Fauve
Entrevue Publié le

Entrevue avec Fauve | Lumière et apaisement

Voilà bientôt un mois que le collectif français Fauve a sorti la deuxième partie de son album Vieux Frères. Un opus qui se voulait plus lumineux et positif, mais dans lequel on retrouve toujours des angoisses et des peurs. Discussion avec un des membres du groupe au bout du fil, juste avant un spectacle à l’Olympia de Paris.

Courtoisie de Fauve

Courtoisie de Fauve

Un album plus lumineux ?

Courtoisie de Fauve

Courtoisie de Fauve

Fauve a marqué l’année 2014 avec son premier album Vieux Frères Partie I, album où les tourments et les troubles du collectif formaient la base sur laquelle il s’est appuyé pour créer. En effet, Fauve a commencé la musique par besoin, se servant de celle-ci comme baume à ses plaies les plus profondes.

Toutefois le collectif avait envisagé la deuxième partie de ce premier opus comme un aspect plus clair et positif de sa vie. Ce qui ne s’est pas révélé totalement vrai. « On pensait que ça serait un disque plus lumineux mais en fait il l’est moins que ce qu’on pensait. »

Des morceaux comme Paraffine et Bermudes transpirent toujours la rage et la souffrance. «C’est parce que, oui, je crois qu’on reste des grands anxieux. » Mais il est vrai que d’autres chansons, Tallulah ou Les Hautes Lumières par exemple, dévoilent un côté moins angoissé et plus rayonnant du collectif, qui s’explique aussi par tous les évènements que les membres ont vécu depuis leur succès. « Globalement il y a des morceaux plus apaisés, plus doux parce qu’entre le 1er et le 2e album on a vécu des choses qui sont très lumineuses. »

La musique reste-t-elle donc un exutoire pour le collectif ? Certainement. « On a toujours ce besoin-là. Je pense qu’on continuera à faire de la musique longtemps. »

 

Influences et faux-semblants

Tout au long de Vieux Frères Partie II, les moments poétiques se suivent sur les morceaux. Certes, le groupe ne fait pas dans l’alexandrin et ne cherche pas les rimes à chaque phrase, mais quelque chose de lyrique se dégage malgré tout. Et pourtant, Fauve se défend de toutes influences poétiques. « On n’a pas commencé l’écriture par envie d’écrire spécialement mais par besoin. Et on s’est créé nos propres outils. On ne lit pas beaucoup, on n’est pas très lettrés, la poésie encore moins. […] Il n’y a pas de velléités littéraires ou poétiques à la base. Je pense que s’il y a des résonnances littéraires ou poétiques, c’est fortuit. Ce n’est pas le même chemin qui a été fait pour y arriver. »

Au final, le collectif se retrouve beaucoup plus dans le hip-hop que d’autres genres. « On aime beaucoup le hip-hop pour le côté libre de cette musique. Puis le côté collectif qu’a apporté le hip-hop, ça nous parle vachement. Parce qu’à la base, le hip-hop, ça mélange plusieurs disciplines : le DJing, le rap, le breakdance, le graffiti… ».

Il est vrai que l’on retrouve des côtés hip-hop dans Fauve, le morceau Bermudes en est d’ailleurs un bel exemple. Mais ce qu’on peut aussi rapprocher de ce style est le débit impressionnant du chanteur sur certains morceaux, qui montre aussi l’urgence du groupe à dire les choses. « Il y a un peu la peur de ne pas réussir à tout dire. On est un peu des rappeurs contrariés. On a une certaine fascination pour ces rappeurs, qui ont cette technique, qui rappent vite, qui sont précis. »

 

Le public et l’optimisme

Depuis le début de son aventure, Fauve a attiré un public varié et souvent très dévoué. Le groupe reçoit souvent des commentaires de fans ayant été concernés par leur musique.

Pourtant, Fauve tire son inspiration dans la plus grande introspection, les histoires personnelles du collectif comme fondations. L’universalité de ses propos, le groupe ne la comprend toujours pas. « C’est le grand mystère de cette histoire, on ne comprend pas trop.Je ne sais pas s’il y a une explication rationnelle à cela. Parce que ça aurait pu être tout l’inverse. Les réactions auraient pu être « Bah qu’est-ce que vous nous racontez votre vie ? On s’en fout ! Ce n’est pas intéressant votre vie. » C’est marrant, mais on ne comprend pas. Et on essaye de ne pas comprendre. »

Courtoisie de Fauve

Courtoisie de Fauve

Finalement, le groupe termine l’album sur une note très positive avec Les Hautes Lumières, chose à laquelle les auditeurs du collectif n’étaient pas habitués jusqu’à présent, mais qui ne change pas le rapport du public avec Fauve. « On est très optimistes, forcenés. On a toujours été comme ça, même dans les morceaux soit disant un peu sombres. Ce n’est pas de la musique dépressive, destructrice ou nihiliste. C’est toujours constructif d’une certaine manière. On aurait pu penser que le public qui suit Fauve aime les choses plus dures, mais en fait c’est faux. C’est ça qui est beau. La majorité des signaux qu’on reçoit de la part des gens, ce n’est pas « Merci de pointer du doigt des trucs et de tout déglinguer. » c’est plutôt « Merci de nous donner de la rage de vivre, de l’espoir et de la lumière. » »

Pour l’instant, Fauve n’est pas encore certain de venir au Québec bientôt, mais souhaiterait venir cet été…

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