Tire le coyote
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Entrevue avec Tire Le Coyote en Suisse | « Ça nous ramène un peu il y a cinq ou six ans au Québec »

Dans le cadre du Paléo Festival de Nyon 2019, Benoît Pinette, alias Tire le coyote, a été gâté par les circonstances. Jouant samedi dernier sur la scène du Dôme, il aura offert son aide à Stephan Eicher qui devait organiser, à minuit sur la Grande Scène, un spectacle improvisé quelques heures après l’annulation impromptue de Shaka Ponk. Entrevue avec un homme authentique qui profite de chaque instant que lui offre son métier depuis près de dix ans. 

C’est en effet en 2009 que sort son premier EP avant que soient publiés quatre albums, dont l’excellent Désherbage en 2017. Depuis, Tire le coyote est sur toutes les lèvres et génère un fort engouement sur la scène musicale québécoise. Mais rien n’était prédestiné à ce que sa carrière décolle afin qu’elle l’amène jusqu’ici, aux bords du Lac Léman. « Il est arrivé un moment où je ne pensais pas faire carrière en musique », souligne l’artiste né à Sherbrooke. « Je n’ai pas un projet musical qui a crée un quelconque buzz où je me suis retrouvé, tout à coup, sur toutes les tribunes. Ça s’est fait très lentement, il y a eu un certain bouche à oreille à chaque album. J’avais l’impression justement de faire ce que j’avais envie de faire. »

Revenir à la base des premières années

Si le Québec est désormais conquis par la folk intime que propose Tire le coyote, il reste du chemin à parcourir pour le musicien quand vient le moment de s’exporter en Europe, plus particulièrement en Suisse où il jouait pour la troisième fois de sa carrière dans le cadre du Paléo Festival. Les deux autres, c’était au festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec durant lequel il remporta un prix d’auteur-compositeur-interprète en 2016 :

C’est encore de la découverte, contrairement au Québec. J’ai l’impression que le côté folk plus américain de mes musiques a un côté plus exotique ici. Le fait de le faire en français c’était ça mon but en fait : de contextualiser mes racines de la musique folk américaine dans une réalité québécoise avec des textes plus poétiques et… québécois, justement.

© Paléo – Anne Colliard

 

Pour sa tournée estivale, qui se passe visiblement « très bien », il apparaît chez Benoît Pinette une forme d’anonymat européen qui ramène l’artiste vers une sensation quelque peu oubliée. « Ça nous ramène un peu il y a cinq ou six ans au Québec, où tout le monde découvrait ce que je faisais. On aurait tendance à penser qu’on trippe juste à jouer devant un public conquis, mais ce n’est pas le cas. C’est vraiment plaisant de revenir à la base, de voir quelle chanson va fonctionner ici. Elles sont toutes nouvelles pour le public », précise avec enthousiasme le trentenaire depuis sa loge, quelques heures avant le spectacle de Robert Charlebois, « une icône [qui] donne encore à son âge un spectacle incroyable ».

© Paléo – Anne Colliard

 

« Pousser son art, son style un peu plus loin »

Estimant être honoré de jouer avant l’illustre chanteur québécois de 75 ans, Tire le coyote peut légitimement considérer cette chance comme la conséquence d’un état d’esprit détaché, fort d’une authenticité qui l’a mené à jouer dans des salles affichant complet.

C’est toujours ça le défi en fait : c’est de pousser son art, son style un peu plus loin, mais aussi rester fidèle aux bases mêmes de ce qui fait que tu as commencé à faire ça. Si tu t’en éloignes trop, ça va paraître. Je pourrai sortir un album électro demain, mais probablement que je n’aurai pas envie d’aller le défendre parce que ce n’est pas moi

Pour son spectacle, Tire le coyote aura su rester lui-même, charmant la foule suisse du Dôme par sa musicalité singulière. Et cette année, le Paléo Festival pouvait sans nul doute compter sur un excellent représentant pour garnir sa programmation qui mettait à l’honneur le Québec.

N’hésitant pas à apporter son aide à Stephan Eicher en fin de soirée, Benoit Pinette, l’homme, se souviendra sûrement longtemps de son expérience à Nyon. « Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est l’accueil et l’ambiance qu’il y a sur le site. Je suis allé voir quelques spectacles hier [ndlr vendredi], puis il y a vraiment un public super. Le site est beau, les montagnes sont belles, les restos… C’est comme des petites vacances, parce qu’il y a vraiment comme quelque chose d’agréable et de particulier sur ce festival là. »

 

Notre balado de 15 minutes avec Tire le coyote :

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