Bonobo
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Festival d’été de Québec 2018 – Jour 2 | Bonobo au Parc de la francophonie: Planer au frette

Alors que les boomers ont choisi de passer leur soirée avec Neil Young sur les Plaines, les milléniaux eux ont choisi de la passer en compagnie de Bonobo au Parc de la francophonie. Décision volontaire ou obligée? Un peu des deux.

Heureusement pour les gens de Québec, le setting du spectacle était beaucoup plus approprié pour profiter de la musique de Bonobo que pour nos amis à demi assis de Montréal. En effet, bien qu’assez spacieux, le Parc de la Francophonie a offert au DJ anglais un cadre presque intime et un public beaucoup plus physiquement impliqué dans sa musique.

Il faut se le dire tout de même que, mise à part certaines pièces, ce n’est pas sur du Bonobo que le party va, à proprement parler, pogner. Ça fait danser, mais c’est beaucoup plus une danse en ondulations qu’en sauts et mouvements excessifs. Le Parc de la francophonie étant un parterre debout, il n’y avait d’autre choix pour le public que d’être sur ses pieds et de laisser aller son corps sur les beats de l’Anglais et de ses musiciens.

On a ressenti un ajustement quant à l’ordre des chansons à Québec, comparativement à Montréal. Le spectacle a démarré en douceur, c’est-à-dire sur des morceaux plus planants, et a augmenté d’intensité en mi-parcours grâce à Bambro Koyo Ganda, puis a ralenti la cadence jusqu’à la fin. Si nous aussi avions eu des sièges, les moments debout nous étaient assez bien définis, mieux que ce qu’on entend des échos montréalais. Et, il faut quand même comprendre qu’il s’agit tout de même d’électro donc ce n’est jamais vraiment « doux », mais disons que c’est parfois plus au ralenti.

Bonobo n’est pas un grand placoteux; c’est plutôt sa musique qu’il fait parler, nous faisant que quelques salutations et présentations entre les morceaux. Il s’est entouré de percussionnistes, d’une chanteuse et de guitaristes, même de cuivres, mais ses chansons glissaient entre elles comme lors d’un DJ set. On y retrouvait une magnifique synergie de groupe qui étanchait notre désir habituel de se faire interpeller par des « Comment ça va? » et des « Cette prochaine chanson s’appelle une telle ». Les voir tripper ensemble nous était suffisant.

Parenthèse météo: Il faisait freeeeeeeeeette! On s’ennuyait presque de la canicule!

Décision générationnelle

Neil Young était le gros morceau de ce premier vendredi du Festival d’été de Québec. Certes, ce n’est pas donné à tous les milléniaux de pouvoir ne serait-ce que nommer un titre de ses chansons. C’était donc un choix facile pour notre génération de choisir l’option électro proposée par la programmation. Sauf que cet électro n’a rien à voir avec la soirée de mercredi soir en compagnie de The Chainsmokers et Tory Lanez.

La foule était donc parsemée de spectateurs qui profitaient de la musique–instrumentale, plus souvent qu’autrement–pour jaser entre eux comme dans un bar où la musique joue toujours trop fort. Sinon, un peu comme à The Weeknd, il y avait l’avant-scène où les gens se laissaient porter par les basses fréquences les plus claires de la place. C’était un drôle de mélange de gens qui voulaient être là et d’autres qui avaient choisis d’être là faute d’autre chose.

On n’a pas encore été renversé par quoi que ce soit au FEQ cette année. On a eu droit à de bons shows, mais qui n’ont pas tout à fait généré de « WOW » ou de « OMG ». Dans ce cas-ci, Bonobo a fini sa prestation plus tôt que Neil Young (à qui on a sans doute permis un passe-droit, parce que, Neil Young!) mais il l’a fini sur une belle note, nous permettant de danser d’onduler une dernière fois. Si on nous pose la question, c’était un excellent choix d’aller voir Bonobo vendredi soir, mais force est d’admettre que ça ne semblait pas l’opinion de tous les festivaliers du Parc de la francophonie qui s’est vidé rapidement.

Geoffroy en première partie

Québec s’est tout de même volontairement déplacé pour Geoffroy qui avait effectué son premier passage au FEQ l’an passé au Coeur du FEQ. S’il l’avait fait déborder l’an passé, il a permis cette année à ce que le Parc de la francophonie soit bien plein à l’arrivée de Bonobo. Puisque ça fait maintenant près de deux ans que l’auteur-compositeur-interprète joue son EP et son album Coastline, il a avoué travailler sur de la nouvelle musique et nous en a même donné quelques avant-goûts très prometteurs. Il n’a oublié aucune favorite de ses deux publications, bien qu’il ait déclaré être un peu à bout de jouer le EP qui fête maintenant ses trois ans. Dans tous les cas, il semblait ravi de l’énergie de la foule qui criait pour lui dès les premières notes.

Langston Francis cassait la glace

C’est au jeune Torontois Langston Francis qu’on confiait le démarrage de cette soirée électro indie. Il est monté sur scène muni de sa guitare acoustique et accompagné d’un DJ qui remplissait tout ce que la guitare et la voix ne pouvaient pas fournir. Il fallait garder en tête qu’il n’en est encore qu’à ses tout débuts et qu’il n’a sans doute pas encore eu la chance de se trouver un band, mais les enregistrements qui provenaient de son camarade à la console étaient tellement présents qu’ils éclipsaient même le principal intéressé… dommage, parce que côté indie pop, ça sonnait intéressant.

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