Orelsan
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Entrevue avec Orelsan | Patron incontesté du rap en France

À l’occasion de son passage au Québec (à l’Impérial Bell de Québec le 19 septembre, ainsi qu’au MTELUS les 21 et 22 septembre prochains), le rappeur français a accordé un peu de son temps à la rédaction de Sors-tu.ca pour évoquer son succès, la sortie de son dernier album et sa venue au Québec. Rencontre avec un artiste qui brise les clichés de la sphère hip-hop.

Âgé de 36 ans et originaire de Caen, Orelsan est devenu en l’espace de quelques années, un incontournable, non seulement de la scène rap française mais plus généralement du paysage musical de l’hexagone.

La fête est finie

Encore assez méconnu du public québécois, Orelsan vient défendre son troisième album intitulé La fête est finie. Sorti l’année dernière, cet opus a remporté un vif succès, et s’est vu sacré plusieurs fois disque platine tandis que son auteur a reçu pas moins de trois Victoires de la musique. Depuis, l’artiste cumule les concerts partout en Europe et bientôt au Québec.

« Je suis super content », déclare Aurélien Cotentin de son vrai nom lorsqu’on lui demande ce qu’il ressent à propos de tout ça. Le sentiment est sincère et on peut l’entendre sourire depuis le téléphone. Propulsé par son dernier album Le chant des sirènes et notamment le titre La terre est ronde, Orelsan confirme ses talents d’auteur dans ce nouvel album. « T’as l’impression que t’as tout dit, explique le rappeur. Mais finalement, tu te mets à gratter des petites lignes par-ci par-là et puis tu te rends compte que tu as encore des choses à dire. »

Mais si on avait laissé un jeune adulte en proie à ses doutes, ses démons intérieurs et sa colère envers la société, c’est aujourd’hui un homme affirmé et confiant que l’on retrouve derrière le micro. « Sur cet album, j’évoque le passage à l’âge adulte avec par exemple le titre éponyme La fête est finie et j’exprime mes convictions dans des pièces comme Basique, raconte Orelsan. Mais le titre fait aussi référence au désenchantement (Tout va bien) qu’on peut ressentir par rapport à la société actuelle. En tout cas, j’aime bien les expressions toutes faites comme titre, ça permet plusieurs interprétations suivant sur quel ton elles sont lues ou prononcées. »

* Photo par Jean Counet.

Rappeur de classe moyenne

Comme mentionné plus haut, Orelsan vient de Caen, une petite ville de cent mille habitants du nord de la France. Une ville normale de province, comme il y en a des centaines et où l’ennui fait partie du quotidien. « C’est sûr que c’était moins facile que d’être à Paris ou Marseille pour débuter dans le rap », concède le rappeur.

Mais de cette faiblesse, il en a fait une force car Orelsan est aujourd’hui le représentant d’une scène rap en marge des clichés de la banlieue et de sa violence. Le jeune rappeur évoquait à l’époque le quotidien de la classe moyenne française qui souffre, qui s’ennuie, qui se questionne beaucoup. « Tous les rappeurs dont j’étais fan à l’époque ne parlaient pas de ces choses-là. Alors j’ai eu envie de raconter mes propres histoires, les fêtes pourries, les heures à traîner dans des galeries marchandes, le chômage etc. » De nombreux jeunes de villes moyennes française se sont alors reconnus dans ses textes. « Je pense qu’on a tous des histoires à raconter, et qu’elles vaillent la peine d’être entendues. »

* Photo par Jean Counet.

De retour au Québec

Le passage de l’artiste à la fin du mois ne sera pas son premier au Québec car celui-ci s’était déjà produit au Club Soda en 2012 dans le cadre des Francos (les « FrancoFolies » à l’époque). « J’adore vraiment le Québec! Je garde un très bon souvenir de mon premier passage et j’y suis même retourné en vacances et à toutes les saisons. » (Alors forcément on a un peu parlé du temps et de l’hiver).

D’ailleurs le prodige du hip-hop français s’intéresse pas mal à la scène rap québécoise. « J’aime beaucoup Loud et Koriass, par exemple, ça bouge beaucoup à Montréal, il y a beaucoup d’artistes qui émergent et c’est pas toujours facile à suivre depuis la France. »

Et si tu étais riche ? Mais genre super riche ?

À la fin de l’entrevue, je n’ai pas pu m’empêcher de lui poser cette question, issue d’un gag de la mini-série Bloqués et devenue un véritable gimmick en France, dans laquelle le rappeur (en plus de participer à l’écriture) occupait un rôle au coté de son compère Gringe. « Honnêtement, je sais pas, répond Orelsan dans un éclat de rire. »

Un jet privé pour venir à Montréal peut-être ? « Non, seulement un billet en business class à la limite. »

Encore une preuve, s’il en fallait une de plus, de la grande humilité et du professionnalisme du sympathique rappeur. Autant de qualités qui font la marque des grands artistes.

Orelsan sera en spectacle le 19 septembre à l’Impérial Bell (le concert affiche toutefois complet!), ainsi que les 21 et 22 septembre au MTELUS (il reste quelques billets pour le 22 septembre par ici).


* Cet article a été produit en collaboration avec evenko.

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