Dois
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DOIS à la Cinquième Salle | Moments touchants

La Cinquième Salle de la Place des Arts présente, du 12 au 15 avril, un spectacle entre cirque et théâtre, entre poésie et cinéma. DOIS, ce sont deux frères qui racontent deux frères.

Le décor sur scène est minimaliste : quelques carrés de mousse grise suspendus en l’air, une table, un grille-pain. La mise en scène l’est également : deux adultes, qu’on devine frères par leurs physiques, se présentent à nous en jeans et camisoles. Ensemble, ils montent un arc. Avec une forte symbolique attachée à chacun de leurs pas, les deux artistes nous présentent ensuite un court spectacle, intimiste, chaleureux, qui résume parfaitement la complicité qui lie une fratrie.

Entre concours futiles, jeux dangereux, rivalité constante et confiance irrationnelle l’un envers l’autre, les deux frères de DOIS, armés de leurs arcs et de leurs flèches, nous ramènent en enfance. Les nombreuses références, d’abord musicales puis scéniques, au cinéma américain, au western, au théâtre et aux contes sortent d’un imaginaire collectif, celui de la pomme de Guillaume Tell.

Avec ces deux grands adultes qui se chamaillent pour des tartines grillées, qui se moquent constamment l’un de l’autre, qui finissent même par se lancer dans une belle bagarre, on pourrait craindre cet aspect régressif, peu propice à la mise en scène. Et pourtant, entre ces moments que tout frère et sœur vivent, les deux artistes exposent à merveille l’amour inégalable que ressent une fratrie. Amour qui se traduit souvent par une confiance aveugle, lorsque le grand guide le plus jeune à travers un labyrinthe de cordes, ou qu’il sert de cobaye au jeu de la pomme sur la tête, transpercée par une flèche.

DOIS est un conte poétique, mais c’est aussi un spectacle admirable. Les deux frères sont artistes de cirque, musiciens, comédiens et bien sûr tireurs à l’arc. Leurs talents sont tous montrés sur scène avec humilité. La performance est impressionnante de polyvalence, et si on peut regretter parfois le manque de cohérence entre deux scénettes, celle-ci devient tout à fait cohérente si l’on considère l’œuvre comme une présentation de morceaux choisis d’enfance.

Les artistes de DOIS parviennent à transmettre toutes les facettes d’une relation fraternelle en une heure de spectacle émouvant, attachant, drôle et subtile. Dans la salle, le public a été conquis et n’a pas retenu rires et applaudissements. Sur scène, les artistes, émus, ont salué avec fierté un spectacle qui vient du cœur.

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