Festival OFF de Québec
Entrevue Publié le

Festival OFF de Québec 2018 | 15 ans pour la relève

« Il n’y a pas de clôtures, pas de gardiens avec des flashlights dans ta face tout le temps », nous dit Guillaume Sirois, directeur général du Festival OFF de Québec. Loin des Plaines et des spectacles regardés sur des écrans géants, l’événement fête ses 15 ans et, surtout, célèbre la scène locale de la capitale, du 4 au 8 juillet 2018.

Rejoint au téléphone pendant les derniers préparatifs de l’opéra rock de Frank Zappa, Joe’s Garage, le directeur général du Festival OFF de Québec admet n’avoir rien vu du résultat final : « On encadre au niveau financier et logistique, mais moi-même je vais découvrir le spectacle ce soir. »

Le OFF, c’est un festival libre, indépendant, offrant un contexte de diffusion pour des créations originales, même si, comme Joe’s Garage, elles peuvent demander des mois et des mois de préparation.

« Chaque année, on crée des événements uniques pour les artistes locaux et la production locale. On ne demande pas d’exclusivité, mais c’est l’occasion de voir des choses qu’on ne pourra pas nécessairement revoir. »

L’équipe du spectacle Joe’s Garage. Crédit photo: Émilie Tremblay

Né en réaction à l’absence d’artistes locaux sur les scènes du Festival d’été de Québec (FEQ), le OFF continue aujourd’hui de promouvoir les musiciens de la capitale. Le groupe Harfang présentera ses compositions bonifiées d’un ensemble à cordes tandis que Anatole, en plus d’avoir fait la traduction et la mise en scène de Joe’s Garage, aura carte blanche le 5 juillet prochain à la salle Multi de la Méduse.

« Chaque année, on met en valeur un artiste dont on estime que son travail a été particulièrement signifiant sur la scène de Québec, explique Guillaume Sirois. On l’a fait avec Keith Kouna. Cette année, on trouvait que Anatole, par la singularité de sa proposition, autant en tant que musicien accompagnateur que par ses projets personnels, comme leader du groupe Mauves et maintenant comme réalisateur, se démarquait. Donner une carte blanche, c’est donner les moyens de faire un show à son goût, selon ses propres paramètres. »

Si un spectacle d’Alexandre Martel, alias Anatole, invite à la débauche, aucun débordement ne risque d’arriver : « Le public du OFF, c’est un public de mélomanes. Ça peut brasser, mais ça ne dérape jamais. »

 

La relève… au coeur de la programmation

C’est dans un esprit festif et amical que 40 groupes, évidemment de Québec mais aussi de Montréal et même des États-Unis, joueront au Complexe Méduse, le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste de Québec, le Fou-Bar, La Cuisine, La Barberie et le Bar Le Sacrilège, lieu où est née l’idée du OFF. « Il y avait quelques travailleurs culturels réunis à la même table et ils déploraient la pauvreté de la programmation du FEQ, qui était très mononc’. » Le OFF voulait promouvoir des genres musicaux absents à l’époque de la programmation du FEQ : électro, musique expérimentale, hip-hop, heavy. En 15 ans, les choses ont changé. « Une grosse organisation comme le FEQ s’adapte pour prendre toutes les parts du marché. Il met la relève dans les premières parties, dans un rôle de soutien. Nous, la relève, c’est le cœur de notre programmation. »

La dernière décennie aura vu naître de nouveaux lieux, comme le Pantoum, qui ont aidé à la création d’un écosystème artistique à Québec. « Aussi, ajoute le directeur général du OFF, avec la démocratisation des moyens de diffusions numériques, c’est peut-être moins tentant d’aller vivre systématiquement à Montréal. Beaucoup d’artistes aiment et veulent vivre à Québec. On peut aussi penser à Tire le Coyote ou à Karim Ouellet. Ç’a montré le chemin pour d’autres. »

Le Festival OFF de Québec se tiendra du 4 au 8 juillet 2018 dans divers lieux à Québec. Consultez la page Facebook de l’événement par ici.

Événements à venir

Vos commentaires