Festival international de la littérature (FIL)
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Festival FIL 2016 | Hélène Dorion et les Violons du Roy : tout en douceur et poésie

C’est une belle manière de passer un doux après-midi d’automne que nous a offert le Festival International de la Littérature lors de Temps 9, un concert littéraire en compagnie de l’écrivaine Hélène Dorion et de quelques musiciens de l’ensemble les Violons du Roy.

Hélène Dorion est une auteure et poète bien arrimée dans le paysage littéraire québécois. Récipiendaire de nombreux prix nationaux et internationaux comme le prix Mallarmé en 2005 (dont elle fut la première Québécoise à le recevoir), le prix du Gouverneur général du Canada, le prix Anne-Hébert ou encore le prix des Écrivains francophones d’Amérique, elle a pu offrir au public de la Cinquième Salle de la Place des Arts quelques fragments de son oeuvre accompagnée par quatre musiciens de chambre.

Photo par Maude Chauvin.

Photo par Maude Chauvin.

La prose de madame Dorion est d’une douceur infinie, d’une vérité touchante. Très tournée vers le cycle de la vie et l’amour, elle cite que « la répétition n’est jamais qu’apparente ». Son mantra ? « La vie a trois fenêtres : mourir, aimer et naître ». En explorant la nature et les paysages à travers des métaphores émouvantes, elle finit par nous tendre des mots afin de partir à notre propre recherche : il ne faut pas chercher mais il faut sentir et éprouver.

Les textes étaient extraits des livres suivants : Le temps du paysage (2016), Recommencements (2014), Coeurs, comme livres d’amour (2012), Mondes fragiles, choses frêles (2006). De sa voix douce et délicate mais cependant très communicative, la poète nous a emmené dans son univers aérien, lyrique et modeste.

Glass, Bach et Mozart au service des écrits de Dorion

Il s’agissait ici de la première collaboration entre les musiciens des Violons du  Roy et Hélène Dorion même si cette dernière est toujours très portée vers des démarches pluridisciplinaires. Dans une ambiance tamisée, les quatre musiciens ont interprété des extraits d’oeuvres de Philip Glass, J.S. Bach, W.A. Mozart et Peteris Vasks. En rapport avec l’idée cyclique des saisons et de la vie, c’est l’oeuvre de Glass qui a joué ce rôle-là du côté de la partition musicale. La pièce du compositeur qui a ouvert et fermé le concert a été tout particulièrement bien choisie puisqu’il est lui-même très tourné vers la musique cyclique et répétitive mais cependant évolutive, rejoignant en ce sens les mots de l’écrivaine.

Du point de vue de l’interprétation, on saluera particulièrement la cohésion des quatre musiciens, toujours dans un même souffle et à l’écoute d’eux-mêmes. Très présente en tant que premier violon lors des morceaux en quatuor, la violoniste Noëlla Bouchard nous a offert un Grave de la sonate n°2 de Bach pour violon un peu fébrile et en retrait. Néanmoins, le violoncelliste Raphaël Dubé a captivé le public lors de son improvisation commune avec Hélène Dorion, toute en sensibilité et inspiration.

Le Festival International de Littérature se poursuit jusqu’au 2 octobre et propose un panel d’activités et de spectacles variés et pour tous les goûts. Avec la qualité du spectacle proposé dimanche, nul doute que chacun y trouvera son compte.

Pour en savoir plus sur le festival, consultez leur site web.

 

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