Mélanie Venditti
Entrevue Publié le
  • Léa Viens Rédaction Stagiaire à la rédaction

Entrevue avec Mélanie Venditti | Les départs au bon moment

Après avoir sorti 4 EP entre 2017 et 2019, la musicienne Mélanie Venditti sort son premier album complet, Épitaphes. Rencontre avec l’artiste à la voix douce, au caractère fonceur et au background éclectique.

Grandir avec la musique

Musicienne classique de formation, Mélanie Venditti a plusieurs années de pratique derrière son archet. Elle commence le violon à ses 6 ans et fait l’école primaire et secondaire en concentration musique, ce qui la mène, à l’adolescence, à vouloir explorer autre chose. « Le background classique est toujours resté, mais vers 14 ou 15 ans, je suis allée m’acheter une guitare; j’avais envie de faire de la musique de façon non cérébrale, de jouer juste pour le plaisir. Je suis allée voir un professeur et je lui ai dit que je voulais jouer du Weezer, les White Stripes, Radiohead ».

Comme la jeune Mélanie possède déjà beaucoup de connaissances musicales, son professeur voit sa nouvelle élève comme un terreau fertile, à qui il s’empresse d’enseigner des accords jazz, loin de ce qu’elle souhaitait acquérir comme expertise. « Ça m’a déçue, je me suis dit que j’allais arrêter parce que ce n’était pas ça que je voulais faire. Finalement, après coup, je me suis développé de façon autodidacte à la guitare, et c’est là que j’ai commencé à aimer ça », raconte-t-elle.

Mais l’envie de se lancer dans une carrière solo prend un moment à germer dans la tête de la jeune femme, qui accompagne des musiciens sur scène avec son violon alto pendant plusieurs années. « J’écris des chansons depuis vraiment longtemps, mais je n’osais pas me lancer quand je jouais avec des gens parce que j’avais le syndrome de l’imposteur. Je viens de la musique classique, alors, pour moi un chanteur, c’est quelqu’un qui a forcément étudié là-dedans. Donc je me disais que moi, je n’étais pas une chanteuse », se remémore-t-elle. L’évolution de musicienne accompagnatrice à musicienne solo ne s’est donc pas faite du jour au lendemain, mais la cassure se situe peut-être, selon elle, lors de la sortie de son premier EP officiel, Sans Titre (2017), en marge de sa participation aux Francouvertes.

Melanie Venditti lors des Francouvertes 2017. Photo par Shanti Loiselle.

Un album long-métrage

Le premier album complet de Mélanie Venditti, élégamment intitulé Épitaphes, est disponible depuis hier. L’opus, qui mélange des sonorités indie, prog, grunge et pop propose un format original, à l’image du parcours de la musicienne, et se présente comme une longue histoire sur une trame sonore de 45 minutes. « Ma mère est décédée, et en même temps, je vivais un deuil amoureux. Donc sur l’album, c’est comme deux deuils qui se chevauchent dans des thèmes littéraires et musicaux qui se répètent », explique l’artiste. Toutes les chansons ont également été composées dans un ordre prédéfini, et Venditti connaissait l’ordre des chansons dès qu’elle est entrée en studio, ce qui en fait un album très conceptuel.

« Toutes les chansons sont reliées, sauf peut-être les deux premières chansons, qui sont un peu plus comme une introduction. Dans la deuxième chanson, je demande à quelqu’un de m’appeler, et finalement, dans la troisième, je reçois un appel de quelqu’un d’autre, et je dirais que c’est ça, l’évènement déclencheur. Il y a même une chanson qui s’appelle Comme un film sur l’album. Je le vois vraiment comme un long-métrage, et c’est pour ça que ça sort en une trame complète. À ce qui parait, ça a même été difficile pour Spotify d’utiliser ce format-là », ajoute la jeune femme en riant.

Saisir les opportunités

Pour la musicienne et son équipe, qui évoluent avec un budget modeste, il est parfois difficile de planifier des projets à long terme; d’un autre côté, cette spontanéité obligée comporte aussi des avantages. « Le clip pour de Les départs en retards, réalisé par Cassandre Émanuel, c’est un bon exemple. On s’était déjà dit qu’on voulait travailler ensemble, mais je n’avais aucun budget. À un certain moment, elle nous a appelé parce qu’elle avait une location de super bon matériel pour un tournage. Elle devait le rendre lundi, et son tournage était samedi, rigole l’artiste. Donc on a tourné le clip dans la nuit de dimanche, et je n’ai pas vraiment eu à payer pour l’équipement comme elle l’avait déjà avec elle. Ça a été un tournage à super petit budget avec une belle équipe, et on est super contents du résultat », conclue-t-elle.

Mélanie Venditti sera en plateau double avec Laurence-Anne le 24 mai prochain au Théâtre du Marais de Val-Morin. D’autres spectacles seront sans doute ajoutés sous peu… Consultez sa page Facebook pour plus d’infos.

Mélanie répond à notre questionnaire éclair :

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