avait pas d’allure », se souvient l’artiste avant de dévoiler son ressenti vis-à-vis de l’expérience qu’elle vit lorsqu’elle joue avec les Clébards.

En fait, tu ne peux pas te préparer et te pratiquer pour l’improvisation musicale… tu ne sais pas ce qui va arriver quand tu arrives là !

Une façon aussi pour Valery St-Gelais de se remettre en question musicalement, de comprendre que l’exercice qui se présente chaque mois au Café Campus n’est pas comparable aux autres façons d’aborder la musique comme lorsqu’elle répète en vue d’un spectacle avec ses trois formations par exemple. « On s’est rendu compte, une fois sur le stage, qu’il n’y avait plus de raisons de stresser : il fallait se lancer et servir le thème le plus possible! »

 


Les soirées de la LIMM affichent complet à chaque mois une fois la date venue. Pour vous assurer de pouvoir assister au dernier match de la saison régulière du mercredi 10 avril au Café Campus, mieux vaut acheter ses billets par ici.

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