Harry Manx
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Entrevue avec Harry Manx | Le bluesman globetrotter

Après avoir sillonné le pays avec un quatuor à cordes, le multi-instrumentiste blues Harry Manx sera en tournée solo à travers le Québec, dont un arrêt prévu au Théâtre du Vieux-Terrebonne le 9 octobre prochain. En marge de ce spectacle singulier, Sors-tu.ca s’est entretenu avec le Canadien d’origine britannique, qui ne peut s’empêcher de visiter le Québec de façon régulière.

Le Québec est un de mes endroits de prédilection pour jouer au Canada, explique-t-il en anglais au téléphone. Je crois que la musique parle aux gens. Ce n’est pas la langue, c’est peut-être le feeling de la musique qui connecte avec eux. Je ne choisis pas de jouer ici : plutôt, ce sont les Québécois qui choisissent de me faire venir.

Un spectacle en tête-à-tête

S’il a bien aimé sa dernière tournée avec plusieurs autres musiciens, Harry Manx semble aussi emballé par l’idée de faire cavalier seul pour ses prochains spectacles. « Si je demande à la foule, je pense que peut-être 80 ou 90% des gens me diront qu’ils me préfèrent en solo : ils veulent simplement entendre mes chansons. »

Même s’il sera seul sur scène pour cette tournée, le vétéran de la scène canadienne ne voyagera pas léger : le multi-instrumentiste trimbalera de nombreuses guitares, un banjo, un harmonica, une batterie qu’il actionne avec ses pieds et sa mohan veena, un instrument indien à 20 cordes. « J’aime jouer le blues et je crois faire ça pendant encore longtemps, mais j’ai aussi une passion pour la musique indienne, confie-t-il avec le sourire dans la voix. D’une manière ou d’une autre, ces deux types de musique se sont mélangés pour créer quelque chose de nouveau et de différent. »

 

Un blues teinté d’influences internationales

Cet intérêt pour la musique orientale n’est pas que le fruit du hasard : avant de faire paraître un premier album en 2001, Harry Manx a passé plus de deux décennies à jouer du blues dans les rues d’un peu partout sur la planète, que ce soit en Europe, en Inde ou au Japon, là où il a habité durant dix ans et où il pouvait empocher 1000$ en une seule journée.

La culture de musicien de rue étant moins présente au Canada – climat oblige, selon lui – Manx a préféré devenir un musicien professionnel, un pari qui s’est avéré payant dès le départ. Dog My Cat, son premier projet, s’est depuis écoulé à plus de 50 000 exemplaires. Depuis, Harry Manx a gardé un rythme effréné : Faith Lift, paru l’an dernier, était déjà un 15e projet en 16 ans. Cet album était pour lui une façon de revisiter ses anciennes compositions, reprises cette fois-ci avec le Sydney Opera String Quartet.

De son propre aveu, cette expérience a changé sa façon de jouer ses pièces fétiches. « Une chanson reste en vie tant que tu continues de la jouer. Avec les années, elles deviennent plus subtiles et plus riches de sens : c’est pourquoi je m’efforce de ré-explorer et redécouvrir mes propres pièces. »

Questionné à savoir dans quel état d’esprit les spectateurs doivent se mettre avant d’entrer dans son univers, Harry Manx reste fidèle à lui-même avec sagesse et simplicité. « Viens comme tu es, répond-il. Si tu es ouvert à écouter quelque chose de nouveau, tu vas peut-être passer un vraiment bon moment. » Avec une quarantaine d’années à jouer devant des foules de toutes sortes, le bluesman est conscient de son charisme. « Lorsque les gens écoutent ma musique, ils vivent une sorte d’aventure parce qu’avec elle, je peux vraiment les attirer dans un endroit où ils oublient un peu leur quotidien. »

Inspiré et bien : voilà comment Harry Manx souhaite que son public se sente en quittant la salle de spectacle. « Au final, je fais le spectacle pour lui, pas pour moi. J’essaie de faire de la musique qui inspire les gens. » Il estime d’ailleurs que sa formule semble bien fonctionner. « Les gens viennent me voir pour me conter leurs histoires, me conter comment ma musique les a marqués. C’est comme ça que je me dis que je suis sur la bonne voie. »

Toujours aussi passionné, Harry Manx nous confie également qu’un 16e album, Hellbound for Heaven est déjà enregistré. Cette nouvelle galette aux accents gospel devrait paraître « au cours des prochains mois » selon le principal intéressé.

Il est toujours possible de se procurer des billets pour le spectacle du mardi 9 octobre au Théâtre du Vieux-Terrebonne en se rendant juste ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec la Société de développement culturel de Terrebonne (SODECT). 

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