Weird Al Yankovic
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Entrevue : Weird Al Yankovic à Montréal | Personne ne sait à quoi s’attendre… même pas lui !

Pas de costumes, pas d’accessoires, pas de plan défini : voilà l’état d’esprit dans lequel débarquera Weird Al Yankovic et ses musiciens le 7 mars prochain au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Rejoint par téléphone, le chanteur et accordéonniste, qui est connu surtout pour ses parodies, souhaite gâter ses admirateurs les plus fidèles. « Ils vont entendre beaucoup de pièces qu’ils n’ont jamais entendues auparavant; plusieurs des chansons qu’on joue sont des chansons qu’on n’a littéralement jamais jouées sur scène. »

Il s’agira donc d’un spectacle complètement différent de celui qu’il avait offert gratuitement au festival Juste pour rire à l’été 2015. L’artiste à la longue chevelure frisée admet d’ailleurs que ses tournées par la passé étaient plutôt similaires : « On jouait surtout les gros succès, et on rajoutait quelques nouvelles pièces à chaque tournée. C’était la même liste de chansons chaque soir, jouées de la même façon, avec les mêmes costumes, les mêmes accessoires, les mêmes vidéos. »

Cette nouvelle tournée, qui le trimbalera un peu partout aux États-Unis et au Canada, se veut donc un remède à cette routine qui s’installait.

À un moment donné, je commençais à trouver ça lassant. Pour cette tournée, on laisse tomber tous ces artifices.

« On a pratiqué quatre heures de matériel pour faire des spectacles de 90 minutes, donc chaque spectacle sera unique. » Cette nouvelle attitude veut donc dire qu’il sera impossible de savoir à quelles chansons le public montréalais aura droit. « On ne finalise pas nos choix de chansons avant les tests de son, le jour même, admet-il d’emblée. Mais l’idée générale, c’est de jouer beaucoup de deep cuts et de pièces que mes plus grands fans auront peut-être dû attendre 30 ans avant d’entendre sur scène. » Il promet ainsi beaucoup plus de compositions originales que de parodies.

Le droit à l’erreur

Il s’agit donc d’un saut dans le vide pour celui qui s’est amusé aux dépens de Michael Jackson, Madonna et Chamillionaire, entre autres, et le principal intéressé admet qu’il a dû changer son approche et ses attentes face à ces spectacles. Bien qu’il fût un peu nerveux avant d’entrer sur scène lors de la première date de la tournée, le tout s’est bien déroulé. « Je me suis donné la permission d’être un peu moins soigné, avoue-t-il. Le groupe et moi, on est plus détendus et vous risquez d’entendre de petites erreurs. Mais je me suis donné la permission de me casser la gueule. »

Il affirme toutefois avoir été ravi de la réaction de la foule lors du premier arrêt de sa tournée et être encore plus fier de sa performance lors du deuxième. Il croit d’ailleurs que son spectacle ne sera que meilleur à chaque soir. « Je suis certain qu’une fois rendus à Montréal, la machine sera bien huilée », nous a-t-il confié vendredi dernier, quelques heures avant un spectacle au Connecticut.

Le Ill-Advised, Vanity Tour s’arrêtera dans près de 70 villes en l’espace de trois mois et demi, après quoi Weird Al prendra une pause de tournée pour le reste de l’année. Il compte alors se consacrer à d’autres projets. S’il n’était pas en mesure de pouvoir nous dire de quoi il en retourne, il ne faut pas s’attendre à un retour sur disque d’ici peu. Il admet d’ailleurs ne pas avoir passé beaucoup de temps sur Internet et, ainsi, ne pas avoir d’idées de parodies en vue. « Je suis certain que je vais m’y remettre un jour lorsque l’inspiration viendra. Pour l’instant, je me concentre sur ce que je fais sur la route et mes autres projets. » Le Californien d’origine a entre autres travaillé sur le film pour enfants de Capitaine bobettes en 2017 et sur la série Milo Murphy’s Law, qui revient pour une seconde saison ce printemps.

Pour ce qui est de son passage à Montréal, Weird Al Yankovic et sa bande se sont donnés quelques jours de congé avant le spectacle, question d’être certains d’être prêts si le passage à la frontière s’avérait plus compliqué que prévu. Si tout se déroule bien, Weird Al espère pouvoir prendre le temps de visiter la ville. Toutefois, il ne faut pas compter sur lui pour planifier quoique ce soit à cet égard.  « Effectivement, on n’a aucun plan précis, on va juste débarquer et voir ce qui va se passer » conclut-il, comme quoi l’artiste compte se laisser porter par le vent tant sur scène que dans la métropole.

En première partie : Emo Phillips

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