Israeli Chamber Project
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Festival de Musique de Chambre de Montréal | Une première venue de l’Israeli Chamber Project

L’ensemble Israeli Chamber Project fondé en 2008 se produisait hier soir pour la seconde fois à Montréal dans le cadre du Festival de Musique de Chambre de MOntréal après leurs débuts mercredi soir à la salle Pollack. Pour cette soirée, l’ancien chef d’orchestre de l’orchestre symphonique de Québec, Yoav Talmi, était l’invité spécial et a écrit une oeuvre pour quatuor à cordes et clarinette interprétée en première mondiale.

Yoav Talmi et Alon Goldstein ont ouvert le concert avec deux des plus célèbres danses slaves de Dvořák à piano 4 mains. Les musiciens ont l’air de prendre beaucoup de plaisir à jouer même si l’interprétation apparaît un peu convenue. Il manque un peu de changements d’atmosphères et les thèmes sont bien souvent joués de la même manière tandis que l’on manque d’une certaine assise rythmique. De même, certains départs ou arrivées ne sont pas du tout coordonnés ce qui est dommage avec des oeuvres si populaires.

Nous entendons ensuite le trio op.11 pour clarinette, violoncelle et piano de Beethoven. L’esprit de musique de chambre est beaucoup plus fort dans cette pièce où les musiciens semblent tout à fait jouer ensemble et se rejoindre dans une même idée interprétative. Tout au long de ce trio très contrasté, une très belle énergie se dégage et la violoncelliste Michal Korman offre un solide support au clarinettiste Tibi Cziger qui peut alors s’exprimer librement.

La troisième pièce avant l’entracte est le quintette de Mr. Talmi, qui est une commande spéciale du festival pour cette 22ème édition. Le premier mouvement possède de fortes ressemblances avec l’Adagio pour cordes de S. Barber et sa construction en nombreuses strates mélodiques. Le second mouvement, plus vif, est avant tout une recherche de sonorités nouvelles. Le troisième mouvement fait entendre un très bel équilibre sonore (que l’on peut d’ailleurs souligner pour l’entièreté de la pièce) tandis que le dernier est une sorte de rondo qui utilise à certains moments les instruments comme des percussions.

La deuxième partie était consacrée au quintette de Dvořák avec Alon Goldstein au piano, Yehonatan Berick et Carmit Zori aux violons, Nitai Zori à l’alto et Michal Korman au violoncelle. De manière générale, on retiendra une grande complicité entre les instrumentistes à cordes tandis que le pianiste semble jouer de son côté avec un son trop frappé et sec sans réellement se préoccuper de ses partenaires. Le manque de tenue rythmique revient également dans cette pièce alors que les cordes essayent d’asseoir une pulsation stable. Dans les envolées plus fortes, on manque parfois de discernement entre les différentes voix et tout finit par se brouiller un peu. Le pianiste arrive bien souvent en avance sur les départs et les arrivées sans forcément laisser le temps aux cordes de respirer ce qui est regrettable avec un compositeur romantique comme Dvořák : il nous manque la souplesse du folklore slave de même que la variété dans l’interprétation des thèmes qui reviennent (particulièrement dans le deuxième mouvement).

On retiendra donc de ce quintette une interprétation pleine d’investissement, de dynamisme et de bonne volonté mais manquant parfois de construction polyphonique et d’écoute entre le piano et les cordes qui finit par nuire à la compréhension de l’oeuvre.

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