Jérôme Minière
Entrevue Publié le

Entrevue avec Jérôme Minière

En octobre dernier, Jérôme Minière lançait Le Vrai, le faux, un album plus pop qu’à l’habitude. (consultez la critique de Michel Allaire)

Cette approche volontairement plus classique n’est pas un hasard, ni une tentative de percée commerciale, mais bien un besoin tout naturel d’aller au fond de sa sensibilité pop.

"Le Vrai, Le Faux"

« Il y a un effet de balancier: j’aime l’esprit de découverte, d’explorer toujours un nouveau territoire, explique-t-il. Étonnamment, c’est vrai que je n’avais jamais été jusque là, essayer de faire des chansons un peu plus pop. Je l’ai souvent effleuré. C’est peut-être par timidité  et par inexpérience que je n’étais pas arrivé jusque là »

« Dans les premières années, avec mes premières chansons, moi j’avais l’impression de faire quelque chose de très pop. Avec les années, j’ai découvert que j’étais plus bizarre que je croyais ».

Réalité/Fiction

En plus d’être une exploration du format populaire, Le Vrai, le Faux explore également, comme son titre l’indique, l’idée d’une ligne de plus en plus floue entre la réalité et la fiction.

« Je suis avant tout un amoureux des histoires: quand j’étais gamin, c’était les BD; plus tard, c’était le cinéma et maintenant, ce sont plutôt les romans. J’aime raconter des histoires et j’aime qu’on m’en raconte. J’ai l’impression que la fiction, quand elle s’assume, elle peut raconter plus de choses, plus de vérité. »

Le chanteur y voit d’ailleurs toutes sortes de liens avec l’actualité quotidienne où la réalité « parait souvent scénarisée ». « La fiction est une arme, en fait.  Quand elle est présentée comme la réalité, ça devient de la propagande, mais pourtant, ce n’est que de la fiction ».

Petites vidéos promotionnelles

Pour lancer ce nouvel album, Jérôme Minière a décidé de produire et de publier une série de courtes vidéos promotionnelles: des dessins animés rudimentaires au contenu absurde et autodérisoire.

Un exemple (capsule numéro 18):

Cette idée folle a trouvé ses fervents sur Internet, et a piqué la curiosité de plusieurs fans. Mais pour l’artiste, cette initiative provient davantage d’un besoin de laisser libre cours à son imagination, et d’un désenchantement envers la recette de mise en marché conventionnelle.

« Autant je m’étais discipliné pour la musique, autant j’avais besoin d’une tribune un peu folle, un peu farfelue », admet-il.

« La source de ça, c’est aussi beaucoup le questionnement sur ce qu’on fait en musique en 2010. Vu que le support CD est quasiment moribond, on ne peut plus fantasmer sur cet objet-là, alors qu’est-ce qu’on fait? »

C’est également dans cet esprit que Jérôme Minière transformait son traditionnel lancement de disque en … lancement de saucisson!

Herri Kopter: retour en 2011

Toujours dans l’esprit de ce « balancier », Jérôme Minière prévoit également ramener son alter-ego Herri Kopter, l’an prochain, question de se replonger dans une folie plus éparpillée.

« Ce sera beaucoup à l’opposé de LeVrai, le Faux« , souligne le principal intéressé, qui estime avoir besoin de cet équilibre pour éviter de faire du surplace.

Projet un peu plus expérimental, c’est sous ce pseudonyme que Jérôme Minière avait lancé 2 albums (Jérôme Minière présente Herri Kopter en 2001 et Jérôme Minière chez Herri Kopter en 2004) ainsi qu’un live au Grand Théâtre de Québec.

Le premier album lui avait même valu le Félix au meilleur album électronique. Herri Kopter s’était toutefois fait plutôt discret depuis 5 ans environ.

En attendant, Jérôme Minière nous présente, ce soir au La Tulipe, son tout nouveau spectacle en lien avec Le Vrai, Le Faux. On nous promet, notamment, des arrangements un peu plus dansants, ainsi qu’une bonne dose de synthétiseur… et de muscles!

« J’ai engagé un type plus musclé. Comme les chansons sont plus musclées, il nous fallait un gars plus costaud, lance-t-il à la blague. On est tous des petits formats, alors on a engagé un gars plus fort… Il a vraiment des muscles pour le clavier ».

* Cet article provient d’un entretien avec Jérôme Minière dans le cadre de l’émission Gang Bang, sur les ondes de CIBL 101,5 *

Artistes
Villes
Salles

Vos commentaires