Festival Petite-Vallée
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Festival en chanson de Petite-Vallée 2018 | Quand tout le monde en même temps se serre la main

Pendant que la canicule assommait le Grand Montréal et plusieurs régions du Québec ces derniers jours, il soufflait un petit vent marin rafraîchissant sur Petite-Vallée, en Gaspésie. Au sens propre comme au figuré ; un vent d’optimisme et de fraîcheur après des mois de dur labeur pour les artisans du Festival en chanson de Petite-Vallée, qui remonte la pente avec une dignité désarmante après des mois d’épreuves.

Rappelons-le : peu après sa 35e édition, le Festival en chanson de Petite-Vallée voyait, en août dernier, un incendie réduire en cendres le mythique Théâtre de la Vieille Forge. C’était non seulement une magnifique salle de spectacle sur le bord de la mer, mais carrément le quartier général de l’événement. Et pour ajouter aux malheurs, en mai dernier, c’était au tour de la Maison Lebreux, qui abrite les artistes et les touristes juste à côté du Théâtre de la Vieille Forge, d’être victime des flammes. Deux durs coups pour un patelin gaspésien de moins de 200 habitants, dont la force de caractère rappelle un certain village gaulois.

Qu’à cela ne tienne, les organisateurs étaient déterminés non seulement à rebâtir, mais à ne jamais cesser ses opérations. On s’est retroussé les manches, et c’était parti pour une édition 2018, avec la plupart des spectacles sous un immense chapiteau dressé là où se trouvait le Théâtre de la Vieille Forge l’an dernier. Les habitués ont d’abord ressenti un petit pincement au cœur en descendant la côte qui mène au lieu paradisiaque, à la vue de cette immense structure de toile, là où les magnifiques lieux de jadis complétaient le portrait. Mais la vie continue, et une fois à l’intérieur, l’essentiel s’y trouvait encore : du cœur, de l’accueil chaleureux, de la bonne musique et du plaisir rien qu’en masse.

L’important, c’est que l’événement a bel et bien lieu, depuis jeudi dernier et jusqu’au 7 juillet. Un baume après une année marquée par des tragédies, mais aussi un grand élan de solidarité.

 

De l’aide majeure

La ministre de la Culture Marie Montpetit était sur place jeudi soir pour annoncer, en marge du spectacle d’ouverture, un investissement de 6,5 M$ pour la reconstruction du Théâtre de la Vieille Forge. Cela vient s’ajouter à une année de cueillette de fonds et de spectacles-bénéfices. Et ça commence un festival sur le bon pied, c’est le moins qu’on puisse dire!

Tout au long des jours qui ont suivi, on pouvait constater des bouilles de Gaspésiens de fort bonne humeur, des gens souriants, fiers du travail accompli. Et aussi des artistes vraiment sympathiques à la cause du festival.

* Le grand manitou du festival, Alan Côté.

Des spectacles à fleur de peau

Le spectacle d’ouverture était à l’image de cette force unique de Petite-Vallée. C’était le concert de la chorale de La Petite École de la chanson, c’est-à-dire 300 enfants qui interprètent en choeur des chansons des artistes passeurs. En voulez-vous de l’émotion? En v’là.

Cette démonstration attendrissante illustre bien comment la culture se transmet à Petite-Vallée : on apprend dès la tendre enfance à fredonner et entonner les airs d’ici, de tous les genres et de toutes les générations. La chanson est au cœur des préoccupations de la population. On en prend soin comme d’un jardin fragile, qui fait pousser les plus magnifiques fleurs qui soient.

La troupe d’enfants, disais-je, interprète donc en chœur une panoplie de chansons de Louis-Jean Cormier et de Marie-Pierre Arthur, les deux « artiste passeurs », ou parrains de l’événement, si vous préférez. On en discutait récemment : ils sont tous deux des enfants du village. Interprétés de la sorte, Le cœur en téflon de Louis-Jean fait mouiller les yeux et Alright de Marie-Pierre Arthur est encore plus gospel. Tout le monde en même temps fait figure de cri de ralliement. Que ce soit avec l’apport des artistes concernés, ou avec quelques solos d’enfants immensément attendrissants (l’amie Élise Jetté en a répertorié quelques-uns sur Feu à volonté), ces grandes chansons de deux de nos plus valeureux artistes prenaient des airs de classiques.

Suivaient, au cours des jours suivants, des artistes encore une fois de tous genres et de toutes générations, de Jean-Pierre Ferland à Hubert Lenoir, en passant par Philippe Brach et Klô Pelgag, Émile Proulx-Cloutier, Martin Léon, ou encore, un doublé Damien Robitaille et Yann Perreau.

Presque tous ont manifesté avec coeur et spontanéité leur affection pour le festival.

On retient particulièrement les performances d’un VioleTT Pi, intense et décoiffant à souhait, d’un Hubert Lenoir un peu plus punk qu’aux Francos, d’un Philippe Brach en grande forme, d’une Klô Pelgag en plein contrôle de son spectacle, et d’un Dany Placard généreux et bien en selle.

Bien sûr, ça prend du temps à rebâtir, un endroit comme le Théâtre de la Vieille Forge. Mais l’important, c’est que le cœur du festival y est toujours, et on ressent bien que le Village en chanson en ressortira grandi.

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