Chante en français
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Entrevue avec Alexandre Désilets | Chante en français: Toutes les raisons sont bonnes de participer !

Le concours Chante en français — qui a servi de tremplin à Alex Nevsky, Klô Pelgag, Sarah Toussaint-Léveillé, Andy St-Louis et tellement d’autres — est de retour et accueille les dossiers de candidature jusqu’au 2 avril prochain. Cette année, c’est Alexandre Désilets qui agira comme porte-parole de l’édition 2018 et on a voulu savoir ce que ça prenait pour percer en français selon lui.

Bien qu’il n’ait pas participé à Chante en français à ses débuts, Alexandre Désilets est très familier avec le monde du concours de chanson ayant lui-même participé et remporté les honneurs au Festival de la chanson de Granby. Lauréat de nombreux prix, il avait envie de redonner à la communauté en acceptant l’offre d’être porte-parole du concours. « Chante en français, c’est un peu plus low-profile. Je connais la place de ces concours-là, c’est un concours qui est là depuis longtemps. Ça me permet de porter ma voix au concours en tant que tel, pas juste aux participants. »

La vitrine de Chante en français existe depuis 2001 lorsque la Fondation Do-Mi-Sol des aînés de Montréal l’a mise sur pied en l’honneur de l’abbé Charles Émile Gadbois, connu comme le « père de la bonne chanson » au Québec. À sa mort, il a mis sur pied un fonds qui assure un don annuel de 12 000$ garanti jusqu’en 2021 pour l’organisation d’un concours d’interprétation de chanson en français pour les jeunes qui aspirent à une carrière musicale.

En visualisant ses nouvelles fonctions de porte-parole, Alexandre Désilets sait déjà le rôle qu’il souhaite jouer auprès des participants. Bien qu’il puisse donner des conseils, c’est par son écoute, son support et sa disponibilité qu’il souhaite intervenir auprès des aspirants interprètes. Il trouve risqué, dans les concours, d’imposer son opinion. « Je veux pas jouer là-dedans, parce que les choses qu’on penserait qui pourraient jouer contre toi pourraient bien être les raisons pour lesquelles perces dans une industrie. C’est très fragile et faut pas intervenir là-dedans. »

Et ce qu’il recherche chez le candidat idéal? Bien sûr, il a un penchant pour la voix, étant lui-même interprète et ayant été encensé pour la qualité particulière de sa voix, mais il admet que ce qui fait un bon interprète intervient un peu avant la première note. « Avant même d’avoir ouvert la bouche, un artiste peut avoir une incroyable présence sur scène. Ça c’est quelque chose qui n’est peut-être pas quantifiable, mais qui est perceptible. C’est pas toujours la qualité de la voix qui fait l’artiste, c’est aussi la capacité d’interpréter. »

 

À gagner

Le concours Chante en français offre la chance aux interprètes et auteurs-compositeurs-interprètes de 18 à 30 ans de s’inscrire gratuitement à un tremplin qui offre une foule de prix. Grâce à ses nombreux partenaires, dont Culture Cible, Chante en français a la chance d’ajouter à son don initial en remettant aux participants douze prix totalisant une valeur de près de 25 000$. Parmi ceux-ci, on compte les grands prix Coup de coeur du public de 1000$, le prix Georges D’Or pour le meilleur auteur-compositeur-interprète de 3000$ et le prix de La Bonne chanson revisitée pour la meilleure interprétation, de 2000$.

Si on connait bien les deux premiers, le troisième nous est moins familier. Il s’agit d’une des spécificités du concours, celle de la catégorie La Bonne chanson revisitée. Elle s’adresse aux interprètes et leur demande de redonner vie à une chanson d’antan sélectionnée parmi une liste présélectionnée par le concours. « Ça permet de revoir du matériel qui avait été oublié, explique Alexandre Désilets. Ça remet en question le concept de durée de vie d’une chanson. Pour moi, une chanson, c’est éternelle, mais elles n’ont pas toutes la même portée. C’est intéressant comme exercice d’aller piger dans quelque chose qui peut être réactualisé ou qui est toujours actuel et se l’approprier. »

Alexandre-Desilets-cr-Albert-Zablit* Photo par Albert Zablit.

Chanter en français

Alexandre Désilets peut compter sur une carrière fructueuse qui l’a transporté un peu partout dans la francophonie. S’il a réussi, il avoue que ce n’est malheureusement pas donné à tout le monde de réussir en français, surtout avec l’appât peut-être plus facile de l’anglais. « Il y a des facilités en français parce que c’est ta langue maternelle, donc tu arrives à aller chercher les émotions justes et être au diapason avec les émotions de ta langue maternelle. Mais, c’est ce qui fait aussi que c’est difficile parce que tu es complètement mis à nu. Tu n’auras pas le même détachement que si tu chantes dans une autre langue où tu joues un genre de personnage. En français, t’es encore plus jugé par tes mots parce que tu es connecté à ces mots-là. »

Mais Alexandre Désilets ne ferait pas autrement. Chanter en français est pour lui la meilleure façon donner aux autres l’envie de goûter au français. « Je pense que la meilleure façon de protéger notre langue, c’est pas de l’imposer aux gens qui ne la parlent pas : c’est de bien la parler toi-même, de la faire briller tellement fort que les gens n’ont pas le choix de la remarquer. »

Il cite en exemple Stromae qui, alors que la France connaissait une croissance d’artistes locaux choisissant l’anglais ou jouant de l’électro sans paroles, a su innover et percer jusqu’aux États-Unis dans sa langue maternelle. « En montrant au monde que c’est possible de faire de la bonne chanson en français et que ça reste actuel, contemporain et accessible, tu séduis les gens des autres langues et tu génères des francophiles. »

Je pense que la meilleure façon de protéger notre langue, c’est pas de l’imposer aux gens qui ne la parlent pas : c’est de bien la parler toi-même, de la faire briller tellement fort que les gens n’ont pas le choix de la remarquer.

S’analyser et tenter le coup

Il reste encore du temps pour s’inscrire et tenter sa chance à Chante en français. Les inscriptions demeurent ouvertes jusqu’au 2 avril, suite à quoi auront lieu les demi-finales le 24 avril et la finale le 26 avril au Théâtre Plaza devant un jury professionnel de l’industrie.

Alexandre Désilets a un seul conseil à offrir à quiconque hésite encore à s’inscrire au concours. « Il faut savoir pourquoi tu le fais. Chaque personne a une raison de participer à un concours. Pour certains, c’est pour se lancer des défis sans nécessairement vouloir faire carrière. Pour d’autres, c’est pour l’argent, et pour plusieurs, c’est pour la visibilité parce qu’ils en font carrière. Toutes ces raisons-là sont bonnes. Il faut bien s’analyser à savoir où tu es rendu dans ta démarche et identifier pourquoi tu participes à ce concours-là. »

Si toutes les raisons sont bonnes de participer, pourquoi hésiter ?

Pour s’inscrire et connaître tous les détails du concours Chante en français, rendez-vous au www.chanteenfrancais.net !

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