Kyan Khojandi
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Entrevue avec Kyan Khojandi | L’humoriste qui rejoue l’histoire de la meilleure soirée de sa vie

Arrivé en début de semaine à Montréal, « rien que pour absorber le jetlag », Kyan Khojandi s’apprête à fouler les planches de l’Olympia ces deux prochains soirs (8 et 9 août 2019). Après « Pulsions », présenté en 2016, le Français jouera sur scène « Une bonne soirée », un tout nouveau spectacle qui retrace, justement, les dessous de la meilleure soirée de sa vie qui s’est déroulée il y a moins d’un an. « Mais elle part d’une manière assez catastrophique », dira-il, sans détour, dans les salons de l’Auberge Saint-Gabriel. 

« Je veux dire… je rentre chez moi, je suis seul, je prends ma tisane et je vais me coucher. Et à partir de là… tout part de ce moment là. Je pars entre flashbacks, fantasmes, idées, sorties. Il y a un coup de fil, dans ma tête beaucoup de choses se passent et font en sorte que je passe la meilleure soirée de ma vie à partir de là », énonce Kyan Khojandi dans une ferveur propre à ne pas lui laisser le temps de respirer.

Autant dire qu’à travers cet enthousiasme brûlant, les Montréalais peuvent s’attendre à un spectacle désopilant du trentenaire qui appréhende logiquement mieux la scène qu’à ses débuts, il y a une dizaine d’années :

[À trente-six ans], on a d’autres qualités. C’est comme un bon vin, on se bonifie. On perd le peps de la jeunesse, mais on gagne en tranquillité et sérénité. Je suis beaucoup plus détendu qu’avant, c’est-à-dire que je n’ai plus le trac. Par contre, j’ai toujours un moment donné où je me dis « il y a du monde là, faut quand même assurer un peu » (rires)

Une écriture alchimique aux côtés de Navo 

Capable de déceler les moindres facettes d’une vie quotidienne réservant bien des surprises, l’artiste né à Reims exerce toujours avec brio ce storytelling qu’il a façonné ces dernières années aux côtés de l’auteur Bruno Muschio, alias Navo. Avec son ami, Kyan Khojandi a connu le succès par l’intermédiaire de l’incontournable Bref. en 2011 avant de se lancer, notamment, dans la scénarisation de nouveaux projets excitants tels que les mini-séries Serge Le Mytho (à venir sous forme de film) et Bloqués, qui met en scène les hilarants rappeurs Orelsan et Gringe.

« Avec Bruno, on fonctionne comme un couple devrait fonctionner, c’est-à-dire qu’on maintient un désir profond et très puissant l’un envers l’autre. On a tellement une exigence d’être bon vis à vis de l’autre, et d’être à son excellence totale », précise celui qui co-écrivit récemment la bande dessinée Pulsions tirée de son précédent spectacle. « Du coup, on se pousse, on se tire vers le haut en permanence. On essaie de faire « mieux que nous », et je pense que c’est un peu comme une relation d’amour devrait être. À un moment donné, quand on est en relation, on stagne mais nous, on maintient un désir puissant. Et c’est ce qui fait que ça tient : c’est le désir pour l’autre ».

À l’instar de son alchimie avec Bruno Muschio, Kyan Khojandi se nourrit de collaborations depuis l’instant où s’est arrêté, en 2004, une maîtrise en droit pour embrasser une carrière dans le domaine de la comédie. « En fait, c’est pas « j’arrête », c’est « OK, je commence ». C’était même pas les études dans la balance, c’était de me lever tous les matins avec un truc que j’aime. C’était ça le but, pas d’arrêter le droit car ça aurait pu être de la biochimie ou de la chimie moléculaire », souligne l’artiste qui ne manque pas de côtoyer désormais la relève de l’humour francophone comme Fary en France ou le Suisse Thomas Wiesel (notre entrevue à lire ici). Cependant, pas question pour lui de délaisser le Québec. Bien au contraire.

Photo par Victor Perrin

« J’ai progressé grâce au Québec »

Outre des participations au Zoofest et à Juste Pour Rire depuis cinq ans, ou même son intervention samedi prochain à Québec dans le cadre de Comédie Ha!, Kyan Khojandi a adapté en France le programme 60 humoristes en 60 minutes tout en organisant, en octobre dernier à la Cinquième Salle, un joyeux rassemblement de huit invités issus de la relève québécoise incluant Maude Landry, Mehdi Bousaidan et Virginie Fortin.

« Tous ces gens là me font extrêmement rire », précise-t-il avant de souligner que la rigueur québécoise du travail attire les humoristes venus d’Europe. « Quand on voit le niveau, on se dit ensuite : « on rentre et on travaille ». Et ça fait monter le niveau en France. Le public ici est averti, il n’est pas exigent et est dans la bonne humeur. Quand je suis venu tester mon spectacle, les gens étaient indulgents avec moi. C’était mes tous débuts de reprise de spectacle, ils m’ont soutenu et m’ont porté. J’ai progressé grâce au Canada, grâce au Québec ».

 

Kyan Khojandi est en ce moment à Montréal pour jouer, à l’Olympia, son nouveau spectacle Une bonne soirée les 8 et 9 août 2019. Les deux dates affichent presque complètes, quelques billets étant encore disponibles sur le site officiel d’evenko.

L’humoriste français fera d’ailleurs une apparition au Comédie Ha! puisqu’il participera au gala animé par Kev Adams le samedi 10 août prochain au Palais Montcalm. Billets en vente ici.

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