Cat Empire
Entrevue Publié le

Entrevue avec The Cat Empire | Réflexions sur le passé, le présent et le futur teintées d’humour

A l’occasion de son passage au Québec pour 4 concerts, Felix Riebl, chanteur et percussionniste de The Cat Empire, a répondu aux questions de Sors-tu.ca. Le rapport privilégié du groupe à Montréal, le dernier album Steal The Light, sa carrière et les projets futurs… Des sujets auxquels Felix Riebl a répondu avec, à certains moments, un humour bien trempé. 

Courtoisie de The Cat Empire

Courtoisie de The Cat Empire

Sors-tu.ca : Vous venez à Montréal pour 2 concerts. Vous devez être contents de revenir ici ?

Felix Riebl : Oui, bien sûr, on est vraiment content de revenir à Montréal. C’est devenu l’une des villes qui nous rend excités à l’idée de venir quand on regarde notre calendrier. On a joué de gros concerts extérieurs ici, comme des endroits très intimes. En plus, on s’est fait des amis proches au fil des années, donc ça nous donne aussi du bon temps à passer en dehors des concerts.

 

Sors-tu.ca : Vous avez une relation particulière avec Montréal. Avez-vous une explication à ce drôle de lien que vous avez avec cette ville, et les habitants de celle-ci?

Felix Riebl  : Le premier lien est venu lors d’une de nos premières tournées quand on donnait des concerts aux Etats-Unis juste à côté de la frontière. On pensait qu’il n’y aurait personne jusqu’à ce qu’un bus complet de Montréalais arrive, ce qui a rendu la soirée géniale. Le deuxième lien s’est fait  la première fois que nous avons joué à l’extérieur pour le Festival de Jazz. On a fait deux concerts devant une foule de gens qui ne nous connaissait pas, et après cela, ça nous a donné l’impression d’avoir été présentés au coeur de la ville. Depuis ce moment, cela a toujours été un moment spécial pour nous.

 

Sors-tu.ca : Vous passez beaucoup de temps sur scène et en tournée, vous n’êtes pas fatigués ? Je suppose que vous devez parfois avoir envie de vous reposer ?

Felix Riebl  : C’est sûr que c’est fatiguant. Mais c’est aussi fatiguant de faire des choses ennuyantes. C’est possible aussi de se lasser de faire quelque chose qui nous plaît, si on la chance de pouvoir le faire. Parfois au milieu des sons chaotiques, il y a des moments qui sont assez relaxants, ceux qui, pour moi, sont les meilleurs.

Sors-tu.ca : Cela fait plus de 15 ans maintenant que The Cat Empire existe, avez-vous toujours la même énergie qu’au début ?

Felix Riebl  : Je pense que la prestation est toujours aussi énergique. Et maintenant que tu le dis, je pense que Steal The Light, et les nouvelles chansons sur lesquelles on travaille, ont un super esprit pour les shows aussi. Je ne pense pas bouger autant sur la scène que je le faisais auparavant, mais je crois que c’est compensé par l’expérience, qui ressort dans ma voix et aussi dans les nouvelles chansons.

 

Sors-tu.ca : Vous devez avoir des choses que vous pensez pouvoir réaliser aujourd’hui grâce à votre succès et que vous ne pouviez faire auparavant. Quelles seraient-elles ?

Felix Riebl  : J’ai vraiment appris à interagir avec les gens, socialement parlant, dans les médias, pendant la tournée, je pense que je me sens mieux dans ma peau maintenant. Je ne ressens plus le besoin d’expliquer autant les choses que je le faisais avant. J’ai aussi évolué dans l’écriture des chansons, je ne suis plus aussi attaché aux grandes idées qu’auparavant, je préférerais être surpris par une chanson, ou être prêt à en abandonner une si elle n’est pas assez convenable.

 

Courtoisie de The Cat Empire

Courtoisie de The Cat Empire

Sors-tu.ca : Vous avez sorti 9 albums en 15 ans. Pourrions-nous dire que vous êtes un groupe très prolifique ! D’où vient toute cette inspiration ?

Felix Riebl  : L’inspiration se nourrit d’elle-même dans beaucoup de cas. Avoir du succès aide aussi à gagner en confiance, et la confiance aide à prendre des risques avec certaines idées. Je pense que le lointain souvenir d’avoir joué devant des publics est bon pour écrire des chansons, surtout les chansons « de festivals » sur lesquelles The Cat Empire s’est fait la main.

 

Sors-tu.ca  : Vous êtiez, il y a peu, en studio pour enregistrer de nouvelles chansons. Que peut-on attendre de celles-ci ? Quand est ce que votre prochain album sortira ?

Felix Riebl : Les nouvelles chansons sonnent vraiment bien ! Nous n’avons pas encore fini d’enregistrer, mais quand ça le sera on pourra annoncer une date de sortie. On garde l’esprit ouvert sur ce qui pourrait changer, donc pour le moment on n’est pas encore sûrs, bien que ça sera un bon album !

 

Sors-tu.ca  : Comment vivez-vous le fait que vos albums studio ne peuvent retranscrire l’atmosphère incroyable que vous partagez sur scène ?

Felix Riebl  : Ça ne rendra jamais exactement la même chose. Parfois, enregistrer une chanson revient juste à montrer sa simplicité, donc ça prend une toute autre vie sur la scène. Parfois, comme ça a été le cas pour les albums les plus récents, on improvise beaucoup dans le studio, et ensuite on prend des fragments de ces jam-sessions pour en faire des chansons. Des fois c’est raté, et seulement les morceaux studio sonnent bien en concert. D’autres fois la chanson sonne très bien enregistrée et ça tombe à plat en live. C’est une danse incessante entre ces deux mondes.

Sors-tu.ca  : Globalement sur tous vos albums, vous partagez un univers joyeux et gai. Pourtant vous avez aussi des moments plus mélancoliques (comme sur Open Up Your Face sur votre dernier album Steal The Light). Pensez-vous que vous pouvez faire des chansons plus sombres et tristes sur un prochain album sans perdre votre identité spécifique ?

Felix Riebl  : J’essaie vraiment de ne pas trop m’attarder sur l’identité dans la musique, ou la nécessité d’associer une atmosphère particulière à un groupe. C’est un défi pour moi parce que j’écris des chansons très différentes par nature, et c’est difficile de ne pas se sentir écrasé par une notion d’un morceau. Etrangement, ça marche souvent si tu suis les idées avec une étincelle. Ensuite, le son s’entretient par lui-même et là il y a une possibilité d’être surpris par quelque chose qu’on écrit, et c’est une expérience bien plus intéressante.

 

Courtoisie de The Cat Empire

Courtoisie de The Cat Empire

Sors-tu.ca  : The Cat Empire est un des seuls groupes ayant autant de styles et d’influences musicales différentes. Comment expliqueriez-vous cette particularité ?

Felix Riebl : Nous avons toujours été curieux et ouverts sur beaucoup de styles différents. Nous avons beaucoup voyagé aussi ce qui nous a appris d’autres approches dans le jeu de musique. Et, un groupe est bien mieux défini par ses propres particularités que par ses sonorités apparentes de toute façon, du moins je pense. Ou peut-être que c’est juste que ça donne ce que ça donne quand on joue ensemble.

 

Sors-tu.ca  : Sur Steal The Light vous chantez aussi en espagnol, pourquoi ? Considériez-vous l’idée de chanter dans une autre langue que l’anglais ou l’espagnol ?

Felix Riebl : Oui, je chante très mal en espagnol… Je pense que les paroles sont vraiment limites aussi. Donc veuillez m’excuser tous les hispanisants ! J’aime chanter dans d’autres langues car à un moment la signification vient après les sonorités, et c’est cool.

Ça se passe comme ça en fait : je chante un peu de charabia, et mes amis hispanisants Christian et Cristina distinguent un sens très approximatif de ce que je raconte, et la chanson est construite ainsi. Je fais à peu près la même chose en anglais, sans l’aide de mes amis. (Excusez le jeu de mots). Harry chante en français parfois. Peut-être qu’un jour on chantera en allemand, le seul problème avec ça, c’est que ma compréhension de l’allemand est telle que je lui ferai perdre la magie du non-sens.

Sors-tu.ca : Pendant votre tournée en Australie, vous avez demandé à des musiciens de vous rejoindre sur scène pour jouer une de vos chansons avec vous. Allez-vous refaire cela pendant votre tournée nord-américaine ?

Felix Riebl : Je ne pense pas qu’on le fera activement pendant la tournée nord-américaine, mais il y aura peut-être des invités, qui sait ? C’était une idée d’Harry, on l’a fait en Australie. Ca a fini par lui donner beaucoup de travail, car il y avait beaucoup d’enregistrements à faire, bien que ça valait la peine, surtout pour jouer avec des musiciens talentueux.

 

Sors-tu.ca : Pour conclure, quel sera le mot-clé pour cette tournée nord-américaine ?

Felix Riebl : A la conférence de presse de la grande finale de l’Australian Football League l’année dernière, on a demandé au capitaine de mon équipe, Luke Hodge des Hawthorn Hawks, de donner un adjectif pour décrire comment il se sentait. Il a répondu quelque chose comme “Je suis de Colac camarade, on fait pas dans les adjectifs là-bas. » Dans cet esprit je dirais “Je viens d’Hawthorn camarade, on fait pas dans les mots-clés là-bas ! ».

 

The Cat Empire sera en spectacle les 10 et 11 avril au Métropolis de Montréal, le 13 avril au Théâtre Granada à Sherbrooke et le 15 à la Salle Albert-Rousseau à Québec.

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