Bonobo
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Festival de Jazz de Montréal 2018 | Bonobo et Milk & Bone… ou plutôt Milk & Bone et Bonobo

Une décennie après avoir été le premier festival à le faire jouer en Amérique du Nord, le Festival International de Jazz de Montréal ramène leur ami Bonobo à Montréal. Cette fois c’est à la salle Wilfrid-Pelletier que ça se passe. Et ça, c’est pas super.

On va se le dire, une salle de places assises comme Wilfrid-Pelletier, c’est cool pour un spectacle avec de la grosse mise en scène, ou un spectacle qui demande d’être attentif tout le long, ou un spectacle plus doux, ou un concerto.

Pour une prestation très électro, avec une formation complète, comme celle qu’a offerte Bonobo hier, not so much.

De voir tout le monde hésiter à se lever lorsque les premiers moments d’intensité arrivent, c’est un peu malaisant, mais pas autant que de voir tout le monde se rasseoir à chaque passage semi-calme. Et de voir les gens enfin se laisser aller et être tous debout et danser, mais se faire surveiller de près par les placiers qui réprimandent chaque fois que quelqu’un sort son cellulaire, ça c’est juste déprimant.

C’est comme si y’avait un gros party d’adolescents dans le sous-sol, mais que les parents étaient en haut à attendre de pouvoir se choquer.

Plate.

Au moins y’avait l’air climatisé.

Et au moins y’avait Milk & Bone.

La sombre douceur de la musique que crée le duo, leur setup d’éclairage, tout était plus adapté à l’espace qui leur était imposé.

En fait, pour elles, Wilfrid-Pelletier ne devenait pas un carcan étouffant, mais plutôt un grand terrain de jeu qu’elles n’ont pas souvent la chance d’exploiter. Et tant qu’à avoir ce grand auditorium, aussi bien en profiter pour utiliser la plateforme à bon escient : les filles ont fait venir sur scène Lucas Charlie Rose et une autre artiste dont l’identité nous a échappé (désolé pour ça) pour un monologue senti sur la controverse entourant le spectacle SLĀV, que le Festival de jazz vient d’annuler en réponse aux manifestations l’accusant d’appropriation culturelle.

« You can’t support black art without supporting black artists » a conclu Rose, avant un tonnerre d’applaudissements.

*Rappelons que Milk & Bone remplaçaient St-Germain hier soir. Dommage pour les fans de chillout, mais pas dommage du tout en fin de compte.

Photos en vrac… de Milk & Bone :

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