Guts
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Festival MEG | Guts et invités au Belmont: À la manifestation

Sors-tu.ca est allé prendre un verre d’eau avec le producteur et DJ français Guts hier, avant son spectacle au Belmont, pour parler entre autres de son plus récent EP Stop the Violence.

Un tel titre oblige évidemment une question sur la politique actuelle, à laquelle Guts a répondu ceci : « J’ai toujours été politisé, sauf que ma façon à moi de faire passer le message c’est de fournir des bonnes vibes, de la positivité en musique. » Donc suivant cette logique, c’est à une manifestation et non à un spectacle à laquelle on a assisté hier.

Une maudite belle manif. Pas d’arrestations. Pas de casse. Juste du monde qui danse sur des rythmes de partout sur Terre.

En fait, le plus grand attrait de Guts réside là-dedans : l’éclectisme de ses choix musicaux. Beats brésiliens, disco antillais, pop nigérienne, c’est comme un tour du monde en mp3. Ce travail de chercheur d’or sonore, l’artiste le fait déjà pour ses compilations, Beach Diggin’, dont le 5e tome vient d’ailleurs de sortir, mais c’est en spectacle que ça rapporte le plus. Parce que de voir des gens de tout acabit se trémousser sur ces titres internationaux est probablement le plus proche qu’on peut être de la paix dans le monde.

Et y’a aussi le fait que c’est très divertissant de voir autant de gens essayer de Shazamer chaque toune, en vain.

Mais trouver ces perles (il possède en vinyle chaque chanson présente sur chaque Beach Diggin’, en passant) n’est qu’une partie du travail de l’artiste. En fait, malgré la passion du collectionneur, quand on lui demande s’il préfère partager la musique des autres ou faire la sienne, il n’hésite même pas.

« Créer. » qu’il dit. « C’est ça le vrai but du jeu, non? ».

On lui concède. En plus, avec la création vient aussi la chance de bien s’entourer, parce qu’en mode DJ, il est seul sur scène. Il est bon avec la foule et visiblement à l’aise dans la formule one man show, ceci étant dit, reste que ça manque peut-être de collaboration.

En fait, lorsqu’il fait un spectacle entier, et non seulement un DJ set comme celui au Belmont, il est accompagné de six autres musiciens. Trois chanteurs/rappeurs plus un groupe duquel il est un peu le chef d’orchestre. On aimerait voir ça (on dit ça de même, au cas où les organisateurs du MEG liraient ce texte et auraient envie de le faire revenir l’an prochain en format full band).

Mais il n’enlève rien à la partie DJ qui occupe quand même beaucoup de son temps. « Être DJ m’a permis de cheminer musicalement. Je suis parti du hip hop, j’ai commencé à m’intéresser aux samples utilisés dans le beats que j’aimais, puis une fois tombé dans les samples, tu découvres d’autres artistes, t’es rendu au blues, au funk, au soul. Ça t’amène à fouiller plus loin, là tu tombes sur les rythmes du monde, c’est sans fin. »

Ce cheminement, on le voit aussi dans la construction du setlist qu’il prépare en spectacle. Hier, la soirée a commencé avec, justement, du rap, du reggae, entre autres le classique Le bilan, de Neg Marron. Puis, plus l’heure avançait, plus on s’éloignait de la France et des styles habituels.

Que de musique ensoleillée.

Manquait juste le soleil.

Maudite température montréalaise à marde.

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