Gorillaz
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Festival d’été de Québec – Jour 10 | Gorillaz sur les Plaines d’Abraham: Virtuel et virtuose

En amont du spectacle de Gorillaz, on entendait plein de rumeurs comme quoi on ne verrait pas du tout les musiciens qui se cacheraient derrière des projections, ou on les verrait un peu, mais ce serait surtout des projections. Au final, c’est une soirée où tous les masques sont tombés, démasquant un spectacle de qualité, des musiciens hors pair et un frontman inattendu.

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© Renaud Philippe

Dans l’imaginaire des gens, Gorillaz est formé de quatre personnages en bonhommes animés. Du moins, c’est ce qu’ils nous ont toujours fait croire. Au fil des années, les personnages sont passés du 2D au 3D, mais gardant toujours la même esthétique. En fouillant sur les internets, on peut aussi facilement trouver des extraits de chansons live où le groupe se camoufle derrière des projections de leurs avatars. Toutes les hypothèses étaient bonnes et valables. C’était alors une grande surprise samedi soir de voir une scène remplie de musiciens et de choristes et un chanteur bien mis de l’avant.

Pour ceux qui ne s’y attendaient pas, le frontman de Gorillaz Damon Albarn est aussi le chanteur d’une autre institution britannique d’envergure: Blur. Albarn n’a donc aucune difficulté à être en avant-scène et est surtout très bien outillé pour faire embarquer la foule. Le groupe britannique a lancé sa soirée sur M1 A1 qui a rapidement été enchaînée de Ascension et la très puissante Last Living Souls.

À l’écran, les personnages du groupe virtuel étaient bien présents, attirant tous les regards, les scotchant pratiquement à l’écran en fond de scène. Ces extraits étaient parfois entrecoupés de projections des collaborateurs de Gorillaz, comme Vince Staples ou encore Jehnny Beth, qui chantaient en vidéo leur bout de chanson.

Le succès de Gorillaz repose sur les diverses collaborations avec d’autres musiciens qui agrémentent leurs morceaux. C’était donc très intéressant de voir la formation britannique laisser autant de place à ses collaborateurs, soit en projection, en personne avec la présence de l’excellent Peven Everett et celle de Jamie Principle, et même en premières parties. En effet, les deux têtes qui occupaient les deux premières parties, Kelela et Danny Brown sont des collaborateurs de Gorillaz. Il n’était donc pas si surprenant de les revoir débarquer en milieu de parcours pour interpréter leur chanson commune Submission.

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Tout au long de la soirée, Damon Albarn nous a prouvé à maintes reprises sa polyvalence. Oui, il est un chanteur hors pair, mais il est aussi un musiciens incroyable. Il passait de la guitare au keytar au mélodica sans problème et sans accroche. La foule était en délire et en a eu encore plus pour son argent qu’elle ne pouvait l’imaginer. Contrairement aux soirées de Metallica et The Who, le site des Plaines s’est rempli beaucoup moins vite pour Gorillaz. Pourtant, c’était un des meilleurs shows au Festival d’été de Québec cette année, facilement.

Gorillaz a été très généreux samedi soir, nous offrant un rappel de pas moins de cinq chansons, dont l’infatigable Clint Eastwood. Le groupe britannique n’a pas revisité tous ses classiques, misant beaucoup sur la promotion du plus récent album Humanz, et c’est de cette façon que le public québécois n’a pas eu droit à la très célèbre Feel Good Inc. Il n’était toutefois pas si en peine puisque Gorillaz nous a quand même joué Saturns Barz, On Melancholy Hill, la plus que connue DARE, l’entraînante Sleeping Powder et j’en passe.

C’était un passage de Gorillaz qui a surpassé toutes les attentes et qui en a laissé bouche-bée plus d’un. Tout le monde était sous le charme de Damon Albarn qui a mené le bal comme un chef, et nous a fait danser, chanter, sauter. Le spectacle était esthétiquement magnifique, musicalement impeccable.

Danny Brown en première partie

© Renaud Philippe

© Renaud Philippe

Bon, un autre qui s’est dit pas content de la foule VIP. Le spectacle allait bon train, malgré des basses fréquences un peu trop en évidence, jusqu’à ce que Danny Brown annonce à la foule dans les sections VIP qu’il ne jouait plus pour ce côté de la foule. À première vue, il l’a annoncé en riant, les spectateurs avant-scène ne l’ont donc pas pris au sérieux et ont donc redoublé d’effort pour lui plaire, mais Danny Brown a insisté: « Allez boire un verre, allez aux toilettes, je m’en fous. Le show se passe de l’autre côté où eux savent avoir du fun, bitch! ». Cette drôle d’attitude mi-moqueuse mi-baveuse a persisté pour le reste du spectacle, surtout lorsqu’il a voulu faire chanter la foule et a dû s’y prendre à trois reprises avant de quitter la scène en trombe.

Kelela en ouverture

© Renaud Philippe

© Renaud Philippe

Dommage que le site ait pris du temps à se remplir parce que ça signifie que trop de gens ont manqué Kelela qui cassait la glace en début de soirée. Sa voix, sa musique, son look, la chanteuse américaine a vraiment tout pour plaire et la (trop) petite foule était conquise. Déballant un R&B qui sort de l’ordinaire, Kelela a fait danser son public qui ondulait avec elle. Avec une voix rappelant un peu Sade, elle est définitivement une artiste qu’on garde sous notre radar.

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