Festival LVL UP
Entrevue Publié le

Festival LVL UP | Rythme, poésie et pixels

Un véritable quartier hip-hop surgira dans le quadrilatère Montmorency de Laval, du 19 au 22 septembre prochain! Pour sa toute première édition, le festival LVL UP a misé sur l’éclectisme et proposera de nombreux spectacles de musique, tout en incorporant le concept « Grandmaster Classe » (conférences, panels et ateliers) à sa programmation, et en mettant les arts numériques à l’avant-plan. Entrevue avec Steve Marcoux, programmateur du tout nouveau festival, qui se présente comme un « lab numérique et musique urbaine. »

Programmation hybride

Le 21 septembre, Ms. Lauryn Hill sera en tête d’affiche du festival, à la Place Bell, avec le célèbre duo new-yorkais Eric B & Rakim en première partie, alors que J Balvin sera headliner le 22 septembre.

Mais tout au long du festival, qui débute ce soir, le parvis de la Place Bell se transformera en village urbain, où plusieurs artistes se produiront gratuitement, dont Dead Obies, Random Recipe et Alaclair Ensemble (qui offrira une soirée bas-canadienne!).

Des soirées «Match Sessions» auront lieu à l’ANNEXE3. Il s’agit de collaborations entre rappeurs (dont Sarahmée, Koriass, Marie-Gold, Fouki, Tizzo, Zach Zoya) et VJ (VJ Vino, VJ Bunbun et VJ Boycott).

Les moments « Grandmaster Classe », dont le nom est un clin d’œil à Grandmaster Flash, se tiendront au cégep Montmorency, avec des conférences, des panels (dont une animée par notre rédacteur en chef, Marc-André Mongrain) et même des ateliers d’écriture avec l’École nationale de la chanson.

Musique urbaine, arts numériques et conférences

LVL UP veut joindre les arts numériques à la musique urbaine en offrant des événements diversifiés, ainsi qu’un laboratoire immersif. Steve Marcoux, programmateur du festival, explique qu’en fait, il y a trois facettes à cet événement: la musique urbaine, les arts numériques et les conférences. Le volet musique inclut évidemment les artistes oeuvrant dans le hip-hop, le, rap, le R&B, etc. «On a employé le terme « musique urbaine » en voulant être le plus large possible », explique-t-il.

Pour les arts numériques, on a voulu faire des rencontres entre les artistes de la scène et les artistes numériques, afin de bonifier leur spectacles, mais aussi avoir une vitrine de projet d’art numérique dans la région, ce qu’il n’y avait pas nécessairement.

Il précise qu’il y a de la place pour des projets qui sont artistiquement réfléchis, que ceux-ci soient pointus ou accessibles.

« Ensuite, le volet des conférences inclut l’impact social qu’on peut avoir dans la communauté. On essaie de toucher les gens intéressés à la pratique de ces arts, et aussi de créer des rencontres entre l’industrie de la musique et celle des arts numériques. On veut se distinguer de l’offre de spectacles dans la région métropolitaine », mentionne le passionné.

* Photo par Marie-Kim Dupuis Brault.

Habiller le béton avec l’art numérique

Le festival LVL UP veut également mettre de l’avant des artistes qui travaillent dans l’ombre, soit différents VJ, pour apposer des couleurs vibrantes à cette toile de fond plutôt grise qu’est le quadrilatère Montmorency, qui se trouve autour du métro et où sont majoritairement situées des institutions scolaires. Steve Marcoux dit que le festival est aussi le fruit d’une contrainte.

Si on fait un festival urbain dans un quadrilatère très bétonné, le numérique peut nous permettre d’habiter ces surfaces-là facilement. Donc, de ces contraintes sont nées des opportunités.

À travers le circuit d’art numérique, on pourra donc découvrir neuf installations. Le festival compte aussi sur la collaboration de MAPP_MTL, Creative Lab et Hub Studio, et même des étudiants du programme Technique d’intégration multimédia du Collège Montmorency. En outre, un vidéo mapping (projection «illusionniste») créé par des étudiants de l’UQAM drapera un immeuble de ses couleurs.

«On aussi fait appel à Vincent Noël (VJ Vino) pour créer une oeuvre numérique réactive au mouvement, un peu comme la technologie Kinect, mais adaptée à l’art. On a également une oeuvre qui rappelle un projet dans une galerie d’art.» On peut aussi mentionner Nicolas Bernier, avec son oeuvre Frequencies (light quanta), qui incorpore de la lumière et du son avec une sculpture physique. Marc-André Cossette présentera une performance de danse contemporaine avec des senseurs faits pour générer de la musique.

Installation d’art numérique, photo courtoisie Creative Lab

 

Conférences et ateliers d’écriture hip-hop

Un festival qui propose de faire des ateliers d’écriture dans les écoles, c’est très inattendu. «On cherchait à avoir un impact. On trouve qu’il n’y a pas assez de filles et de gens des communautés sur nos scènes. Donc, allons directement à la source, et stimulons la pratique des arts dans les écoles!»

Par ailleurs, l’événement de dix conférences Grandmaster Classe se déroule sur deux jours, avec des rencontres et activités variées animées par le VJ et youtubeur Fred Bastien. «On voulait donner une plateforme à la communauté, tant lavalloise que celle de l’industrie, afin de mieux comprendre les arts, et de pousser la réflexion encore plus loin.» Ces conférences sont autant pour le grand public que pour les professionnels de ces scènes. «Koriass, entre autres, vient expliquer son parcours de carrière et son cheminement artistique. Tizzo va être en entrevue avec Jérémie McEwen, un enseignant du collège Montmorency qui donne le cours Philosophie du hip-hop. On est le seul cégep au Québec où il y a ce cours-là, alors créer un événement rap à l’endroit où celui-ci se déroule, ça prend tout son sens!»

Un laboratoire collectif

Steve Marcoux souligne le travail de collaboration avec evenko, qui «croit au projet», ainsi que Thomas Payette de Hop Studio et son équipe, avec qui tout le volet arts numériques a été créé. «On s’est collé avec des experts. C’est le fun, cette idée de travail collectif, quand on pense que tout le monde est dans la compétition!»

Le Passeport LVL UP propose de créer sa propre expérience laboratoire en explorant les différentes facettes du festival, ainsi qu’en choisissant un spectacle par soir (vendredi ou samedi) à L’ANNEXE3 et au Studio MDA. Pour être témoin (et/ou participant.e!) de ces scènes florissantes et de ce village urbain créé de toutes pièces, le festival LVL UP est l’endroit tout indiqué!

Suivez notre couverture de la toute première édition de LVL UP ce week-end!

Et écoutez notre balado au sujet de l’album The Miseducation of Lauryn Hill : 

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