Entrevue avec Sarah Toussaint-Léveillé | Originalité et liberté

Sors-tu.ca a eu l’occasion d’avoir une petite conversation téléphonique avec Sarah Toussaint-Léveillé, qui a sorti son premier album La Mal Lunée fin 2012. Actuellement en tournée un peu partout au Québec, la chanteuse prépare un deuxième album. Elle nous dévoile ici son parcours et ses envies.

De la musique dès le plus jeune âge

Sarah Toussaint Léveillé est encore jeune, et pour cause elle s’est fait connaître en partie grâce au grand prix à CÉGEP en Spectacle en 2008.

Son père, l’humoriste François Léveillé, a fait un peu de musique avant de se lancer dans le comique. Sarah a toujours été bercée par la musique, même si elle n’envisageait pas d’en faire sa carrière. « La musique a toujours fait partie de ma famille, surtout du côté de mon père. J’ai été initiée assez jeune, j’ai commencé par jouer de la batterie à 10 ans mais je ne pensais pas faire ça de ma vie du tout. »

Sa participation au CÉGEP en Spectacle peut sembler assez inattendue, mais Sarah explique pourquoi elle a choisi de tenter sa chance. « C’était un défi personnel. J’étais super timide et je sentais que j’avais besoin de briser ma peur de la scène. C’était pour le plaisir, peu de gens savaient que je faisais de la musique, c’était drôle. » L’auteur-compositrice interprète avait en effet commencé à écrire des textes depuis l’âge de 15 ans.

 

De multiples influences pour un premier album éclaté

Quand on demande à Sarah Toussaint-Léveillé de décrire son style musical, celle-ci nous répond qu’il est très divers, même si on y ressent une base folk. Rien n’est figé dans les choix musicaux de Sarah, qui se dit inspirée par de nombreux artistes qui n’ont pas de censure.

Cette diversité se ressent dans le premier album de la chanteuse La Mal Lunée, qui le décrit d’ailleurs elle-même comme quelque chose d’assez éclaté. « Le premier album n’était pas particulièrement conceptuel, il n’y avait pas une inspiration précise, c’était plus un tas de chansons que j’avais envie de graver sur quelque chose pour passer à une autre étape. C’est une drôle façon de penser pour un premier album ! ».

En effet, Sarah n’avait au départ pas vraiment idée de faire une carrière dans la musique, et allait au fil de l’eau, selon ce qui venait. Elle s’est retrouvée à enregistrer son premier album un peu par hasard. « Je me suis rendue compte que j’avais des chansons puis je voulais travailler avec Benoit Morier que j’avais rencontré à Petite-Vallée. C’était un beau trip, je ne me suis pas posée beaucoup de questions, c’était très naïf et spontané. C’est seulement à la sortie que j’ai réalisé que c’était risqué. »

Un album fictif

Sur La Mal Lunée, on retrouve différents styles et également différents états d’âme. Entre humour, mélancolie et bonne humeur, Sarah Toussaint-Léveillé fait vivre de nombreuses émotions aux auditeurs. Ce côté très hétéroclite n’est pourtant pas un reflet de ce qu’est la chanteuse. « C’est sûr que c’est toujours une partie de nous, mais ce n’est pas un album autobiographique. C’est plein d’états d’esprit différents, surtout que j’étais jeune. Et quand t’es jeune, tu écris un peu au hasard. »

 

Des projets originaux

Sarah Toussaint-Léveillé a rencontré Alexandre Blais, un ami de son père, qui est devenu son contrebassiste et l’accompagne en tournée. Cette rencontre qui selon Sarah a été « un coup de cœur amical et musical »  a ainsi mené à un projet de vidéos « Clip Boboche ».

Ainsi le but du projet est que les deux musiciens créent un morceau en une journée !  « Un jour, Alex a débarqué avec sa guitare, il a commencé à jouer un riff et moi j’ai sorti des textes. On s’est rendu compte qu’on faisait une chanson pas si pire, selon nous, puis finalement on l’a enregistrée en une journée. On l’a mis en ligne dans un clip boboche, enregistré avec une webcam. On était contents, on a continué car ça nous a mis une sorte d’adrénaline, on s’est dit qu’on pouvait faire des trucs sympas rapidement, et  pour le plaisir de se mettre en danger. »

L’artiste a également proposé dans certains de ses spectacles des improvisations sur des poèmes de son arrière-arrière-grand-père, qui n’est autre que le poète Pamphile Le May. « Je ne savais pas que c’était un poète établi dans l’histoire de la poésie québécoise, et quand je suis arrivée à mon cours de corpus québécois, je me suis rendue compte que mon prof l’avait cité. Du coup des fois je m’amuse, je sors des cahiers de poésie, et j’improvise sur des poèmes. »

 

Une grande tournée et l’envie d’être plus reconnue au Québec

Sarah Toussaint-Léveillé a entamé depuis le début de cette année 2014 une tournée de plus de 60 dates jusqu’au printemps prochain. Grâce aux Entrées en Scène Loto Québec, l’artiste a pu profiter d’un soutien pour sa tournée au Québec. « C’est vraiment un coup de pouce de sentir qu’on ne fait pas que donner du jus. On a l’impression parfois de payer pour faire un métier, donc je suis chanceuse. »

La jeune artiste aime beaucoup la scène et elle a envie rencontrer les gens pour pouvoir partager ce qu’elle fait avec eux.  « C’est vraiment un échange, et c’est une sorte de défi. Tu doutes à chaque fois avant d’entrer sur scène. Moi je fais ça car j’aime les gens, j’aime l’énergie dans les spectacles. »

Sarah Toussaint-Léveillé aimerait voyager grâce à sa musique pour découvrir de nouveaux endroits, mais elle souhaiterait avant tout avoir plus d’audience au Québec sans toutefois y dépenser toute son énergie et sa fatiguer. « Je pense qu’au Québec on gagnerait à exposer plus d’artistes de la relève. J’ai l’impression qu’on privilégie plus des artistes de La Voix ou Star Académie. Je dis ça avec la naïveté d’une personne qui ne s’est pas encore essoufflée en essayant de convaincre les gens que ça vaut la peine. »

 

Un deuxième album en vue et une volonté de liberté

L’artiste québécoise est en train de travailler sur son deuxième album, qui sera différent selon elle. Elle arrive à trouver du temps pendant la tournée pour écrire. Malheureusement, elle ne sait pas encore quand il sortira mais nous a dit en riant.: « Mon but c’est qu’il sorte pas trop tard dans la vie. »

Quand on lui demande ce qu’elle désire le plus, Sarah Toussaint-Léveillé répond : « je rêve tout simplement de rester libre dans ce que je fais, c’est la chose la plus importante et la plus difficile. Apprendre à dire non quand il faut, à dire oui quand ça vaut la peine. »

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