Quatuor Bozzini
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Entrevue avec le Quatuor Bozzini | Le violon qui voyage

Ce vendredi 7 avril, le Gesù résonnera au son des cordes du Quatuor Bozzini et leurs invités, Sarah-Jane Summers et Laura Risk. Présentant l’oeuvre collaborative de Monty Adkins, Water’s Edge, le spectacle se déroulera en trois temps, en trois atmosphères.

Le Quatuor Bozzini est un quatuor à cordes basé à Montréal, fondé par Isabelle et Stéphanie Bozzini, respectivement violoncelliste et altiste, auxquelles se joignent les violonistes Clemens Merkel et Alissa Cheung, également compositrice à ses heures. Le groupe qui se spécialise en nouvelle musique expérimentale sont fondamentalement des interprètes qui se plaisent également à la création d’oeuvres ou au développement de concepts avec les compositeurs.

C’est le cas de Water’s Edge, le résultat d’une résidence à l’Université de Huddersfield au Royaume-Uni en compagnie du compositeur Monty Adkins. Pour la création de l’oeuvre, ce dernier s’est inspiré de partitions de musique traditionnelle norvégienne. C’est ce qui explique la participation de la violoniste invitée Sarah-Jane Summers, une Écossaise résidant en Norvège se spécialisant dans le genre musical.

Lors de cette soirée, les spectateurs présents pourront entendre trois mouvements complètement différents. Le premier est d’inspiration norvégienne : Water’s Edge, qui propose une musique planante, ambiante qui se déploie comme un éloge à la lenteur qui peint un paysage sonore où s’entremêleront violon et électronique.

En deuxième partie du concert, les spécialistes de musique traditionnelle Sarah-Jane Summers et Laura Risk livreront des airs traditionnels québécois, gaéliques et norvégiens au violon et violon hardanger (une variante norvégienne du violon) où l’expertise en fiddling des deux violonistes sera mise de l’avant. Le Quatuor Bozzini se joindra à leur performance avec des arrangements originaux des deux musiciennes. Nous entendrons entre autres Le Money Musk, Cum uam do laimh fhionnar, Pibroch, Arthur’s Sea et Tha m’Aigne fo Ghruaim.

Démocratiser le violon

Pour ceux et celles qui sont moins familiers avec le violon de style expérimental, le Quatuor Bozzini sont définitivement une référence dans le domaine. Disposant d’un répertoire très large et d’une formation musicale classique, le quatuor s’inspire tant de vieux compositeurs tel qu’Igor Stravinsky, que de compositeurs contemporains comme Mauricio Kagel, ou encore de compositeurs de chez nous comme Claude Vivier.

« Aujourd’hui, il y a de plus en plus de jeunes compositeurs qui s’intéressent à des influences plus larges. On sort des chapelles, d’une direction plus académique. On s’intéresse à ce qu’il y a entre les notes et d’où viennent les influences de tout un chacun, » explique Isabelle Bozzini, membre fondatrice du Quatuor Bozzini.

De plus en plus, le quatuor s’éloigne même de la formule classique de concert et s’intéresse à la musique électronique. « C’est une des directions qu’on a empruntées pour les œuvres qu’on a faites récemment. Ces temps-ci, soit ça vient de l’électro, soit c’est quelque chose qui se développe dans le temps, des longues plages sonores, de la musique qui invite à l’introspection, » poursuit Isabelle Bozzini.

Bien que la musique expérimentale ne soit pas encore un genre suffisamment démocratisé, la violoncelliste insiste sur le fait que le genre est tout à fait accessible pour tous. « La musique, c’est toujours pour tout le monde, elle touche tout le monde. Ce n’est pas comme un texte compliqué ou philosophique, bien que parfois les compositeurs s’amusent à ajouter beaucoup de sous-couches. Quand on est dans la salle, on est là pour l’écouter et l’entendre. On n’a pas besoin d’un doctorat pour écouter une œuvre musicale. Il faut vraiment juste se laisser toucher. »

L’image du violon est plus couramment inscrite dans l’univers de la musique traditionnelle ou folk. Pourtant, le Quatuor Bozzini se plait à projeter l’instrument dans des compositions où il sera exploité de fond en comble. L’idée n’est pas de changer l’image du violon, mais bien de l’aider à évoluer, de « décatégoriser » les genres et les rôles dans un orchestre. « J’aime bien quand ça se parle, ça se traduit, ça s’influence, ça va chercher autre chose qui nous font entendre d’autres trucs. On se rend compte que la différence n’est pas si grande. On veut ouvrir des portes, explorer autre chose, improviser, » insiste Isabelle Bozzini.

Pour voir cette collaboration se traduire sur scène, le spectacle Water’s Edge au Gesù est un incontournable le 7 avril prochain. Ce sera l’occasion unique de voir sur scène le quatuor à cordes de musique expérimentale en synergie avec deux violonistes de musique traditionnelle, la montréalaise Laura Risk et l’écossaise Sarah-Jane Summers.

Les billets du concert sont déjà en vente, juste ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec le groupe Le Vivier.

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