Charles Bradley
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Festival de Jazz de Montréal 2015 – Jour 6 | Charles Bradley & His Extraordinaires et Naomi Shelton & the Gospel Queens

L’édition 2015 du Festival international de jazz de Montréal offre encore une fois une programmation de feu couvrant pas mal tous les genres qui s’apparentent (ou pas, dans le fond) au jazz. Ce mercredi, Fête du Canada, c’est le soul qui vrombissait dans le Quartier des spectacles.

C’est que deux des figures prédominantes du renouveau soul (renouveau que la maison de disque Daptone a quasiment engendré à elle seule) étaient de passage au Métropolis.

C’est d’abord une grand’ messe gospel menée par la septuagénaire et incroyable Naomi Shelton qui a ouvert la soirée. Toute de mauve vêtue, la vétérane a transformé la salle en église à grands coups de « Hold me Jesus », « Thank you Lord » et « Trust in Jesus, you’ll find a friend » répétés en boucle par ses trois choristes, les Gospel Queens.

D’avoir ces trois voix impeccables pour l’appuyer aide d’ailleurs grandement madame Shelton a rehausser la puissance de sa performance (la dame a un certain âge tout de même) et elle remercie chacune de ses choristes en leur laissant tour à tour être la star principale le temps d’une chanson.

Mais au yâb’ l’âge, la chanteuse mentionnait en terminant qu’elle s’apprêtait à s’envoler vers le Royaume-Uni pour une autre série de concerts. « Gardez-moi dans vos prières » qu’elle dit en sortant de scène, alors qu’un très galant jeune homme l’escorte bras-dessus bras-dessous.

 

Charles Bradley

Puis arrive sur les planches The Extraordinaires, musiciens derrière le phénomène Charles Bradley.

Photo par Victor Diaz Lamich

Photo par Victor Diaz Lamich

Petit sursaut déjà là, alors que le groupe joue une pièce instrumentale avant l’entrée de leur leader, on se rend compte que l’alignement a un brin changé. Thomas Brenneck, le guitariste habituel (aussi du Menahan Street Band) a été remplacé.

Ça n’a pas eu vraiment d’incidence sauf au moment où tous les musiciens se lançaient à tour de rôle dans un solo. Le jeune nouveau guitariste a semblé un peu intimidé et a fourni probablement la chose qui ressemble le moins à un solo qu’on ait pu voir.

Il a simplement continué de faire les accords.

En tout cas. Le Screamin’ Eagle of Soul, le Victim/Preacher of Love, Charles Bradley, lui, était en pleine forme.

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Photo par Victor Diaz Lamich.

Divers habits tous plus flamboyants les uns que les autres ?

Check.

Danse du robot ?

Check.

Mouvements pelviens qui deviennent de plus en plus lascifs avec chaque concert ?

Check et recheck.

Descente dans la foule pour donner des câlins ?

Check.

Lancée de quelques douzaines de roses dans le public ?

Check.

Sueur et larmes ?

Check.

Entracte du band qui joue une pièce surf à la Dick Dale ?

Check.

Organiste un peu chaudaille ?

Check.

Cris stridents à la James Brown ?

Check.

Monologue sur l’amour universel ?

Check.

Photo par Victor Diaz Lamich.

Photo par Victor Diaz Lamich.

Mr. Bradley s’est même permis un commentaire socio/politique (terrain où il ne va pas vraiment d’ordinaire) dénonçant les atrocités racistes des dernières années, nommément la fusillade dans une église de Charleston il y a peu de temps.

Il y est aussi allé d’une confession. C’est mercredi qu’on a appris que de toute son œuvre, c’est Let Love Stand A Chance sa chanson préférée.

Et love il y avait dans la salle tout au long du spectacle. Ce qui a semblé ravir l’homme, qui nous a crié un « Thank you for helping me loving you ! »

Si y’avait eu un rappel, ç’aurait frôlé la perfection, ce set-là.

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