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Entrevue avec Wilsen | Inspiration nocturne

Le premier album de la formation new yorkaise Wilsen, I Go Missing in My Sleep, paraîtra le 28 avril prochain et le trio ne peut pas être plus prêt. Wilsen nous transporte étape par étape de la production de la production de l’album à sa parution.

L’album a pris près d’un an à produire. Durant cette période, la chanteuse Tamsin Wilson, le bassiste Drew Arndt et le guitariste Johnny Simon Jr. se sont partagés les tâches d’enregistrement avec le producteur Ben Baptie. Ce dernier tient une liste assez impressionnante d’albums auxquels il a participé tels que Joanne de Lady Gaga, Long Way Home de Låpsley ou encore City Club de The Growlers, seulement cette année.

Étant donné l’horaire chargé et le déménagement soudain de Baptie en Grande-Bretagne, Wilsen a dû modeler son horaire d’enregistrement au sien pour profiter de chaque instant avec lui et ses judicieux conseils. « Travailler avec Ben Baptie était nouveau pour nous, et on a appris beaucoup, affirme Johnny Simon Jr. Garden est une des premières pièces que nous avons enregistré avec lui et juste voir son rythme en studio a donné le ton au reste du processus. Il nous a poussé et nous a aidé à nous pousser nous-mêmes. »

Les moments en studio servaient principalement à enregistrer les sections musicales puisque les paroles n’étaient pas encore écrites. Chacun a dû alors faire son travail de son côté. « On a pu terminer la plupart des overdubs à nos appartements respectifs, explique Tamsin Wilson. Johnny a fait ses parties de guitares chez lui, moi j’ai fait mes enregistrements de voix dans ma garde-robe dans ma chambre, et Drew dans sa chambre aussi. » Effectivement, quand on entend la voix sur l’album, il faut imaginer Tamsin dans sa garde-robe, chantant à ses vêtements.

La nuit porte conseil

Le titre de l’album I Go Missing in My Sleep signifie bien plus que d’être simplement les paroles qui figurent sur le morceau The Parting. « C’est aussi un hommage à l’heure à laquelle la majorité des enregistrement finaux ont été faits », raconte la chanteuse. En effet, la majorité des overdubs ont été enregistrés aux petites heures du matin alors que New York dormait. « Je trouvais que c’était vraiment le seul moment où je pouvais être créative et ouverte, quand le monde s’arrêtait et que tout était silencieux, poursuit-elle. Il y a quelque chose de libérateur à cette heure-là. Il n’y a rien qui nous retient, pas de quarts de travail, nulle part où il faut accourir. »

Bien que ce moment de la nuit soit très créatif, Tamsin Wilson a tout de même dû user de plusieurs exercices littéraires pour pouvoir pondre les paroles des chansons. « Je me répétais qu’il fallait absolument que j’écrive, à propos de n’importe quoi. On avait la musique, mais les paroles ne me venaient pas. Donc, j’écrivais littéralement à propos de n’importe quoi. La table, la chaise; je devais juste écrire. À ce moment-là, j’habitais un tout petit appartement avec des portes mal isolées, donc des insectes entraient souvent. Ils sont petits, mais quand même terrifiants! Une fois, un mille-pattes se promenait sur mon mur, et j’étais paralysée. Je ne pouvais pas me convaincre de l’attraper, donc je me suis dit que puisqu’il allait être là de toute façon, j’écrirais sur lui. »

À ce moment-là, Tamsin Wilsen avait le mal du pays, seule dans la grande ville de New York. Elle cherchait à faire avancer ses projets et espérait aller quelque part. Donc, ce mille-pattes qui avançait sans aucun agenda sur son mur la captivait. Elle était fascinée par son calme et l’enviait d’être aussi détendu.

De là est née la chanson Centipede parue d’abord en single qui figure sur le nouvel album I Go Missing in My Sleep. Le trio s’entend pour dire que ce morceau est la pièce centrale de l’opus, non seulement parce qu’elle a été la plus compliquée à enregistrée, mais aussi parce qu’elle tisse son fil conducteur. « Ça représente bien l’ensemble de l’album. Autant musicalement que dans le thème. Il y a un peu de tout dans ce morceau », explique le bassiste Drew Arndt.

S’inspirer des grands

La bande de Wilsen continue de partager sa musique en participant à bon nombre de tournées, ouvrant présentement pour Beyries durant quelques dates au Québec. C’était une belle découverte pour eux. « Je pense que la règle avec Beyries, c’est que personne ne ressort de son spectacle avec les yeux secs. Et c’est vrai, » insiste Tamsin Wilsen

Ils ont eu la chance de faire des spectacles avec Matthew E. White et San Fermin, pour ne nommer que ceux-là, mais parmi les bands qui leur ont le plus appris, c’est la formation anglaise Daughter qui se démarque. « Bien sûr les membres de Daughter nous ont inspiré par leur musique, mais ils nous ont aussi beaucoup appris sur la tournée, l’attention aux détails sur scène, la relation avec l’équipe de tournée, raconte la chanteuse. Ils sont hyper généreux. Le premier spectacle qu’on a joué avec eux, ils nous ont aidé à sortir notre matériel du camion, alors qu’ils sont des superstars! » Le 29 avril prochain, Wilsen pourra rayer un item de leur bucket list en ouvrant pour une de leurs plus grandes inspirations, Patrick Watson, au nouveau festival Santa Teresa.

Pour la suite, Wilsen est impatient de retourner en studio, commençant petit à petit à penser à des idées et à coucher des paroles et riffs intéressants. Une chose est certaine toutefois, le trio ne changera pas leur son de sitôt. Il faut oublier tout de suite l’idée d’un album concept, blaguent-ils. « Notre son grandit de manière organique, assure Drew Arndt. En réécoutant les premiers EP, on voit que les choses ont changé. On expérimente naturellement. » 

Très hâte de voir la suite. Pour l’instant, le nouvel album I Go Missing in My Sleep paraîtra le 28 avril prochain et sera l’album parfait à écouter lors de ces journées introspectives du printemps.

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