Les Grands Ballets
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Falling Angels : une dernière des Grands Ballets sans briller

Pour leur dernier spectacle de la saison, les Grands Ballets canadiens de Montréal, qui ont longuement rendu hommage en fin de soirée à Gradimir Pankov, leur directeur artistique partant à la retraite, présentaient une soirée triple avec deux pièces du chorégraphe tchèque Jiří Kylián et une de Stephan Toss. Les Grands Ballets ne sont pas des novices en matière de ces chorégraphes puisqu’ils ont déjà plusieurs chorégraphies de chacun d’eux à leur répertoire.

La première pièce, Evening Songs, est dansée sur des chants a capella du compositeur Antonín Dvořák, originaire également de République Tchèque. La chorégraphie et les costumes sont très épurés et se reflètent dans la musique vocale. Du point de vue de la performance, il n’y a pas grand chose à redire mise à part que l’ensemble s’affiche de manière très lisse et polie, peut-être trop d’ailleurs. Le tout est très bien réalisé mais se situe à mi-chemin entre un sentiment de pureté pas assez poussé et une trop petite prise de risques.

Falling Angels, du même chorégraphe, apporte un vent de dynamisme sur la salle du théâtre Maisonneuve. Huit danseuses évoluent au rythme de la musique transformative de Steve Reich interprétée par quatre percussionnistes en direct sur le côté de la scène. On note des jeux d’éclairage à travers lesquels les danseuses ont la possibilité de s’exprimer mais toujours dans une structure qui les limite : c’est d’ailleurs l’opposition entre la discipline du danseur et sa recherche de liberté qui est traitée dans cette pièce. On sent que les interprètes y sont plus à l’aise que dans la première pièce.

Searching for home de Stephan Toss est probablement la pièce la plus aboutie de la soirée. Elle nous plonge dans un voyage intérieur qui nous montre la multiplicité du Moi. Sur scène, un décor en miroir avec deux tables et six portes nous emmène dans l’esprit de la soliste Sahra Maira, déchirée par toutes les possibilités qui s’offrent à elle. La danse qui oscille entre le ballet et le néoclassique nous transporte dans un univers tourmenté et sombre mais qui ne refuse pas les éclats de couleurs et d’émotions. De l’émotion, Sahra Maira nous en donne et elle semble se retrouver dans ce rôle aux multiples facettes qui lui va comme un gant. La danseuse est éclatante de part sa technique mais aussi son jeu scénique.

On regrettera cependant dans cette soirée un programme un peu court (une petite heure de danse au total seulement) et peu de contrastes dans les styles de danse exploités qui restent ancrés dans une tradition contemporaine assez classique : l’intériorité était de prime. On aurait aussi souhaité plus de travail sur les expressions faciales et l’énergie du groupe qui semble s’éparpiller plutôt que de former une entité soudée surtout dans les pièces deux et trois (les passages dansés ensemble sont souvent désynchronisés ce qui fait perdre beaucoup de crédibilité aux pièces) tandis que la première était interprétée bien trop sagement pour réellement nous convaincre.

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