Dômesicle
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Dômesicle Party #1 à la SAT | Ambiance rave, circa 1993

La Société des Arts Technologiques (SAT) lançait samedi dernier sa nouvelle série de partys thématiques sous le dôme de la Satosphère. Cette première soirée, intitulée « Spécial Oqult », s’est déroulée sous le signe de la nostalgie des premiers raves des années 1990.

Sonorités rétro

La soirée s’ouvre avec le DJ Moaad Bkr, qui met de l’avant des disques vinyles techno des années 1990. La piste de danse de la Satosphère est encore clairsemée, mais le meneur de jeu sait bien installer l’ambiance festive.

Photo par Sébastien Roy

Le choix des microsillons est excellent, mais l’efficacité est malheureusement quelque peu diminuée par ce médium qui exige une amplification plus intense, laquelle ne semble malheureusement pas au rendez-vous. Aussi, la compression utilisée pour les vinyles de musique électronique dans ces années, un peu artisanale, sonne un peu stérile pour les oreilles d’aujourd’hui. Mais le dôme se remplit tranquillement et les sons très acid du 303 et du 808 de l’époque plaisent d’emblée à la galerie, qui s’installe sans tarder dans la danse.

C’est vers 1h00 que la salle se remplit réellement et que le dôme commence à déborder. Les lignes commencent à se faire très longues aux deux bars de la SAT. Ceci s’explique sans doute par un mélange entre l’arrivée massive simultanée du public et l’approche de celui qui est dorénavant aux platines. Les mixs de Ziad impressionnent et sont la plupart du temps fluides, mais les nombreux changements de rythmes et d’ambiance incitent beaucoup de va-et-vient entre la piste de danse et les bars. Sa sélection musicale, misant sur le Electronic Body Music et sons des musiques électroniques du début des années 1990, assure une cohésion avec le début de la soirée.

Le troisième et dernier DJ, Rig Thrall, offre quant à lui un set sans faille jusqu’à la fin de la soirée. Toujours ancré dans des sons des années 1990, il sait nous offrir l’esthétique sonore vintage avec une efficacité acoustique plus près de ce à quoi nos oreilles sont habituées aujourd’hui. Les danseurs sont comblés et la soirée se termine dans une ambiance extatique.

Photo par Sébastien Roy

Effets visuels déjantés

Tout au long de la soirée, la cohésion est aussi assurée par les effets visuels des VJ Gold Casanova et Félix Félix Gourd Gourd, projetés à l’intérieur du dôme, qui nous ramènent aussi, avec humour, à cette époque. Différents messages défilent, rappelant aux danseurs de bien s’hydrater. Les smileys se font omniprésents.

Photo par Sébastien Roy

Une galerie de personnages nous accompagne tout au long de la soirée, allant de Snoop Dogg à une chenille mauve trop souriante, en passant par un personnage dansant qui rappellera les hilarants Kevin et Kevun de la populaire série «Mouvement Deluxe», à ceux qui n’ont pas connu la décennie initiée par la chute de l’URSS. Sushis, burgers et brocolis virevoltent au-dessus de nos têtes. Bref, ce retour dans le passé se fait avec légèreté et bonhommie.

Les projections se font les plus éblouissantes lorsqu’elles créent des effets de profondeur ou d’angles droits, donnant l’impression que la coupole sous laquelle on se trouve se transforme en un cube ou encore en un trou sans fond. L’effet le plus réussi arrive sans aucun doute quelques dizaines de minutes avant la fin de la soirée, alors qu’on jurerait que le plancher de la Satosphère est rotatif!

Le nouveau vintage ?

Cette nouvelle série de partys du Dômesicle nous promet différentes thématiques. Mais on sent une volonté de les inscrire dans la nostalgie de l’époque des premiers raves. Maintenant que cette révolution culturelle commence à se faire une place dans la mode vintage, il est intéressant d’y retourner et d’avoir le loisir de sélectionner ce que l’on en garde (l’énergie, l’extase, la transe, la danse, la durée, l’esprit de communion) et ce que l’on peut délaisser (l’abus de substances parfois louches et trop puissantes, l’insécurité, le difficile accès à l’eau et le mis au ban par les autorités), tout en augmentant l’expérience grâce aux technologies d’aujourd’hui, notamment celle de la Satosphère, qui permet au public de se retrouver sous un ciel artificiel de projections vidéos déjantées.

Photo par Sébastien Roy

Cette prometteuse nouvelle série de festivités Dômesicle se continuera tous les samedis, jusqu’au 17 août, et mettra à l’honneur des labels majoritairement montréalais œuvrant en collaboration avec des VJ ayant spécialement préparé leurs effets visuels pour l’environnement 360 degrés de la Satosphère.

Pour plus d’information sur les prochains partys Dômesicle, consultez le site de la SAT.

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