Orchestre Symphonique de Québec
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Festival de Cinéma de la Ville de Québec 2016 | Une Ruée vers l’or au sommet

Fan-ta-stique ! C’est ainsi qu’a été l’avant-dernière soirée de la 6ème édition du Festival de Cinéma de la Ville de Québec. Au programme, le film La Ruée vers l’or de Charles Chaplin, dans sa version longue de 1925 avec la partition musicale composée par Chaplin lui-même datant de 1942 et interprétée ici par 15 musiciens de l’Orchestre Symphonique de Québec sous la baguette de leur assistant-chef, Nicolas Ellis.

Crédit: Llamaryon / Maryon Desjardins

Crédit: Llamaryon / Maryon Desjardins

La Ruée vers l’or est un classique du cinéma muet qui ne se démode pas. Charlie Chaplin met en lumière toute son intelligence cinématographique : le jeu des acteurs précis et hilarant par moment, l’humour indémodable, l’histoire toujours efficace. En soi, c’est un véritable chef d’œuvre dans lequel nous, spectateurs modernes, avons pu replonger avec délice le temps d’une soirée. Il n’y avait qu’à entendre les rires fuser d’un bout à l’autre du Palais Montcalm pour comprendre que le public a réussi sans difficulté à se transporter dans le temps, presque un siècle en arrière, afin d’apprécier pleinement le spectacle.

Le film raconte la recherche de l’or dans les années 1896 au Klondike, Canada. Charlie Chaplin, prospecteur solitaire, se perd lors d’une tempête et trouve refuge dans une cabane où il rencontre Big Jim. Retournant plus tard à la ville, il est séduit par Georgia, une belle danseuse du saloon. Feignant de répondre à ses attentes, elle accepte un dîner le soir du Nouvel An mais ne vient pas. Le lendemain, Charlot retrouve Big Jim qui a perdu la mémoire lors d’une bagarre et a besoin de ce dernier pour retrouver sa mine d’or. Après maintes aventures, les deux compères reviennent à la ville en étant milliardaires. Sur le paquebot du retour, Charlot revêt ses vieux habits pour un reportage quand Georgia l’aperçoit et le prenant pour un passager clandestin, décide de le protéger. Quelques minutes plus tard, la nouvelle condition de Charlot est découverte par sa bien-aimée qui trouve également la fortune à ses côtés.

Crédit: Llamaryon / Maryon Desjardins

Crédit: Llamaryon / Maryon Desjardins

L’OSQ rencontre le Septième Art

Le projet d’allier le film à un orchestre qui interprèterait la musique en direct comme dans l’ancien temps émane d’Olivier Bilodeau, le co-fondateur du FCVQ, et actuel directeur de la programmation du festival. Avec la réussite, l’année dernière, d’un projet similaire (Le Fantôme de l’Opéra), c’est une manifestation qu’il aimerait mettre en place de manière récurrente et nous ne pouvons que l’approuver et l’encourager. Cette année, c’est d’ailleurs l’Orchestre Symphonique de Québec qui l’a approché dans l’espoir d’une possible collaboration.

Entendre la partition de Chaplin interprétée en direct change tout dans notre visionnement du film : cela donne à la pellicule une tout autre envergure. C’est à Nicolas Ellis, assistant-chef de l’OSQ qui apparaît comme l’une des valeurs sûres de la relève canadienne (il est d’ailleurs présent dans le classement des 30 musiciens canadiens prometteurs de CBC 2016), qu’a été confiée la tâche de diriger la sublime partition de Chaplin pour cette soirée. Encore une fois, il a su montrer toute l’étendue de son talent, mêlant une subtilité lumineuse à une énergie démesurée.

Sous la baguette du jeune chef, les quinze musiciens de l’OSQ ont résonné à l’unisson avec l’écran, se fondant parfaitement dans les images sans prendre trop de place cependant.  « C’est une belle satisfaction et expérience », raconte Nicolas, « nous avons eu seulement deux répétitions et certains moments du film demandent beaucoup de précision. Dans une partition longue d’une heure et demie, nous n’avons pas le droit à l’erreur. » [Plusieurs coups de feu sont bruités par les percussions par exemple, demandant ainsi une grande maîtrise de la simultanéité]. Nommé assistant-chef de l’Orchestre Symphonique de Québec en 2015, c’était la première fois que le jeune musicien participait à un projet de la sorte.

Le succès de la soirée de vendredi soir prouve donc qu’il y a un public toutes générations confondues toujours très en demande de revoir ou de réviser les grands classiques tout en leur ajoutant une petite touche de modernité. Cela montre que des films comme La ruée vers l’or sont éternels et par certains aspects, qu’ils restent au sommet de la hiérarchie cinématographique. Nous n’oublierons jamais les mimiques de Charlot si chères à nos cœurs : elles sont intemporelles.

Une chose est sure maintenant, pour toutes les personnes présentes dans la salle vendredi soir, il va être difficile de regarder un Chaplin sans un véritable orchestre pour l’accompagner en simultané.

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