Serge Yvan Bourque
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Entrevue avec Serge Yvan Bourque : Humoriste humaniste et ancien étudiant du CASE

Le CASE (Carrefour des arts de la scène et de l’entrepreneuriat) offre des formations conçues pour acquérir des notions particulières quant à l’objectif de vivre de son art. Sors-tu.ca s’est entretenu avec un finissant de la cohorte la plus récente, Serge Yvan Bourque, un humoriste tout d’abord détenteur d’un baccalauréat en psychosociologie. Entretien avec un spécimen rare, qui mêle les rires au sérieux et la lumière à l’ombre.

Une «  bébitte  » particulière

On pourrait qualifier Serge Yvan Bourque d’« humoriste humaniste », étant diplômé en psychosociologie et aussi de l’École nationale de l’humour. Inspiré par les relations humaines, il a écrit quatre one-man shows en dix ans. Il laisse aussi sa marque en Europe, en y ayant joué plus d’une centaine de spectacles et gagnant notamment le Prix du jury au Festival du rire d’Yssingeaux (France). Serge Yvan Bourque a aussi animé pendant quatre ans des soirées hebdomadaires à Montréal, et est présentement à la barre des soirées mensuelles MicrobrasseRire dans l’Est du Québec.

D’emblée, l’humoriste explique la différence entre psychologie et psychosociologie, cette dernière s’appliquant plus à l’accompagnement du changement dans de petits groupes plutôt qu’auprès de l’individu. « Par exemple, l’intervention se fait à travers des cercles de parole, des projets pour défendre les droits des gens ou pour transformer leurs situations. »

Il aime prendre des sujets lourds et les rendre légers. « C’est un peu ma mission de provoquer un éveil chez les gens, parce que j’essaie d’avoir un contenu qui les déstabilise et qui les touche, ou encore qui les fait réfléchir. Ma quête n’est pas juste de divertir, mais d’amener les gens vers un changement. J’aime bien mettre de la lumière où il y a de l’ombre. Je me définis comme un fervent combattant des sujets lourds. Je suis une bébitte particulière, qui voit la beauté dans la laideur. » Il possède aussi une dose inestimable d’altruisme, ayant accueilli chez lui un itinérant lors d’une froide soirée d’hiver. Il a fait ce geste « avec beaucoup de candeur et de naïveté », mais aussi à cause de son hypersensibilité. Cette situation lui a d’ailleurs inspiré son dernier spectacle Réal, un conte urbain qu’il qualifie de tragi-comique.

Serge Yvan Bourque, photo par Jerome Bertrand Studio

Le CASE: une formation qui transforme

Lors de son expérience au CASE, Serge Yvan Bourque a fait le cours Représentation et production artistique. Il a d’ailleurs terminé en juillet dernier: « C’est encore tout frais, mais je peux déjà constater tous les impacts concrets que cette formation a créés sur ma vie. Ce fut très positif dans mon parcours. Je suis au début de quelque chose qui me dépasse. Le cours a donné plus de confiance en l’artiste que je suis », précise-t-il. L’humoriste mentionne que c’est « une formation qui transforme. »

Il a entre autres beaucoup apprécié les trois volets suivants: gestion de temps, réseautage et identité d’artiste. Concernant le premier module, il relate à quel point le CASE l’a aidé dans la recherche d’équillibre entre son esprit artistique et son côté plus cartésien. « Entre autres, on revoit la relation que l’on a avec le temps. C’est vraiment venu me chercher. J’ai dû revoir comment je fonctionnais, mais cela m’a aussi beaucoup libéré. J’ai pu me concentrer sur l’essentiel. Ça enlève beaucoup de pression! »

En ce qui a lien au réseautage, il dit que les notions apprises ont permis de détruire certaines réticences qu’il avait concernant les relations de presse en général. « Je croyais que c’était lourd, mais au final, tout est vraiment une question d’échange entre les gens. Un réseau, c’est une ressource vraiment précieuse. Toutes ces rencontres et ces hasards sont fascinants. » Pour ce qui est de son identité en tant qu’artiste, il parle de l’importance de bien cerner qui on est, mais aussi de comprendre ce qu’on émane et de tenter de voir la perception que les gens ont de nous. « On est des vecteurs de liberté, après tout, il faut avoir conscience de ce qu’on projette! »

S’accomplir pleinement, plutôt que plaire à la majorité

Et pourquoi aller suivre cette formation? Suite à un de ses spectacles, une connaissance lui a dit qu’avec un tel calibre, c’était incompréhensible qu’il soit inconnu. Celle-ci lui a donc suggéré de s’inscrire au CASE, ce que Serge Yvan Bourque a pu faire à temps pour la cohorte qui débutait alors (fin de février). « Je tiens à préciser que le prix est ridiculement bas. On peut aussi avoir des prêts et bourses, alors c’est encourageant! D’ailleurs, je suggère ce cours à des artistes qui ont déjà une réflexion poussée sur leur carrière », précise-t-il.

Pour finir, il cite des paroles de son formateur, Hubert Mansion: « Quand le besoin d’accomplissement dépasse celui d’approbation, c’est ça, la liberté ». Effectivement, pourquoi vouloir plaire à la majorité, plutôt que de se réaliser? « Je dis souvent qu’à défaut de bien gagner ma vie, je la réussis! », raconte-t-il en riant. « On porte tous quelque chose de précieux que l’on doit montrer au monde. »

L’humoriste sera rodage le 9 octobre prochain à la Comédie de Montréal, pour des spectacles qu’il présentera bientôt en France. À ne pas manquer! Pour avoir plus d’informations sur les formations du CASE, offertes par la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys au CFP des Carrefours, c’est par ici.


* Cet article a été rédigé en collaboration avec le Carrefour des Arts de la Scène et de l’Entrepreneuriat (CASE)
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