Moonfruits
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Entrevue avec Moonfruits | La clé du bilinguisme

Le duo folk Moonfruits s’apprête à conquérir le Canada d’est en ouest pour présenter son album Ste-Quequepart, second en carrière, mais premier opus francophone pour la formation bilingue. Francophones, anglophones et allophones sont séduits, Alex Millaire et Kaitlin Milroy nous expliquent pourquoi.

« On est un couple sur scène et dans la vie qui forme un groupe de folk bilingue basé à Ottawa. Les forces du groupe sont nos harmonies et notre imaginaire. » Description simple mais tout à fait fidèle à ce qu’est véritablement Moonfruits, et le second album du groupe, Ste-Quequepart, en témoigne très bien. Il faut dire que les harmonies du groupe ont toujours su témoigner de la chimie sans faille du duo, et leur situation géographique font d’eux des conquérants exemplaires pour charmer le Québec et l’Ontario. « On est parfaitement situé pour tous nos trajets. Sudbury, c’est pas si loin, on peut rapidement aller dans le sud de la province aussi, et on est super proche du Québec », souligne Kaitlin Milroy.

En 2014, le groupe nous a mis la puce à l’oreille avec Début, un premier album anglophone inspiré des rues d’Europe sur lequel est démontrée avec brio la richesse que peuvent avoir deux voix et une guitare. L’opus les cerne automatiquement comme groupe accessible, chaleureux, et charme les auditeurs des quatre coins du pays. Ils ont alors fait pleuvoir les prix et les participations aux festivals du Québec et de l’Ontario.

Francophone et francophile

Le couple se décrit comme « franco-ontariens-francophiles ». Il était donc tout à fait logique pour eux de tenter leur coup dans la langue de Molière pour leur deuxième effort. « C’est comme ça que c’est sorti, en fait, raconte la chanteuse. On s’était donné le défi, mais c’était tellement naturel pour nous de créer des messages, des images dans la langue française. »

Moonfruits s’apprête à prendre la route et n’est pas inquiet de faire voyager Ste-Quequepart ailleurs que dans les communautés francophones canadiennes. « Le spectacle de Ste-Quequepart a été travaillé pour qu’on raconte une histoire par chanson, explique Alex Millaire. Lorsqu’on joue pour un public anglophone, les histoires sont en anglais, mais les chansons demeurent en français. Ayant misé autant sur la qualité des textes que les arrangements sur l’album, musicalement ça se tient bien, donc je pense qu’on arrive à rejoindre le public sur un niveau à la fois émotif et musical. »

« C’est intéressant de voir comment ça peut toucher les gens qui ne sont peut-être pas le public cible évident. » – Kaitlin Milroy

Le groupe est conscient de la chance et l’aisance qu’ils ont d’avoir toutes les portes du Canada ouvertes à eux, mais est confiant que le secret de leur conquête nationale réussie va beaucoup plus loin. « L’ouverture sur les deux langues nous permet peut-être de rejoindre plus de monde de façon concrète, mais c’est la musique et la prestation live qui touche le plus. » La chanteuse n’a pas tort, il n’y a qu’à les voir interagir ensemble sur scène.

Le duo cite même en exemple l’un de leurs bands favoris, issu de l’Islande, Sigur Rós. « L’islandais n’est pas énormément parlé, pourtant c’est un groupe qui tourne partout. C’est très inspirant, pour nous. Si ton intention est basée sur l’auditeur, en principe ça devrait aller le rejoindre. »

Conquête provinciale

En Ontario, Moonfruits s’arrêtera à Kingston, Orléans, Sudbury, Alexandria et Hamilton en début février. La tournée sera ensuite bonifiée de dates pancanadiennes qui seront annoncées le 29 janvier prochain. Le plus grand souhait de la formation ottavienne serait de se produire dans chacune des provinces canadiennes.

Pour eux, bien que chaque province est différente, chacune d’entre elles leur offre un accueil chaleureux à tout coup. C’est toutefois avec le Nouveau-Brunswick qu’ils entretiennent la relation la plus spéciale. « Ce qu’on adore, c’est leur ouverture par rapport au français et l’anglais. On n’a pas à se poser la question: on peut parler dans une langue ou dans l’autre et ça passe toujours bien », raconte le chanteur.

Au retour à la maison l’été prochain, Moonfruits tombera en mode création. Ils travailleront notamment sur des projets vidéo pour Ste-Quequepart, en plus de nouvelles compositions — certaines qu’ils tenteront même sur la route ce printemps — mais ils ne savent pas encore totalement quelle direction elles prendront sur leur troisième album. Un album bilingue peut-être? « Je ne dirais pas non, mais je ne dirais pas oui non plus, hésite Kaitlin Milroy. Je n’aime pas trop tailler l’album avant que ça se manifeste. C’est important, je pense, de laisser le processus créatif amener l’artiste là où il doit aller. C’est comme ça qu’on arrive à rejoindre le plus de monde : on ne se laisse pas se limiter dans notre imagination.  »

Dates de tournée ontariennes

KINGSTON – 1 février 2018
ORLÉANS – 2 février 2018
SUDBURY – 3 février 2018
ALEXANDRIA – 9 février 2018
HAMILTON – 13 février 2018
HAMILTON – 17 février 2018

Plus de détails par ici.

Les dates de tournées du reste du Canada seront annoncées dès le 29 janvier sur le site officiel de Moonfruits, par ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec Réseau Ontario.
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