Pink Martini

Festival de Jazz de Montréal 2013 | Pink Martini à la Place des Arts

L’élégant pianiste fou Thomas Lauderdale et son orchestre Pink Martini étaient de retour à Montréal pour le premier de deux concerts en ouverture du Festival de Jazz de Montréal. Avec du nouveau matériel en poche et une China Forbes en pleine possession de ses moyens, le collectif n’a pas raté sa chance de soulever (littéralement) la Salle Wilfrid-Pelletier, qui affichait complet

Photo par Guillaume Jolicoeur.

Photo par Guillaume Jolicoeur.

Chouchou du festival, Pink Martini en est déjà à sa cinquième visite au FIJM. Bien que leur présence à Montréal devait coïncider avec la parution d’un nouvel album – Get Happy, qui a finalement été reporté au mois de septembre – les douze comparses ont parsemé la grille de chansons de nouveaux titres tout en conservant les chansons familières des quinze dernières années. Un bel équilibre pour les 18 chansons totalisant plus d’une centaine de minutes.

La soirée a débuté avec classe, avec l’instrumentale aux mille saveurs Malagueña. Au piano, Lauderdale est le coeur musical de toutes les chansons du groupe, et ses 10 musiciens l’accompagnent avec un mélange de retenue et de virtuosité. Derrière lui, violon et violoncelle. À sa gauche, guitare et contrebasse. Devant lui, à notre droite, trois percussionnistes, un trompettiste et un tromboniste.

Il ne manquait plus que la chanteuse, qui n’a pas tardé à se pointer le bout du nez dans sa belle robe rouge pour l’enjôleuse Amado Mio. Accueillie à tout rompre, China Forbes démontre dès le départ qu’elle est toujours en grande forme, atteignant chaque note avec précision et aisance. Visiblement, l’opération aux cordes vocales n’a pas laissé de séquelles indésirables.

Une reprise du classique cubain Quizas quizas quizas suivait, puis Sympathique, la toute première chanson co-écrite par Forbes et Lauderdale à la fin des années 1990. La chanteuse nous raconte alors que les textes de ce titre à succès pige dans un poème de Guillaume Apollinaire (Hôtel), et que le compositeur français Francis Poulenc avait aussi utilisé ceux-ci dans les années 1940, ce qui aurait apparemment mis Pink Martini dans le pétrin. « Il a fallu se rendre en France pour nous faire poursuivre. En français. À notre sortie, on nous demandait des autographes. », raconte-t-elle.

Puis, c’est au tour de Timothy Nishimoto d’y aller de quelques notes de chant pour la jolie Mayonaka no bossa nova. Du japonais, on passe ensuite à l’allemand avec Ich Dich Liebe, puis au croate avec U plavu zoru, deux titres à paraître sur Get Happy. 

 

 

La scène de Wilfrid-Pelletier devient un plancher de danse

Après avoir convié le public à transformer la Place des Arts en piste de danse, quelques aventureux ont finalement osé lors de l’instrumentale swing The Flying Squirrel. Ceux qui se gardaient jusque-là une petite gêne en ont profité pour les suivre, si bien qu’une bonne cinquantaine de danseurs de tous âges occupaient désormais l’arrière de la scène, derrière les musiciens de Pink Martini. Le gâteau venait de lever.

Photo par Guillaume Jolicoeur.

Photo par Guillaume Jolicoeur.

D’ailleurs, la prestation un peu sage et presque trop parfaite commençait à avoir de la gueule avec tous ces solos de guitare, de contrebasse, de trombone et de trompette. Justement, les cuivres, en particulier, apportaient enfin à la recette cette épice un peu plus relevée, cette petite touche qui chauffe les tympans.

L’esprit festif n’allait pas s’estomper avec la nouvelle chanson japonaise Uskudar, tout juste avant le slow She Was Too Good To Me, chantée par le trombonniste Robert Taylor.

Comme si le spectacle n’était pas assez babélesque comme ça, la bande a présenté une autre nouvelle chanson, turque cette fois-ci : Zundoko Bushi.

Après un charmant duo piano-violon (Lauderdale et Nicholas Crosa), Pink Martini a conclu le tout avec la sympathique Hey Eugene et la romantique Una notte a Napoli, vu que l’Italie s’impose toujours dans un itinéraire (soit-il musical) autour du globe.

Au rappel, China Forbes a dérogé du plan – le setlist remis aux médias prévoyait What’ll I Do – en interprétant une touchante relecture de Ma solitude, de Georges Moustaki, après avoir souligné son amitié pour ce grand de la chanson française récemment décédé. Un moment unique que celui où 3000 spectateurs ont chanté en choeur : « Non, je ne suis jamais seul / Avec ma solitude ».

Comme dirait Bélanger, nous étions « seuls ensemble ».

L’incontournable Brazil n’allait pas être écartée du lot. Soulevant d’un coup 6000 fesses de leur siège, le classique brésilien de Ary Barroso, repris avec doigté sur Sympathique en 1997, concluait la soirée sur une forte note.

À revoir vendredi soir, toujours à la Salle Wilfrid-Pelletier.

* Plus de photos à venir…

 

Grille de chansons

1. Malagueña
2. Amado Mio
3. Quizas quizas quizas
4. Sympathique
5. Mayonaka no bossa nova
6. Dondé estas Yolanda?
7. Ich dich liebe
8. U plavu zoru
9. The Flying Squirrel
10. Let’s never Stop Falling In Love
11. Uskudar
12. She Was Too Good To Me
13. Zundoko Bushi
14. Romanza Andaluza
15. Hey Eugene
16. Una notte a Napoli

Rappel
Ma solitude (reprise de George Moustaki)
Brazil

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