For the Record: Tarantino in Concert
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Festival de Jazz de Montréal 2014 | Tarantino In Concert : Variété pulpeuse

Transposer l’univers éclaté de Tarantino à la scène n’est pas une mince tâche. La troupe For The Record s’en acquitte plutôt bien depuis un certain temps, à L.A., et le Festival de Jazz de Montréal a eu la brillante idée d’importer – pour la toute première fois, d’ailleurs – le spectacle For the Record : Tarantino In Concert hors des frontières américaines, à la Place des Arts pour 8 représentations en 6 jours, du 25 au 30 juin 2014.

À l’occasion du 25e anniversaire de la carrière de l’illustre réalisateur américain, les 15 chanteurs, danseurs et musiciens revisitent pendant deux heures quelques-unes des scènes cultes des films de Tarantino. Les répliques chocs, les personnages iconoclastes et, bien entendu, les chansons aussi variées que marquantes des trames sonores font l’objet d’un genre de cabaret variété truffé de fusils à pétards, d’épées de samouraïs et de propos pour adultes.

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Photo par Pierre Bourgault.

La mise en scène est ébouriffée comme il se doit, et le spectacle se déroule à vive allure, fusionnant parfois des scènes de films totalement différents. Certaines des transitions sont un peu tirées par les cheveux, mais en formule « flashs », ça fonctionne.

En tout, une cinquantaine de numéros chantés sont présentés, naviguant allègrement de Reservoir Dogs à Django Unchained, en passant bien sur par Pulp Fiction et les deux volets de Kill Bill.  Et dans une moindre mesure, Inglorious Basterds, Death Proof et Jackie Brown. 

Ça twiste, ça se chamaille, ça parle de dope et de « Royale with cheese ». Ça flirte et ça se flingue aussi, bien entendu. Tout ça dans un format que l’on dit « immersif », c’est-à-dire que l’action se déroule surtout sur scène, mais souvent dans les allées de la Cinquième Salle.

Sur la quantité, on devine que les numéros sont de qualité variable. Parmi les bons coups, Tracie Thoms (qui a tourné pour Tarantino dans Death Proof) est tout simplement époustouflante, notamment sur If Love Is  A Red Dress (Hang Me In Rags) tirée de Pulp Fiction, ou encore lors d’une relecture gospel-soul étonnante de Satisfied Mind, de Johnny Cash (tirée de Kill Bill Vol.2). Rogelio Douglas Jr. et Reign Morton possèdent aussi de bonnes voix.

Rumor Willis (fille de Demi Moore et Bruce Willis) se débrouille aussi plutôt bien : elle incarne tour à tour la Mariée de Kill Bill et Mia de Pulp Fiction. Son Bang Bang laisse à désirer, tout comme l’allusion à Urami Bushi, mais sa danse sur Son Of A Preacher Man, et ses duels enlevants en font un pillier du spectacle.

Photo par Pierre Bourgault.

Photo par Pierre Bourgault.

Les geeks de Tarantino y trouveront leur compte, mais les non-initiés risquent de se perdre dans tout ce charabia, même si l’ensemble du spectacle demeure dynamique et diablement divertissant. À noter que tout se passe en anglais, évidemment.

La troupe a réussi le tour de force de trouver le juste équilibre entre les codes de la revue musicale et l’iconoclasme de Tarantino. C’est en soi tout un exploit, qui était nécessaire au bon fonctionnement de cette folle cavalcade.

À voir à la Cinquième Salle de la Place des Arts, du 25 au 30 juin 2014.

 

Photos en vrac
par Pierre Bourgault

 

 

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