Herbie Hancock
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Festival de Jazz de Montréal 2018 | Herbie Hancock et Thundercat, ces virtuoses!

Certaines personnes dansaient, d’autres se dandinaient sur leur siège ou étaient simplement hypnotisés par les performances qui se déroulaient sous leurs yeux. On avait l’impression que la salle Wilfrid-Pelletier se décoinçait le temps d’une soirée au son de Herbie Hancock et de Thundercat, des invités de grands talents au Festival International de Jazz de Montréal lundi soir.

* Photo par Benoit Rousseau

Tout en douceur et en humilité, Herbie Hancock est monté sur scène en glissant quelques mots au public montréalais. L’ambiance était déjà fébrile, accentuée par la myriade de photographes qui occupaient les deux bords de scène. Préparant la suite des choses, Hancock alla s’asseoir à ses claviers pour entamer la soirée.

Les premières minutes du préambule étaient dans un jazz expérimental, un genre qui définit la pratique musicale de Hancock. Par la suite, un retour dans le temps a permis à la foule d’apprécier des morceaux plus connus et captivants tels que Actual Proof et Cantaloupe Island, entre autres.

* Photo par Benoit Rousseau

Si Thundercat maniait les cordes de sa basse avec brio, Herbie Hancock était sans égal au piano, enchaînant les notes comme s’il s’agissait d’un jeu d’enfant. Ses musiciens n’étaient pas mal non plus! Accompagné de James Genus à la basse, de Lionel Loueke à la guitare et de Trevor Lawrence à la batterie, Hancock avait l’équipe parfaite pour envoûter Montréal.

Et il a réussi! Passant de son clavier au piano à son piano-guitare (qui nous a rapidement replongés dans les sonorités et l’esthétisme des années 80), il n’a cessé d’impressionner la foule et celle-ci a applaudi à plusieurs reprises entre les passages les plus spectaculaires. Une ovation debout a même clôturé la performance du géant du jazz avec beaucoup de respect et d’amour mutuels.

Thundercat, la relève du jazz

D’une agilité à faire baver les bassistes de tout niveau, Thundercat maniait son instrument avec une dextérité et une grande confiance. On voyait ses doigts bouger sur les frettes avec aisance et fluidité, même dans les passages particulièrement acrobatiques.

On avait souvent l’occasion d’être témoin de cette virtuosité grâce à de longues improvisations qui mettaient pleinement en vedette les talents des trois musiciens sur scène.

* Photo par Benoit Rousseau

Pendant A Fan’s Mail (une chanson sur les chats), l’envolée de notes semblait se prolonger sans lendemain lorsque Thundercat, sans avertissement visible, a réussi à ramener la chanson vers le prochain couplet, faisant automatiquement réagir la foule. On a même eu droit à une version jazzée de Complexion de Kendrick Lamar.

Avec une bonne humeur palpable, Thundercat a terminé sa prestation avec Them Changes. La foule était conquise, plusieurs ayant reconnu cette pièce sortie de son dernier album Drunk.

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