Bastian Baker
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Entrevue avec Bastian Baker | Ce Suisse qui séduit aux côtés de Shania Twain

Il y a une semaine marquait à Toronto le clap de fin de l’aventure canadienne de Bastian Baker avant de parcourir à nouveau le globe en première partie de Shania Twain. De passage pour quelques dates au Québec, le Suisse aura séduit le public d’une province qu’il apprécie. Entretien avec un chanteur au succès grandissant.

Une voix vigoureuse se fait sûrement entendre dans les rues d’Hamilton où nous avons rejoint Bastian Baker par téléphone. Le rythme effréné vécu depuis plus d’un mois ne semble pas altérer son énergie vivace, bien au contraire. « La tournée NOW se passe merveilleusement bien à tous les points de vue, nous confie le Suisse. Toutes les inconnues et craintes du début se sont dissipées et aujourd’hui, l’analyse est assez chouette : partout où l’on joue, ça se passe hyper bien ! »

 

Une star sur sa guestlist

Au bout du fil, le jeune homme de 27 ans dégage une sympathie notoire malgré ce calendrier chargé et cette nouvelle étape de tournée qui se dessine le soir même de notre entrevue. Dans les faits, le natif de Lausanne parcourt depuis plus d’un mois les routes en première partie de l’interprète de Man! I Feel Like a Woman. Si partir en tournée s’apparente à la belle vie, celle-ci l’éloigne inévitablement des amis, de la famille et de sa région résonnant comme un lieu de « tranquillité et de sérénité » qu’il goûte peu en tournée. De son coin de paradis, il n’en tire que des louanges :

Je suis un immense fan de l’arc Lémanique et quand je rentre, je suis sur ma moto, je prends la route de la Corniche [à Lavaux] ou je vais me poser sur le lac… C’est vrai que c’est quelque chose qui recharge les batteries, donc je pense que ces panoramas peuvent me manquer de temps en temps. D’ailleurs, le fond d’écran de mon téléphone est une photo de coucher de soleil sur le lac Léman. 

S’il reste éloigné de ses racines, Bastian Baker vit toutefois une expérience majuscule offerte par Shania Twain, star devenue amie avec le temps. C’est dans le cadre du Montreux Jazz Festival que leur première rencontre eut lieu, il y a six ans déjà. « Je jouais une petite performance et elle s’est avérée être là, se souvient-il. Et puis, elle a adoré ma musique… » Un coup de chance aucunement éphémère pour le Suisse qui nourrit depuis une relation humaine et professionnelle forte avec la chanteuse country puisque les deux artistes se donnent désormais du feedback sur leur musique respective.

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Le chanteur se remémore d’ailleurs volontiers l’évolution de ce lien qui les unit : « Autant au début on se voyait pour faire des repas, pour se marrer un peu. Autant ensuite, elle a commencé à vouloir venir à des festivals où je jouais. » De ce souvenir, le chanteur en garde un particulièrement fort lorsqu’il reçut un message personnel de la Canadienne voulant assister à son concert sur le côté de la Grande Scène du Paleo Festival de Nyon en 2014. « C’est assez rigolo ! À ce moment tu te dis : « Bien sûr Shania que je te mets sur la guestlist ! » », s’exclame le chanteur avec ironie.

 

Occasion à ne pas manquer

Ancien hockeyeur junior, Bastien Kaltenbacher (de son vrai nom) est un jeune homme ambitieux. S’il s’investit totalement dans la musique à la suite du succès de sa reprise d’Hallelujah, l’auteur-compositeur-interprète a conscience du chemin à parcourir pour matérialiser le succès hors des frontières suisses, où sa notoriété n’est plus à prouver avec deux disques de platine et d’or à son actif.

Mais depuis sa rencontre avec Shania Twain, force est de constater que tout est allé vite avec désormais un set de trente minutes en solo suivit d’un duo avec la star canadienne sur deux de ses titres, « une manière pour elle de vraiment affirmer son soutien », affirme-t-il. Cette chance, il la doit à son talent scénique, son charme mais aussi au hasard puisqu’en 2015, le chanteur suisse est appelé en catastrophe pour remplacer Gavin DeGraw qui ne peut assurer les trois dernières dates de la tournée Rock This Country en Colombie-Britannique. « J’ai sauté sur l’occasion et puis ça s’est super bien passé », nous confie le chanteur.

À l’évidence, tourner avec sa « mentor » est un tremplin fabuleux pour accroître sa visibilité. « On voit sur les réseaux sociaux, sur Spotify ou sur les ventes de merchandising après chaque concert qu’effectivement une hype est en train de se créer, se réjouit-il. Il y a vraiment de l’intérêt, donc c’est génial ! On pourra sûrement créer notre propre tournée l’année prochaine. » Avec escale au Québec ? Probablement, la province procurant chez l’interprète du récent Love On Fire « une attache et une émotion particulière. »

 

Le Québec et Montréal, une relation forte

Avec plusieurs visites dans la province dont une première en 2004 dans la capitale pour le tournoi international de hockey Pee-Wee, Bastian Baker ne pouvait que tomber amoureux d’une région aux mythiques Colisée Pepsi et Centre Bell, théâtres d’exploits. Autant dire que fin juin, ce fût avec une certaine fierté que le Lausannois s’installa sur l’imposante scène de l’antre des Canadiens de Montréal. Pour lui, « y avoir joué pas en tant qu’hockeyeur mais en tant que musicien, c’est presque encore plus beau ». Et s’il n’oublie évidemment pas la ville Québec avec une ovation complète qu’il vécut là-bas, il n’hésite pas à considérer Montréal évidemment pour le hockey mais aussi pour Leonard Cohen.

Durant le concert, il n’hésita d’ailleurs pas une seconde à interpréter sa reprise favorite dans la ville natale du chanteur iconique montréalais décédé il y a presque deux ans. Un pari risqué mais réussi puisqu’après quelques secondes, une ovation générale a envahi les travées de la salle de spectacle. D’une émotion palpable, Bastian Baker relate au bout de la ligne ce moment comme l’un des meilleurs de sa vie lorsque les spectateurs conquis ont brandi leurs téléphones :

J’avais un espèce d’océan de lumière en face de moi qui se baladait au son d’Hallelujah. C’était vraiment unique et intense. En sortant de scène je me suis dit que je venais de vivre un moment spécial…

Jusqu’à maintenant, il fera de Montréal son concert préféré de la tournée NOW aux côtés de Shania Twain. Nul doute qu’avec ce succès grandissant, le Québec reverra le chanteur suisse prochainement sur scène… et seul cette fois-ci.

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