Matt Holubowski
Critique Publié le

Festival de Jazz de Montréal – Jour 10 | Matt Holubowski clôture une superbe édition anniversaire

Après The War On Drugs l’an dernier, c’est à Matt Holubowski que revenait l’honneur de clôturer cette année la 40e édition du Festival International de Jazz de Montréal devant une Place des Festivals bien remplie. À travers la musique envoûtante que propose l’artiste québécois, le public n’aura pas perdu au change bien qu’il eut manqué, hier soir, une petite étincelle pour faire de cette clôture un grand moment de fête.

Ouvrant son spectacle sur la vivace The King après avoir été introduit par le vice-président à la programmation, M. Laurent Saulnier, Matt Holubowski a d’emblée haussé le niveau de sa prestation comparativement à ses précédents spectacles. Accompagné de plusieurs instrumentistes, dont quelques uns à cordes, l’artiste québécois ne mesurait sûrement pas l’ampleur du défi qui s’offrait à lui avant que les premiers applaudissements surgissent jusqu’au fond de la Place des Festivals. La température clémente aura donné aux milliers de spectateurs de véritables airs de fin de festival, où la joie d’être ensemble s’accompagne au bonheur incommensurable d’écouter de la musique. Et quelle musique.

Photo par Benoit Rousseau

Présentant des nouvelles chansons à paraître l’an prochain mais aussi Sweet Surreal du temps où Matt s’appelait encore Ogen, c’est surtout lorsque le jeune homme interprétait de pièces de son excellent album Solitudes paru il y a trois ans que le public pouvait comprendre toute la puissance qui se dégage dans les compositions de l’artiste.

La Mer/Mon père aura été par exemple un moments fort du spectacle, où la montée en puissance du morceau accouchait sur une explosion de couleurs sonores. Il y aura aussi eu cette reprise sensationnelle de Chicago, un titre de Sufjan Stevens ou plus tard, l’interprétation de Over My Shoulder qui offra l’espace scénique à deux invités talentueux, Aliocha et Jason Bajada.

Un magnifique moment où l’on retrouve, ensemble, trois artistes qui façonne à leur façon l’art musical québécois. Signe que sa vitalité est au plus haut.

Photo par Benoit Rousseau

Programmer Matt Holubowski en clôture de cette édition du FIJM était un pari audacieux qui s’accompagne d’une réussite certaine. Sa musique transporte le monde, sa voix est si singulière. Aussi, la mise en scène aura été des plus belle avec ces effets de neige tombante ou de forêt mystérieuse qui se mariaient aux images parfois en noir et blanc. Mais était-ce le choix le plus judicieux ? Probablement pas.

N’enlevant rien au talent du musicien qui s’apprête à enregistrer un nouvel album, celui-ci avait largement sa place sur la grande scène, et qu’importe le jour. Sauf peut-être ce dernier. Dans un événement marquant comme celui-ci, il aura peut-être manqué ces poings levés, ces yeux illuminés par des solos infinis ou ces milliers de voix chantant à tue tête des refrains accrocheurs.

Mais c’était beau pareil.

Photo par Benoit Rousseau

Événements à venir

Vos commentaires