Lou-Adriane Cassidy
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Entrevue avec Lou-Adriane Cassidy | Un talent enfin prêt à éclore

C’est la sensation de ce début d’année! Participante à l’émission La Voix en 2016 et finaliste aux dernières Francouvertes ainsi qu’au Festival international de la chanson de Granby, Lou-Adriane Cassidy a pris le temps nécessaire pour réaliser en ce début d’année « C’est la fin du monde à tous les jours » (Grosse Boîte)Un premier album studio dans lequel l’artiste se dévoile, avec réussite, sur une douce musique aux textes profonds… et personnels.

« J’avais quand même hâte d’avoir un regard extérieur, parce que ça fait longtemps qu’il est fini », souligne d’emblée la jeune femme de 21 ans, heureuse de ce premier essai paru le 8 février dernier. Plus d’une année après la publication en ligne du single Ça va, Ça va, la Québécoise se réjouit aujourd’hui de présenter un son qu’elle recherchait depuis longtemps. « J’ai vraiment l’impression que ça a évolué, et le fait de passer au travers d’une chanson m’a permis de comprendre ce que je voulais ou pas pour l’album. »

Un premier album à la voix de velours

Baignée dans la chanson française et québécoise durant son enfance, Lou-Adriane Cassidy s’est entourée de musiciens épatants (Philippe Brault, Vincent Gagnon), mais surtout de Simon Pedneault (Tire le coyote, Gabrielle Shonk) pour co-réaliser un album à l’image de cette inconditionnelle de Gainsbourg. « On a travaillé depuis le début en étroite collaboration. Simon a vraiment été un appui et un support constant et m’a beaucoup apporté dans le sens où j’ai toujours voulu faire un album, mais je ne savais pas nécessairement quand. C’est un peu lui qui m’a poussé à le faire, pis là j’ai dit « OK ». Et on l’a fait. ».

De son œuvre, l’artiste ne retient pas de chanson coup de cœur, malgré son affection pour Amour immature qui, à en juger les paroles, aborde une thématique généralement masculine d’un point de vue féminin. Offrant une orchestration recherchée derrière une voix de velours, C’est la fin à tous les jours est un disque au texte soigné, influencé par la chanson francophone, la pop seventies et le jazz, domaine que l’artiste a étudié. Et si son titre paraît peut-être mélancolique, c’est qu’il souligne un univers introspectif.

Tout l’album est un peu sombre, c’est beaucoup centré sur moi-même et mes problèmes. Avec le titre, j’avais une volonté d’ajouter un peu d’autodérision à l’album, de le ramener un peu plus vers la grande échelle et relativiser mes problèmes personnels en disant qu’on en a tous. C’est beaucoup ça : combattre mon côté drama-queen !

Et de considérer aussi qu’à ce jour, la conception de cet album reste pour l’artiste l’une de ses plus grandes fierté :

« J’ai énormément appris en prenant une place importante dans toutes les étapes, que ce soit le mix ou la prise de son. Simon a plus d’expérience en réalisation et dans le milieu de la musique en général. Ça m’a aidé à avoir des repères pour ne pas me sentir comme perdue et démunie là dedans, comme Bambi dans la forêt (rires). »

Des débuts prometteurs pour l’amie d’Hubert Lenoir

Perdue ou démunie, la fille de Paule-Andrée Cassidy ne l’a pas été longtemps dans sa jeune carrière. Participante à La Voix en 2016, elle rejoint l’équipe d’Eric Lapointe, artiste «  sensible et fin » qu’elle respecte vraiment, mais qui ne partage pas les mêmes goûts musicaux. Étape importante et assumée qui a construit les fondations de son projet, Lou-Adriane Cassidy s’écarte toutefois de ce milieu écarlate à la sortie de l’émission, pour forger elle-même son propre parcours. « Je ne suis pas vraiment étampée La Voix, rassure-t-elle. Quand on me parle de mon parcours, on le mentionne parmi d’autres choses que j’ai faites ». En effet, sa carrière avance en accéléré depuis deux ans, entre une tournée avec Hubert Lenoir et des participations acclamées à divers tremplins musicaux (Granby, Petite-Vallée et Francouvertes).

« Ma musique ne représente pas du tout comment je suis dans la vie quotidienne. Je suis au contraire plus explosée et extrême », assure Lou-Adriane Cassidy. Il est vrai que le public a pu découvrir l’énergie vivace de la musicienne lorsqu’elle assurait ces derniers mois les chœurs aux côtés de son ami Hubert Lenoir. Pourtant, la native de Québec se dévoile en solo dans un tout autre registre.

« J’aime les montagnes russes super émotives »

Sur scène, Lou-Adriane Cassidy envoûte le public par son talent naturel couplé d’une assurance pleine, comme lors de la dernière édition des Francos où elle fit sensation. En spectacle, la jeune femme ne reproduit pas l’exactitude des enregistrements mais cherche plutôt à surprendre par une série de nuances. « J’aime les montagnes russes super émotives, que ce soit doux puis que ça explose ». Emprunt d’une sensibilité marquée par sa musique introspective, Lou-Adriane Cassidy se délecte de vivre l’instant sur les planches d’une autre manière.

« J’ai le goût d’être posée, de catalyser toute cette énergie et la rendre en un seul rayon pour ne pas être dispersée. Je ne pense pas qu’un projet personnel est sensé être l’exacte représentation de ce que l’on est dans la vie. Je trouve ça le fun de toucher à ces deux extrêmes-là. »

Et si le studio permet évidemment de prendre du temps pour expérimenter, la scène dégage quant à elle quelque chose d’unique selon ses dires : « C’est une énergie que l’on n’a jamais ailleurs, le seul endroit où l’on vit cette décharge là. ».

Aux Francouvertes, photo par Loïc Fortin

Lou-Adriane Cassidy présentera son premier album à travers la province ces prochains mois, notamment le 3 avril chez elle, au Grand Théâtre de Québec, dans une ville en pleine « effervescence [et] qui est en train d’exploser ». L’artiste lancera aussi C’est la fin du monde à tous les jours dans la mythique Sala Rossa le 4 avril à Montréal.

Elle fera également partie des artistes participant à l’hommage à Félix Leclerc en compagnie de l’OSM les 13 et 14 novembre 2019.

Plus d’informations sur sa page d’artiste chez Grosse Boîte.

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