Metallica
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Festival d’été de Québec – Jour 9 | Metallica sur les Plaines d’Abraham: Métal tout inclus

La Ville de Québec au grand complet, ou presque, était sur les Plaines pour le retour du mythique groupe métal Metallica vendredi soir. C’était un réel melting pot des générations, et Sors-tu.ca s’est dit « Quoi de mieux que le compte-rendu d’une soirée père-fils pour illustrer cette soirée intergénérationnelle avec Metallica? ». La parole à Jacques Boivin, rédacteur en chef de ÉcouteDonc.ca.

Incroyable, mais vrai : j’ai vu des centaines d’artistes de toutes les envergures, de Pink Floyd à Anatole, en passant par Lady Gaga et Chocolat. Mais jamais, dans les 44 premières années de ma vie, je n’avais encore vu ce qui est pourtant le plus grand groupe métal au monde, Metallica. Il aura fallu que le groupe annonce son retour sur les Plaines d’Abraham pour que mon fils de douze ans m’y traîne de force.

Voivod SCÈNE BELL Plaines d'abraham 07-14-17-24

Nous sommes arrivés à l’entrée des Plaines vers 16 heures. Devant nous, il y avait déjà plusieurs milliers de personnes, et ça n’a pas pris beaucoup de temps avant qu’il y en ait autant, sinon plus, derrière nous. Deux heures à attendre avant l’ouverture des portes. Autour de nous, des jeunes, des vieux, des locaux, des touristes, beaucoup de substances illicites (qu’est-ce que ça va être quand le pot va être légal l’an prochain?), énormément de bière et, pour nous, beaucoup d’eau. J’ouvre une parenthèse : mon fils est autiste et tout est un bon prétexte pour qu’il pète une crise d’anxiété. Vraiment tout! Eh ben, pendant que papa jouait les agoraphobes, fiston, lui, attendait sagement, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Rien, absolument rien, ne pouvait le déranger aujourd’hui.

Quand nous sommes enfin entrés, nous nous sommes dirigés sur la célèbre pente à l’arrière de l’enceinte. C’était le deal : papa t’accompagne, mais on se tient près des services. Je m’étends un peu, fatigué de mes huit intenses premières journées de couverture du festival. Fiston fait les cent pas autour de moi. Il a hâte que ça commence!

Metalord SCÈNE BELL Plaines d'abraham 07-14-17-7Premier groupe à débarquer sur scène : Metalord, qui vient du coin. Sont visiblement heureux, les gars, de jouer devant une aussi grosse foule (bien qu’on remarquera que les sections avant-scène et signature sont encore passablement vides… come on, un peu, gang!). « On est venus vous botter le cul! », lance le batteur! Pendant une demi-heure, du gros thrash accueilli chaleureusement par les fans. Fiston pratique son head banging et ses cornes du diable pour plus tard. Il semble bien aimer. Moi, je reste étendu sur la pelouse, la musique est moins forte comme ça.

Voivod SCÈNE BELL Plaines d'abraham 07-14-17-13Ensuite, les légendaires Voivod sont montés sur scène pour une petite séance de métal technique. On a assisté à la prestation complète dans la file pour les toilettes. Une chance qu’on n’avait pas d’urgence! Étonnamment, la vue était meilleure dans la file pour les toilettes que de la pente… On n’entendait pas grand chose, par contre, mais il paraît que c’était partout pareil. Les gars de Jonquière y sont allés d’un mur sonore assez étanche. Assez pour que je note d’apporter mes bouchons pour leur passage au Festif le week-end prochain.

Ne reste plus qu’à attendre le clou de la soirée. On se trouve le SEUL spot relativement aéré avec une bonne vue sur la scène. Fiston, digne enfant de la génération « j’ai connu Internet toute ma vie », prépare son iPod pour prendre des photos (même si elles ne seront pas bonnes, considérant qu’on est à l’équivalent de trois stations de métro de la scène). Arrive 21 h 30, pas de Metallica. On attend. On attend encore. « Ça commence-tu bientôt, papa? » J’en profite pour lui expliquer qu’ils attendent probablement qu’il fasse bien noir pour qu’on voie tout le beau visuel que le groupe a préparé pour nous.

35124231213_83af2c5380_zVers 21 h 45, les lumières s’éteignent, les projections commencent, la foule s’excite, fiston crie. Il n’a pas fini de muer. C’est pas très agréable. Mais bon, il a du fun, c’est tout ce qui compte. Au loin, Hetfield et sa bande balancent Hardwired et Atlas, Rise!, deux tounes que je ne connais pas, mais que fiston connaît visiblement par coeur parce qu’il chante toutes les paroles avec le reste de la foule. Je me sens un peu comme un chien dans un jeu de quilles… Mais hey, le son est bon, je comprends les paroles des chansons! On va se concentrer sur les paroles, alors!

« Est-ce que vous êtes venus célébrer la vie avec nous autres? » Ben oui, James, t’as entendu tes paroles? C’est aussi pépé que la discographie de Corriveau! Le monde se fout un peu de mes réflexions et répond par un gros YEAAAAAAAAH bien viril. À notre gauche, quatre adolescentes ont l’air de s’emmerder solide. Elles remarquent mon gars et se foutent un peu de sa gueule. HEY, IL S’AMUSE, LUI, IL EST PAS VENU SUR LES PLAINES EN ESPÉRANT VOIR THE STRUMBELLAS! Par contre, les gars qui le voient aller viennent tous lui faire des high fives pis des « Devil, Calice! ». Ça motive mon gars qui se part un moshpit solo.

35544911500_57693b1807_zLe spectacle va bon train, j’ai les jambes mortes, après une heure, je ressens la fatigue de tout un festival dans le corps, mais mon gars, lui, a encore de l’énergie à revendre. Sur scène, Metallica semble s’amuser : tiens, ils sont tous en train de jouer du tambour. Pis tiens, Trujillo pis Hammett jamment ensemble! Mais hey, ça sonne pas métal, ça, ça sonne funky à mort! J’aime ça. Beaucoup! Tiens, pourquoi pas un autre solo de basse pour rendre hommage à Cliff Burton? Touchant!

Hetfield nous demande si on est tannés. « NOOOOOOOON! », crie la foule 20 décibels trop forts. « Ça tombe bien, on faisait juste se réchauffer. On sait que vous aimez ça heavy à Québec! », juste avant de lancer Sad But True. HEY, JE LA CONNAIS, CELLE-LÀ! Je gueule avec fiston, qui est surpris que j’en connaisse une. Un beau moment en duo. Wow, c’est cathartique, du Metallica! Une heure plus tôt, je voulais mourir, pis là, je suis dedans à fond la caisse! Pour Master of Puppets, Hetfield a fait chanter la Petite chorale des Plaines d’Abraham. Pas beaucoup de sopranos dans la foule, mais ça se donne à fond. Quand Hetfield nous demande ensuite de lever sa main si c’est notre premier show de Metallica, fiston lève bien haut la sienne. Je suis un peu plus gêné. Mais hey, c’est pas grave, Hetfield nous souhaite la bienvenue dans la grande famille. Avant de se lancer dans une Seek and Destroy déchaînée pendant laquelle on projetait des images de leur premier show il y a de cela plus de 30 ans!

Bon, fiston, il approche minuit, on doit rentrer. On va faire un petit détour par la sortie arrière, comme ça, on va pouvoir apprécier Seek and Destroy au complet! Comme de fait, on l’a toute eue. On prend notre temps pour sortir, question d’entendre une partie du rappel pendant qu’on marche vers l’autobus.

35124231893_9479dae635_zFiston a les yeux ronds comme des trente sous. Papa, lui, a les yeux petits. Fatigué. Vanné. Mais heureux d’avoir rendu son gars heureux. Pendant le retour à la maison, mon gars m’a jasé ça comme il ne l’a jamais fait auparavant. Il me racontait tout ce qu’il avait apprécié du show, tous les bons moments qu’il avait passés.

Tout ça pour dire que c’était une fichue belle soirée. J’ai compris le pouvoir rassembleur de Metallica. Comment il réunit des gens qui n’ont absolument rien en commun. Riches comme pauvres. Instruits ou pas. Jeunes et vieux. Pendant une soirée, tout le monde est pareil. Et ça, ça vaut toutes les politiques d’inclusion du monde.

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