Beck
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Festival d’été de Québec 2018 – Jour 8 | Beck en mode festif pour les Plaines

Les X et les plus vieux millénaux l’auront attendu longtemps. Mais enfin, un des héros des années 90 s’est finalement pointé à Québec avec dans son arsenal des musiciens hors pairs et une discographie bien garnies de hits. Et c’est par la grande porte des Plaines d’Abraham que Beck a fait son entrée dans la Vieille Capitale.

Bien que Beck des années 2000 ne fasse pas autant l’unanimité que celui des années 90 (eh oui, même avant la sortie de Mellow Gold, le culte Beck existait déjà), un artiste de sa trempe dans la programmation du Festival d’été de Québec ne pouvait qu’être du positif. Et même si la plus grande scène en ville pouvait sembler un choix audacieux pour un artiste alternatif, il a démontré dès les premiers instants qu’il était à sa place.

Parce que pour cette tournée, ça ne niaise pas pour lancer le bal. Le groupe se lance dans une version éclatée de Devil’s Haircut, chanson d’ouverture de son grand classique, Odelay. Comme si ce n’était pas assez, Beck saisit l’occasion de marquer un grand coup devant une foule pas nécessairement conquise d’avance avec Loser pour suivre. Pour plusieurs, c’est un peu comme si Radiohead jouait Creep en début de concert. Mais l’effet est là: tout le monde chante en coeur le refrain accrocheur.

Le party continue avec peut-être la meilleure pièce de son dernier album, Colors, soit le titre Up All Night. L’album en tant que tel n’est pas son meilleur, mais voir une des musiciennes en arrière avec un keytar donne encore plus envie de danser. Comme le disait si bien Socrate : « Un keytar, quand même! »

Nul doute, cette tournée est en mode festif. Beck enfile coup sur coup Mixed Bizness, Wow et New Pollution (si vous n’aimez pas cette version, vous êtes morts en dedans) et du nouveau matériel plus upbeat. La configuration de son groupe du moment permet de rebrasser les cartes et ça semble plaire au héros de la soirée.

Après une première moitié de concert plus intense, les choses se calment alors que Beck revient sur scène seul à la guitare pour une version acoustique de Debra, elle aussi parue sur Midnite Vultures. Fait cocasse de la soirée, les choses continuent dans le registre abusivement haut avec une reprise de Prince où Beck a tenté désespérément de faire chanter le public de Québec. Rarement aura-t-on entendu un refrain aussi mal rendu par une foule qui ne savait pas trop se qui se passait. On passe rapidement à autre chose avec l’excellente Blue Moon. En fait, par applaudissement, Beck a donné le choix entre cette dernière et la merveilleuse Lost Cause, sur le chef d’oeuvre, Sea Change.

Après cet intermède plus introspectif, on revient aux choses moins sérieuses avec Girl, Colors et une version assez lourde de E-Pro.

 

Rappel un peu longuet

Le seul moment un peu décevant de la soirée sera le rappel. Bien que les choses commencent en force avec Where it’s At, la chanson est coupée en deux et on passe de nombreuses minutes à présenter les musiciens du groupe et de courtes versions de chansons classiques du répertoire FM (Miss You, In the Air Tonight, etc). Le tout, bien sûr, afin que chacun des comparses puisse présenter l’étendu de son talent. Heureusement, avant la dernière moitié de Where it’s At, Beck sort son harmonica de son veston rose (ben oui, il a changé de kit avant de revenir sur scène. Une vraie diva.) pour une jouissive version de One Foot in The Grave.

Malgré ce bémol, cette grande première à Québec de Beck reste un bon coup. Voir les Plaines danser de la sorte est toujours une bonne chose.

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