Les Deuxluxes
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Entrevue avec Les Deuxluxes | Ligue Rock: La renaissance du rock

La Ligue Rock trouvera refuge cette année au Théâtre du Vieux-Terrebonne pour une série de trois spectacles au Moulinet, sur l’Île-des-Moulins. Les premiers à y casser la glace seront Les Deuxluxes et ce sera pour eux un retour au bercail. En direct de l’Europe, Anna Frances Meyer et Étienne Barry nous racontent leur histoire d’amour avec le rock.

« Nous, notre histoire a un peu commencé à Terrebonne, se remémore la rockeuse. C’était la première fois qu’on jouait un gig électrique. On avait été invité le jour-même pour ouvrir pour un band au bar le Transit, y’a 5 ans. Les Deuxluxes, tels que vous les connaissez, sont un peu nés à Terrebonne. […] On retourne au ground zero. On retourne en famille. » Étienne Barry s’était installé pour la première fois à la batterie, la guitare sur les genoux, et ainsi est né l’esthétique de scène des Deuxluxes.

Ils reviendront à la maison en compagnie de Blue Cheese et de Prieur & Landry le 22 février prochain, puis s’enchaîneront des spectacles le 1er mars et 8 mars, toujours du côté du Théâtre du Vieux-Terrebonne. Le festival Ligue Rock compte cette année une foule d’artistes de différents horizons, tels que Marjo, Keith Kouna, The Planet Smashers, Dance Laury Dance, Laura Sauvage pour ne nommer que ceux-là. « Je trouve cool que la Ligue Rock regroupe différentes générations de musiciens, plusieurs époques du rock. C’est quelque chose d’unique qu’on voit pas ailleurs », se ravit Étienne Barry.

En franglish, s’il vous plait!

À la suite de la sortie de leur premier album Springtime Devil, Les Deuxluxes ont répandu leur rock sur plusieurs continents, dont l’Europe et l’Amérique du Sud. Ils ont la chance d’être parfaitement bilingue, oeuvrant tant en français qu’en anglais, leur permettant de conquérir les publics de chez-nous et d’ailleurs. Toutefois, le duo s’entend que l’une ou l’autre langue ne rock pas nécessairement plus que l’autre. « Les deux peuvent rocker également, mais faire rocker le français, c’est un talent séparé. Le poids des mots en français et en anglais est différent », commente Étienne Barry.

Ils se disent très fiers de maîtriser les deux, faisant tourner partout leurs morceaux, indépendamment de la langue. « À travers le monde, tu vois des bands qui n’ont pas l’anglais comme langue première mais qui l’adoptent comme par défaut, parce que c’est la langue ‘universelle' », poursuit le rockeur. Anna Frances Meyer est d’accord: « Le meilleur conseil à donner à un band, c’est de faire ce qu’ils veulent, de ne jamais faire de la musique en conséquence du marché, ce que la mode dicte. Tu peux pas être malhonnête. »

La santé du rock

On entend de plus en plus les nostalgiques du rock se demander: « Mais où est passé le rock? » On a connu de belles époques rock au Québec, mais la mode est au folk actuellement. Heureusement, Les Deuxluxes ne sont pas inquiets de l’avenir du rock. « Je pense qu’il recommence à sortir des ténèbres, célèbre Anna Frances Meyer. Je pense que le rock avait besoin d’un petit refresh, de voir de nouveaux visages, des nouvelles idées, des nouvelles manières de faire. Le Québec est dans une passe folk-ukulélé depuis plusieurs années, mais le rock était pas parti. Je pense qu’il se refaisait une beauté. »

Selon eux, le cycle du rock reprendra, notamment grâce aux nombreux groupes rock qui proviennent des régions. Grâce aux différentes générations du genre, Anna Frances Meyer dénote que « les fans ne sont pas partis, surtout au Québec, ils ont jamais quitté. » En plus, le rock ne connait aucune restriction, il en devient donc un moyen exceptionnel d’expression, les artistes ont « la chance de s’exprimer dans le genre musical qu’on veut, qu’il y a de la diversité », poursuit-elle.

Quand rock rime avec métal

Dans les festivals, la place du rock est encore incohérente. On le place parfois avec le pop, d’autre fois avec le métal. Pour les Deuxluxes, ce n’est pas un problème, même que le plus de variété, le mieux. « On aime que tout soit mélangé. Si je pense comme un festivalier, je voudrais pouvoir voir un groupe pop et un de métal par après », insiste la chanteuse.

Dans le paysage des festivals québécois, on dénombre plusieurs festivals spécialisés en un genre spécifique, notamment bon nombre d’événements métal. « C’est les métalleux qui ont [le rock] maintenant. Il s’est recyclé, s’est renouvelé, et maintenant il a trouvé ses fans les plus fidèles de l’histoire. Les métalleux, c’est eux qui tiennent la flamme du rock », félicite Anna Frances Meyer.

Eux-mêmes ont été invités dans une foule de festivals, spécialisés ou non, notamment le festival Grita Rock à Manizales en Colombie. « C’était une révélation pour nous. On a joué devant 13 000 personnes. Tout d’un coup, on avait des milliers de fans de métal qui nous suivaient », ricane la chanteuse.

On a compris que le métal et le rock, c’est pas nécessairement un son, c’est une énergie. C’est une performance, une manière de s’exprimer musicalement. Pour jouer du métal, il faut vraiment avoir du talent pour bien l’exécuter. Ç’a challengé notre world view à propos du rock. – Anna Frances Meyer

Les mélomanes aussi devraient challenger leur world view de la musique en expérimentant de la musique qui ne leur sont pas familiers, parce qu’après tout, c’est en show que ça se passe. « En live, c’est complètement différent, s’étonne Étienne Barry. On peut apprécier n’importe quoi en live quand c’est bon. Pas besoin d’être fan de tel style. Quand c’est un bon show, ça reste un bon show. Pas besoin de l’amener chez toi et l’écouter quinze fois, un show c’est éphémère. »

Pour la suite des choses, Les Deuxluxes mijote du nouveau matériel, tranquillement pas vite. Ils devront d’abord mettre le frein sur la tournée pour s’asseoir, écrire et passer en studio. « C’est sûr qu’à la fin de l’année, y’aura un petit quelque chose. On ne sait pas encore exactement la forme que ça va prendre, mais c’est sûr que ça s’en vient », assure Étienne Barry.

En attendant, on pourra les attraper à la septième édition de la Ligue Rock qui se tiendra du 21 février au 10 mars, à Montréal, Terrebonne, St-Hyacinthe et Québec. Au Théâtre du Vieux-Terrbonne, ça se passe les 22 février, 1er et 8 mars.

Pour tous les détails, rendez-vous sur le site officiel de la Ligue Rock.

Pour se procurer des billets pour le spectacle de Les Deuxluxes le 22 février prochain, c’est par ici!


*Cet article a été produit en collaboration avec la SODECT.

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