Courtney Barnett
Critique Publié le

Festival d’été de Québec 2019 – Jour 4 | Courtney Barnett amène le rock à l’Impérial

De la grande visite au rayon du rock indépendant en ce premier dimanche du FEQ 2019 avec nulle autre que l’Australienne Courtney Barnett et ses musiciens à l’Impérial Bell. Celle qui charme la critique partout sur la planète depuis la sortie de son premier album un 2015 s’est avérée à la hauteur des attentes.


 

Après une introduction de Blitzkreig Bop des Ramones, la guitariste gauchère démarre le spectacle avec la curieuse Hopefulessness. Avec un riff de guitare quelque peu Pavemenet-esque et son rythme slacker, elle a quand même sauvé les meubles avec sa lente progression qui mène à une montée bien bruyante.

Heureusement, la plus lumineuse City Looks Pretty est venue par la suite équilibrer et les choses et donner le ton pour le reste de la soirée. Car il n’y a pas à dire, même si Barnett n’est accompagnée que de ses deux musiciens habituels à la section rythmique, la principale intéressée réussit à bien remplir l’espace à elle seule. Timide de nature, elle laisse parler ses riffs parfois lourds, parfois nonchalants et sa pédale de fuzz qui vient l’appuyer de bien belle façon. Les années de tournée ont fait de la jeune chanteuse une bête de scène prête à tous les imprévues. Même une alarme d’incendie (!?) pendant une chanson dans la premier quart du concert. Remarquant la chose, le groupe a quand même terminé la pièce avant de s’assurer qu’il n’y avait pas réellement d’urgence. Seul pépin technique de la soirée, heureusement.

Pour le reste, un setlist varié et généreux. Une belle part a été bien sûr laissée aux morceaux du plus récent, Tell Me How You Really Feel, sorti l’année dernière. Par ailleurs, les deux morceaux les plus lourds et intenses ont été Nameless, Faceless et I’m Not Your Mother, I’m Not Your Bitch, tirés de l’album en question. Pour ces courts instants, on se serait cru dans les belles années du grunge. Les Jaguars gauchères ont rugit de toutes leurs dents comme si un certain Cobain revenait de parmi les morts pour bardasser à nouveau une guitare Fender. Car il est difficile quand même de parler du son de Courtney Barnett sans faire de référence aux années 90, on va s’le dire.

Mais quand même, les compositions savent jouer sur les dynamiques doux/forts et certains riffs plus bluesy. La façon dont la gauchère approche la guitare est quand même assez unique. Car une soirée avec Courtney Barnett c’est essentiellement ça: des chansons, des riffs, des solos et du feedback. Les interactions avec la foules sont mignonnes mais tenues au minimum. Car oui, les gens de Québec aiment quand un artiste de l’extérieur sort son français de l’école secondaire pour les saluer et les remercier.

Les gros canons ont quand même été conservés pour la fin du programme: l’excellente Charity, du dernier album, était particulièrement énergique et réjouissante. Comment ne pas être charmé par les lignes « Meditation just makes you more strung out / I wish you had a guru who told you to let it go? »

Et pour finir en force, la très rock Pedestrian At Best qui a fait décollé le plancher devant la scène.

Au rappel, deux morceaux, dont Let It Go, de l’album enregistré avec Kurt Vile où Barnett, seule à la guitare, nous a démontré l’étendu de son talent avec un picking complexe.

On pourra donc dire que le charme a opéré, tel que promis. La foule nombreuse et enthousiaste démontre que l’organisation a bien fait de donner l’impérial à une artiste aussi intéressante et actuelle.

 

ANEMONE

Chargé de la première partie, le groupe de Montréal a présenté un bon 45 minute de leur dream pop plutôt upbeat.

Difficile de ne pas faire un parallèle avec Beach House. avec un son teinté de reverb et de claviers aussi riches. Avec une thématique de rock indé, le choix était judicieux.

Une belle découverte.

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