Blink-182
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Festival d’été de Québec 2019 – Jour 11 | La grande messe punk-rock de Blink 182 & The Offspring

Pour sa dernière soirée donnée sur les plaines d’Abraham, le Festival d’été de Québec (FEQ) a convié dimanche les mythiques The Offspring et surtout Blink 182, grande tête d’affiche de cette édition 2019. Derrière la nostalgie qui anima une foule gargantuesque, les deux groupes mythiques de la scène punk-rock auront autant réjouit que déçu les nombreux festivaliers qui avaient fait le déplacement de toute la province.

 

La trop courte venue de Blink-182

21h45. Le ciel s’est assombri et les nuages se sont écartés du chemin des cieux, à l’inverse du concert d’Imagine Dragons la veille. Soudainement, un extrait sonore de Ezekiel 25:17, tiré du film Pulp Fiction, est ainsi lancé à travers l’immensité des plaines et la frénésie s’empare du public. Il sent venir, progressivement, ce moment d’émotion qui l’animera pendant les longues minutes à suivre. Car oui, tant de souvenirs se manifestent pour la venue de Blink 182. Premières écoutes musicales, premières brosses, ou mêmes, premiers baisers. Il y a tant de choses qui peuvent nous rattacher à ce groupe formé en 1992.

D’entrée, les festivaliers s’enflamment pour cette ouverture sur Dumpweed qui marque, par l’appuie de fumigènes,un hommage bien senti donné à Enema of the State. L’illustre album, paru il y a maintenant vingt ans, fit la renommé du groupe californien qui comptait à l’époque sur le guitariste Tom DeLonge pour incarner le visage du band. Mais plus depuis 2015.

Matt Skiba a depuis pris le relais en remplaçant DeLonge pour un résultat mitigé. S’il s’entoure efficacement des incontournables Matt Hopus à la basse et Travis Barker à la batterie, le guitariste chanteur aux yeux globuleux manque de charisme et parfois de justesse. À plusieurs reprises, il aura joué hors temps ou chanté faux mais l’ambiance était à la fête et le trio a laissé de beaux souvenirs aux Québécois lorsque furent entonné des hymnes tels que What’s My Age Again ?, Family Reunion, l’excellente Miss You ou First Date.

Malgré cette fête, le spectacle aura été de courte durée avec une setlist d’une heure seulement. Et aucun rappel à souligner, au contraire de The Offspring. Si les membres du public garderont sûrement en mémoire la belle communion partagée avec leurs congénères à travers des dizaines de moshpits et ces effets visuels des plus saisissants. Les immenses poupées de martiens lancés sur Aliens Exist, les confettis sur la nouvelle Blame It On My Youth ou encore la pyrotechnie sur Bored To Death auront peut-être subjugué, il restera toutefois un sentiment de frustration palpable chez tout le monde d’avoir manqué un dernier quart d’heure avec Blink 182.

Un simple rappel, juste pour dire au revoir de la meilleure des façons qu’il soit à cette jeunesse maintenant lointaine,  qui a été retrouvé le temps d’un soir.

 

The Offspring sonne parfois faux, mais met l’ambiance

Après une première prestation donnée par les énergiques de Neck Deep, ce sont les membres de The Offspring qui entrèrent sur scène avec quinze minutes de retard. Le soleil s’en est allé quelques minutes mais nul doute que l’ambiance s’est réchauffée sensiblement quand sonna, tel le Saint Graal, la prenante introduction de Americana. En fond de scène, le batteur Pete Parada est en grande forme, se démenant sans interruption à l’inverse d’un Dexter Holland parfois amorphe au chant.

Peu aidé par une balance du son absolument ignoble qui délaisse autant le chant que la lourdeur des basses, le chanteur principal manquera souvent de puissance et de justesse. Le public en jase mais ne manque pas de s’animer sur All I Want en criant d’une seule voix les « That’s all I want » du refrain, avant de jubiler sur Come Out and Play et plusieurs autres titres tels que les illustres Pretty Fly (For a White Guy), Why Don’t You Get a Job, The Kids Aren’t Alright, mais également l’enivrante Staring At The Sun et la magnifique Gone Away entamée au piano. Un beau moment d’ailleurs qui rassemblera d’une seule et même voix tout le monde sur les plaines d’Abraham à l’instar du rappel avec You’re Gonna Go Far Kid et Self Esteem.

 

Pendant une heure, le groupe formé à Orange County aura offert une belle compilation, et surtout réussie, de ses plus grands hits malgré quelques imperfections sonores. Mais le principal n’était pas là. La construction de la setlist était ici parfaite, laissant progressivement le public prendre la mesure du répertoire immense que laissera, à l’avenir, le quintette dans l’histoire du rock.

Et apercevoir au loin un gamin avoir des étoiles plein les yeux en découvrant, sur les épaules de son père, l’impact qu’un groupe peut générer sur des milliers de gens, ça n’a évidemment pas de prix…

 

Galerie photos de la soirée de dimanche :

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